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February 16 2009 2 16 /02 /February /2009 16:43






Chéri n'avait jamais divorcé religieusement pour des raisons qui le regardent, n'imaginant de toutes façons plus épouser qui que ce soit.
Non, même pas moi.
Mais voilà...


Alors qu'il sollicitait des documents au rabbin, pour compléter son dossier d'alya, celui-ci pris son rôle très au sérieux et se mit...à le culpabiliser.
C'est LA fonction première de tout homme dit de religion, la culpabilisation.
Les curés, les prêtres, les imams, tous font pareil.


Mais, si je vous le dis !


Ils savent ce qui est mieux, ce qu'il faut faire et surtout ce qu'il ne faut pas faire.
La phrase magique ?
"C'est mieux pour toi!"


Donc c'est mieux pour Chéri qu'il divorce.


Ah oui, son ex ayant deux enfants d'un second mariage, s'il n'est pas divorcé religieusement, ils ne pourront pas faire leur bar-mitvah car ils seront considérés comme des bâtards. (Charmant !)
Ah, c'est le rabbin qui le dit !
Jusque là je ne vois pas ce qui est mieux pour Chéri dans cette histoire, puisque tout ce qui peut arriver à cette dame et à sa descendance l'indiffère.
Mais Chéri est bon comme le pain, et ça le rabbin le sait.
Donc non seulement il accepte mais il doit payer.


Ah, évidement...


" C'est bon pour la synagogue!"
Un mariage juif c'est beau, c'est festif, c'est plein d'émotions et de beaux rituels.
Un divorce juif, c'est vraiment galère !


Surtout pour la femme.
Seulement pour la femme.


La femme juive peut divorcer sans problème...si le mari est d'accord.
Sinon elle ne peut non seulement pas divorcer, mais elle ne peut pas refaire sa vie.
Lui oui.
Eh bien oui, la religion et les femmes, c'est partout pareil : C'est le Moyen Âge.


Donc chéri se retrouve à la synagogue, et revoit sa femme (car c'est TOUJOURS sa femme le pôvre), après des années de franche détestation, assise et en train de s'empiffrer d'un sandwich, pas émue pour deux sous.
Chéri passe d'abord, car dans ce cas précis, c'est honneur aux hommes.
Il se retrouve affublé du rabbin et de trois inconnus importés de Paris.
Un autre rabbin et deux témoins.
Le parisien qui parle français avec un accent yddishe à couper au couteau (Imaginez Rabbi Jacob), commence.
"Quand tu vas à la synagogue, tu fais ça et ça , et tu lis ça..."
"Je ne vais pas à la syngogue;" dit Chéri.
"Comment tu ne vas pas ?"
Alors Chéri regarde son rabbin
"Eh non il ne vient pas me voir, avançons, avançons." dit-il excédé.


"Comment tu t'appelles ?"
"Chéri."
"Tout le monde t'appelle comme ça ?"
"Ben oui."
"Et ta mère elle t'appelle comment?"
(Tu rêves si tu crois que je vais te le dire mon gars !)
"Chéri."
Et ta femme ?
(Tu rêves toujours, ça te ferait rougir, tu en perdrais ton yddishe !)
"Chéri."
"Et tes amis ?"
A ce stade Chéri se demande si c'est un gag pour Radio Judaïca.
"Chéri."
"Et dans la rue ?"
Oui il lui a demandé comment "on" l'appelle dans la rue.
"Chéri."
"Bon c'est Chéri, alors ? Tu n'as pas un autre nom ?"
"Si mais on m'appelle toujours Chéri."
Le rabbin prend son cellulaire et appelle Paris.

(Véridique !)
Il parle en yddishe et Chéri comprend vaguement qu'il demande comment il doit écrire Chéri en hébreu.
Il raccroche.
"Comment s'appelait ton père?"
"Moise"
"Moishe ?"
"Non Moise."
"Et ta mère l'appelait comment ?"
(Mon canard, mon grand loup, mon pirate... non j'invente, hé hé)
Mais ç'aurait pu, hein ?
"Moise."
"Et dans la rue ?"
C'est quoi cette manie qu'il a d'appeler les gens dans la rue, lui ? Moi je lui aurais répondu que dans la rue on m'appelle  "Hou hou" en agitant les bras.
"Moise"


Il appelle Martine qui a fini son sandwich.
Comment tu t'appelles?
"Martine"
"Martine, c'est ton nom ?"
"Non je m'appelle Ruth mais je n'aime pas, je préfère Martine"
"Et quand tu signes un document officiel, tu mets quoi ?"
"Ah alors je mets Ruth."
"Ton père s'appelait comment ?"
"Jaacov."
"On l'appelait Jaacov ?"
"Non Jacques."
"Pourquoi Jacques ?"
"Yacoov ça faisait trop juif."

Rédaction du geth (acte de divorce) en calligraphie et à la plume s'il vous plaît :
Chéri, fils du dit Moise, donne le divorce à Ruth dit Martine, fille de Jaacov dit Jacques devant les témoins Morderai ben Simon ben David et Shmuel ben Yoshua ben Eliezer. (ben voulant dire fils de...)
Suivent une série de phrases comprenant toutes les détails ci-dessus, que Chéri a dû répéter en lisant le texte en hébreu, avec une prononciation telle que régulièrement, les témoins faisaient le même "tssss" que l'on fait quand on mord une rondelle de citron.


Ensuite le rabbin plie d'une manière particulière le parchemin et le remet à Chéri qui doit le jeter avec mépris dans les mains jointes de sa femme qui doit garder les yeux baissés, en lui disant "Je te renie et tu n'es plus ma femme".
(Enfin !)
Ben oui.


Le Moyen Âge je vous dis.
Tout ça a pris 3 heures.

Pour conclure le rabbin déchire le parchemin en petits morceaux.
Le geth est consommé.




Les noms ont été changés mais pas le déroulement de cette scène incroyable à laquelle je n'ai malheureusement pas assisté !




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Miss caustic - in Portrait
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comments

Miss Caustic 02/17/2009 12:20

Non, histoire juive.
Mais effectivement à Bruxelles.

CETNAT 02/17/2009 10:22

Histoire belge?

grosnuages 02/17/2009 09:51

Je viens de découvrir ce blog à l'issue de quelques recherches qui semblent tellement futiles lorsque l'on découvre ceci. Merci pour ce doux moment
une grand shalom

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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
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Gai luronne à ses heures.
Imbue d'elle même et menteuse!
Non, ça ce n'est pas vrai!
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