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November 28 2013 5 28 /11 /November /2013 15:24

Tout ça parce qu'on m'a trouvé une boule au sein.

Je suis non seulement une convaincue du dépistage, des amies sont mortes avant 45 ans du cancer du sein, mais je m'y suis mise à l'âge de 40 ans, encouragée par mon médecin.

De là à flipper comme une folle parce qu'on m'a trouvé un "gouch" (en hébreu), faut pas délirer non plus.

Et pourtant ...

Après être passée par une deuxième biopsie parfaitement inutile, tout ça parce que mon con de généraliste n'a rien compris, la toubib me faisant d'ailleurs remarquer qu'il ne restait pas grand chose, à quoi je lui ai rétorqué que si tous les mois on m'enlève un morceau ...

Et après m'être fait confirmé que ce n'était pas cancéreux, il fut décidé qu'on allait l'enlever quand même, au cas où et parce que c'est mieux.

Bon.

Je dois trouver un chirurgien.

Ici, personne ne recommande personne.

Ni les médecins, ni les amis, ni les voisins.

J'obtiens un rendez-vous chez un inconnu, pour la fin de l'année, ce qui me semble contradictoire avec la mine inquiète du personnel médical, et la panique qui envahit mes amies, me voyant déjà plate comme une limande, ou avec une paire de seins tous neufs sur un corps qui en a vu des plus très vertes et des mûres ...

J'ai beau dire à ces mêmes amies que je vais bien, que je ne m'en fais pas, que tout baigne, elles me téléphonent tous les deux jours pour me dire de ne pas m'inquiéter.

On est quand même seulement en juin et je n'ai pas envie d'attendre décembre.

Ni qu'on m'opère, ni qu'on continue à me plaindre.

Même si c'est par amitié.

Même si on m'aime.

L'une de ces personnes bien intentionnées me recommande son chirurgien, qui, chance, reçoit en face de mon boulot.

Il faut savoir qu'ici, la plupart des rendez-vous se prennent par téléphone.

Si vous allez sur place, la même secrétaire bornée que vous voyez prendre des rendez-vous au téléphone, vous répondra qu'il faut appeler, qu'elle ne prend pas de rendez-vous à l'accueil.

Croyez-moi, s'énerver ne sert à rien.

J'appelle donc, et elle me donne rendez-vous dans dix ans.

Je lui dit que c'est urgent et elle prétend qu'elle ne prend pas les urgences.

Finalement, après m'être lamentée auprès de tous ceux qui voulaient encore m'écouter, de la lenteur des intervenants successifs et passifs devant l'urgence qui n'en est déjà plus une, j'apprends que je dois mettre la demande du médecin qui m'a fait la biopsie, sous le nez de la secrétaire.

Ce que je fais.

Et là, miracle, elle me dit de venir le soir même.

Me revoilà donc dans l'urgence, yes !

Quand on a rendez-vous chez le médecin, une liste est affichée devant sa porte avec les noms et l'heure de rendez-vous des patients.

Mon nom n'est pas sur la liste, cette conne m'a zappée, et je sens qu'il faut que je respire profondément..

M'en fiche, je rentrerai avec un bélier s'il le faut.

Chaque personne qui arrive demande qui est dans le cabinet, ce que personne ne sait jamais, bien qu'ayant posé les mêmes questions idiotes qui vont suivre.

Nous aussi on attend pour le docteur ?

(Ben non, on a vu des chaises et on s'est assis pour profiter de la clim !)

Qui est le dernier arrivé ?

Là tout le monde se regarde et il y en a toujours un pour dire "Je crois que c'est moi".

A quel heure chacun a rendez-vous ? M'enfin ?

Le docteur a du retard ? Ben si tu as rendez-vous à 18h05, qu'il est 18h28, et qu'il y a encore trois personnes avant toi ... A ton avis ?

Et de vous demander encore, "Tu en as pour longtemps, parce que je suis pressée !"

Ensuite cette personne va voir la liste des noms et demande qui est Shoshana, celle inscrite avant elle.

Elle confirme à Shoshana qu'elle est donc après elle.

