Partager l'article ! Pffff!: Elle entre, sûre de l'effet qu'elle va produire. (Croit-elle.) D'abord un regard dans le premier mi ...
Elle entre, sûre de l'effet qu'elle va produire.
(Croit-elle.)
D'abord un regard dans le premier miroir de l'entrée.
Cette image, cette vision si satisfaisante, cette délectation, elle est comme aimantée vers son reflet.
Elle ne peut s'empêcher de passer devant encore et encore et de se regarder, apprécier l'image qu'elle reçoit d'elle-même.
Elle est parfaite, c'est incroyable.
Elle a une chance inouï d'avoir hérité de ce corps élancé et mince.
Ce visage ravissant et cette démarche féline.
Et le regard des autres, la sensation d'être exceptionnelle.
Le désir dans les yeux des hommes, l'envie dans ceux des femmes.
Elle avance auréolée d'autosatisfaction, elle n'en plus d'être si belle, si désirable, si ...
...Pourtant, cette ridule au coin des lèvres.
Cet imperceptible affaissement du menton.
Ces petites taches qui apparaissent sur les mains.
La peau qui a tendance à se relâcher..
Elle balaie ces pensées négatives d'un mouvement hautain.
Dans le genre "Je suis ridicule mais je n'en mourrai pas", elle est quand même près du coma.
Du coma narcissique j'entends.
Cette moue boudeuse accrochée à ses lèvres gonflées, ce visage sans expression, hormis celui de la vanité.
Et cette insupportable transe quant à sa personne, son moi, et son surmoi.
Et la phrase qui tue, quand on lui dit que ce vêtement lui va si bien.
"Je sais".