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November 11 2009 4 11 /11 /November /2009 21:10
Comment rester branché à sa famille et à ses amis lorsqu'on est à 4h30 à vol d'avion ?
Encore heureux qu'aujourd'hui on puisse se parler en direct par skype ou msn, se voir à travers la web cam et ainsi ne pas se faire oublier trop vite.
Et inversement.

Après, tout dépend du timing, de l'individu et des occupations de chacun.
Décalage horaire et heures d'hiver oblige, j'ai deux heures de plus que ma fille et une heure de plus que mon fils.
Je ne vous parle pas de ma copine en Russie ni des cousins d'Amérique.
Enfin, n'ayant personne en Amérique, je m'en fous un peu, mais je pense aux autres, ceux qui ont quitté l'Afique du Sud ou le Canada.
Les Philippine, le Groënland ou pire, le fin fond de la Hollande...

A la grande frustration de l'éloignement de ceux qu'on aimera toujours, vient s'ajouter un sentiment persistant d'être éternellement décalé par rapport aux évènements.

Mon merveilleux fils que j'adore, est indisponible la plupart du temps, et un grand spécialiste du "je te rappelle dans 5 minutes".
Seulement voilà, entre temps, un tas d' éléments perturbateurs se sont insinués perfidement dans son emploi du temps et lorsque je lui reparle enfin, et que je lui demande s'il se sent mieux, le silence qui suit, puis le "mais je me sens très bien, maman !" me rappelle cruellement, que D' merci, une indigestion ne dure pas trois semaines.

L'impression oppressante de ne plus savoir ce que fait mon fils et avec qui, ni quand et pourquoi, me dépossède complètement de ma fonction première qui aurait dû être "mère juive envahissante et dégoulinante de bonnes intentions à temps plein".
Ce que je n'ai jamais été en fait.
Mais maintenant je le regrette.
Lui,non.

Mais ce fils de 22ans au gabarit imposant est toujours mon petit, ce sentiment étant amplifié par son absence, alors que la décision de partir est la mienne, pas du tout à sa grande joie d'ailleurs.

Et bien que notre complicité reste ce qu'elle a toujours été, notre amour intacte et notre besoin de se parler aussi fort, les choses de la vie et son tempérament désorganisé,  font que le suivi laisse quelque peu à désirer.

Enfin, j'ose espérer être au courant des choses et évènements importants de sa vie, en tous cas autant que lorsque nous vivions dans la même ville.
Et même alors, le compte rendu de ses palpitantes aventures ressemblait à un gruyère.

Ma fille est plus organisée, et je lui parle pratiquement tous les deux jours, ce qui change complètement la donne, ne fusse que pour suivre un peu mieux ses péripéties quotidiennes.

Ainsi lorsqu'elle me rappelle une situation à épisodes multiples, je peux apprécier de façon plus ou moins synchrone, même si parfois un petit résumé s'impose, tellement ma fille est prolixe.

Et tellement spirituelle, aussi.

N'empêche je ressens moins cruellement son absence, tant elle a toujours dix mille choses à me raconter, avec un humour froid et une quantité de détails colorés.

Mon père s'est fait une spécialité d'être toujours dérangé ce qui abrège considérablement nos échanges.
Quand je le lui fait remarquer, il fait semblant d'être disponible, et je fais semblant de le croire.
Enfin, il me reconnaît encore, ce qui me rassure et je me dis que c'est tant mieux s'il est occupé, plutôt que de se morfondre sur mon absence.

J'appelle ma mère sur ce bon vieux téléphone, et si on fait abstraction des déjeuners hebdomadaires, les conversations tourment autour des mêmes personnes, et de moi notament, ce qui me convient tout à fait.

Étrangement, avec les amis, rien ne change non plus, quand on se parle.
Je prends un malin plaisir à leur dire que je suis en short, quand eux ne sortent plus sans leurs bottes fourrées, mais les conversations sont toujours riches et nous nous parlons parfois plus qu'avant.

Avec une touche d'exotisme en plus de part et d'autre.
Bruxelles devient presque mystérieuse et Modiin, bof, non, Modiin n'attire pas grand monde.
Remarquez, c'est un peu ma faute.

Néanmoins, tout le monde est partant pour venir nous voir, bien plus excités en tous cas que moi, d'aller faire un tour en Belgique.

Je dédie ce billet à ceux qui me manquent, ceux que je ne vois pas grandir, ceux qui m'oublient.

Non, personne ne m'oublie, car je n'oublie personne.




 

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comments

joel 11/14/2009 19:11


C'est toi qui est dans le vrai .

Shavoua Tov !


François 11/12/2009 14:19


très jolie, très vrai et touchant à la fois...


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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
Bavarde.
Gai luronne à ses heures.
Imbue d'elle même et menteuse!
Non, ça ce n'est pas vrai!
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes. Ou le contraire. Bavarde. Gai luronne à ses heures. Imbue d'elle même et menteuse! Non, ça ce n'est pas vrai!

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