Au cas où Shoshana en aurait quelque chose à faire de qui est après elle, déjà qu'elle ne sait plus qui est avant.

Et là, le bordel commence.

C'est moi qui suis après Shoshana, et non, je ne suis pas inscrite, ils ont oublié, mais je suis prévue à 17h30.

Un russe s'énerve et dit que c'est toujours la même chose avec nous (?), qu'on est sans gêne, qu'on veut dépasser et que les autres (?) laissent faire.

Il va engueuler la secrétaire qui fait "chuuuuuuut".

Tout le monde met son grain de sel, ça gueule, les secrétaires s'y mettent aussi "chuuuuuuut", on apprend le prénom de tout le monde, qui vient et pourquoi, ...

La porte s'ouvre et je m'engouffre dans le cabinet.

Un charmant monsieur me dit bonjour, regarde mon dossier, et ... me donne une date pour l'opération.

Il me prescrit une IRM, une radio, une autre mammo, un examen cardio, et je ne sais plus quoi d'autre.

Non, pas de biopsie, non ça, ça ira.

Entre temps les résultats des deux biopsie ont indiqué que le "gouch" reste un "gouch" bénin, ce qui n'empêche pas mes amies israéliennes de continuer à me regarder avec amour en me disant que ça va aller.

La veille de l'opération je vais à l’hôpital ultra moderne et splendide d' Assouta, à Ramat Ha-Haial , et on m'envoie chez Batia, une merveilleuse infirmière, qui, la première, va enfin tout m'expliquer.

Demain, avant l'opération j'irai d'abord faire un "simoun", on va m'enfoncer une énorme aiguille dans le sein, pourquoi, ça je ne l'ai toujours pas compris, et puis j'irai à l'étage des familles.

Elle me prévient que cela aura l'air très bordélique, mais que c'est en fait très bien organisé.

Comme si, en Israël, ça n'a pas toujours, l'air bordélique !

Elle me donne son téléphone perso, au cas où j'aurais des questions, même la nuit et ... me souhaite bonne chance.

Le lendemain, enfin, je vais en finir avec cette histoire qui a commencé en mars, et je dois bien être la seule personne heureuse de passer sur le billard.

Je vais, avec Chéri, à l'étage où j'ai fait mes biopsies (!), salut, salut, oui c'est encore moi, et je me retrouve entre les mains de la même doctoresse, celle qui connaît mon anatomie mammaire par cœur.

Elle m'accueille avec un grand bonjour et me dit, "Ah ça y est, on va te l'enlever".

Je me couche, me fait confirmer que c'est le nichon gauche, et elle m'enfonce cette foutue aiguille grande comme mon majeur, pendant qu'une jeune fille me caresse la joue.

Au revoir et bonne chance.

Je repars encombrée de ce machin déplaisant et rassure doucement mon giron qui souffre.

Je pars avec Chéri à l'étage des familles et nous pénétrons dans une immense salle bruyante et encombrée de gens, parents et malades en attente d'être opérés.

Je passe par l'admission et la secrétaire demande à Chéri le numéro de son portable.

Il recevra des messages tout au long de mes pérégrinations, pré et opératoires.

Va t'asseoir, on va t'appeler, et bonne chance.

Nous nous installons parmi la foule, et devant nous, des écrans affichent les prénoms des patients ainsi que le stade de leur traversée.

Salle de préparation, salle d'opération, salle de réveil, morgue, ...

Les gens parlent au téléphone, donnent les dernières nouvelles, échangent entre eux, mangent, vont chercher des cafés...

Toutes les minutes, une secrétaire appelle un prénom, celui de l'opéré.

La famille va vers elle, et le chirurgien donne des nouvelles.

Chéri définira en un mot l'ambiance qui règne.

Surréaliste.

C'est mon tour, Chéri garde mon sac, me dit un petit au-revoir et me fait un gros bisou.

Moi, je suis déjà ailleurs, soulagée d'y passer enfin.

En salle de préparation, je me déshabille et l'anesthésiste vient me poser des questions.

Il me demande comment ça va, puis me souhaite bonne chance..

