Il y avait longtemps que je n'avais plus parlé des transports en commun. Encore plus fous.
A Kfar Saba, une nouvelle compagnie a pris le marché, et nous bénéficions à présent de bus ultras modernes avec wi-fi et sièges très confortables.
Les vieux bus défoncés et usés furent envoyés à la casse, ainsi que leurs chauffeurs, tout aussi branlants et usés.
Voici donc les nouveaux rutilants et leur chauffeurs également tous neufs.
Apparemment la consigne est qu'ils nous disent bonjour, ce qui en surprend plus d'un, et qu'ils expliquent le système qui a remplacé les carte poinçonnées, c'est à dire une carte à puce magnétique qu'on remplit selon ses besoins et qui est débitée au fur et à mesure des trajets.
Mais qui leur a expliqué le trajet ?
Personne.
Ce sont les passagers qui leur montre où sont les arrêts et quel chemin il faut prendre.
Et vous croyez que cela surprend quelqu'un ?
Mais pas du tout!
Un soir, après mon boulot, vers 22h15, je me suis retrouvée dans un bus dont le chauffeur finissait la journée et qui avait manifestement très envie de rentrer chez lui.
Il s'est mis à griller les arrêts, bien que les utilisateurs aient pris le soin de sonner.
"Chauffeur ? Chauffeur ? On peut descendre ?"
Donc le gars pile net, loin de l'arrêt officiel et puis, je ne sais pas quelle mouche le pique, dès que quelqu'un sonne, il s'arrête, n'importe où, mais pas à l'arrêt approprié.
Ainsi lorsqu'ils ouvre la porte avant du bus à un feu, devant une barrière, le passager qui a sonné lui fait remarquer que ce n'est pas là qu'il doit descendre.
Le chauffeur insiste puisqu'il a déjà ouvert la porte.
Mais le jeune homme, ça ne l'arrange pas du tout, et c'est donc contraint et contrit, que le chauffeur referme la porte.
Puis, pris d'une soudaine frénésie, il se met à accélérer, nous secouant comme des dés et c'est, agrippés aux poignées que les gens s'apprêtent à sauter de l'engin en folie.
Le lendemain matin, je décide de partir au boulot en cherout.
Le chauffeur conduit en buvant son café, parlant au téléphone tout en lisant le journal.
Chéri, lui, ramassera un papy parti valser avec son caddie, qu'il ne lâchera pas, même étalé par terre, engueulant copieusement le chauffeur piteux et désolé.
Je l'admets, Israël est un pays hautement dangereux !
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