Ensuite le chirurgien arrive.

Il me demande comment ça va.

Il pose aussi des questions et puis me demande si c'est bien le sein gauche.

Oui.

Il y inscrit un grand X.

Bonne chance.

Dans la salle, le personnel soignant rigole, il y a une bonne ambiance, et je me dis que c'est quand même incroyable qu'une infirmière ukrainienne, un infirmier musulman, un autre religieux et un chef de salle qui est une grande folle peuvent rire des mêmes choses, ensemble.

Deux jeunes hilares viennent me chercher en me demandant comment ça va.

Ils doivent renifler des gaz hilarants c'est pas possible ....

Je rentre en salle d'op.

Il y a bien dix personnes là-dedans.

Et ça papote, ça blague.

Moi aussi je rigole.

Le chirurgien me redemande si c'est bien le gauche et je me réjouis du X qui barre mon épaule.

Il me s'inquiète de savoir si ça va et je lui réponds, "Enfin je suis là, je n'y croyais plus !"

Et ça fait rire tout le monde.

Je me réveille ... en salle de réveil, Chéri à mes côtés, qui me fait la conversation.

Pendant qu'un infirmier arabe me demande toutes les cinq minutes si ça va.

Je lui dit qu'il est comme une maman, et il me répond que c'est trop gentil de lui dire ça.

La pièce tourne, et je répète les mêmes choses à Chéri, que ça fait marrer.

A l'admission, on a proposé à Chéri de rester dormir avec moi, mais nous avons refusé.

Je suis dans une chambre de deux, et devant chaque lit, il y a un fauteuil relax.

Pour les mères, pères, conjoints, qui changeraient d'avis.

Une heure plus tard, Chéri est parti et une jeune fille est amenée dans le lit voisin, accompagnée de sa mère.

La mère va rester dans le fauteuil toute la nuit, réveillant toutes les deux heures sa fille, et moi par la même occasion, pour savoir si elle ne doit pas ... faire pipi.

Le lendemain je suis rentrée en taxi, et j'ai reçu un message d'Assouta avec un numéro de téléphone à appeler jour et nuit.

Au cas où j'aurais des questions.

Tout va bien, et mes amies sont soulagées.

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October 29 2013 3 29 /10 /October /2013 13:13
Ça ne rate jamais. 

Quand je pars à Bruxelles, il y en a toujours pour me demander 
si j'aime encore vivre en Israël. 
Et quand je reviens, on me demande si je ne regrette pas d'avoir
quitté la Belgique.

Non.
Et non.
( Bon, oui, quitter la famille c'est dur.)

Invariablement suit l'expression "vraiment"?
 
Je ne regrette rien, je suis comme Piaf.
 
Le bonheur de revoir mes amis et ma famille surtout.

Mais aussi l'architecture, les quartiers médiévaux et les superbes magasins.

M’enivrer des couleurs de l'automne, ma saison préférée, manger
les petites crevettes grises du nord, comprendre à la seconde 
ce qui est écrit sur les boites, voir des pubs s'afficher en 
flamand, quand je veux voir une vidéo sur U Tube, 
(ça m'éneeeeeeeeeeerve !) ou entendre un message vocal , 
toujours en flamand quand j'appelle la banque, (ça m'éneeeeeeeeeeeeeeeeerve !)

Slalomer entre les merdes de chiens, sous une pluie battante, 
...

(J'avais sincèrement oublié ce qu'on appelle la "drache" 
nationale. Et la variété effarante d'étrons que peuvent 
produire nos amis les animaux.)

Savourer les frangipanes belges, les croutes aux fraises 
belges, le chocolat belge, la bonhommie des belges...
 
Comme chaque fois je suis contente de rentrer à la maison.
Chez moi.

Quelle joie d'arriver à l'aéroport où personne ne répond à 
ton bonjour, ni en hébreu, ni en flamand.

Quelle excitation quand tu passes la douane avec ta carte 
électronique pour ne pas faire la file, que tu places tes 
doigts bien écartés, comme indiqué et que tu mets trois 
heures à passer , tandis que tes compagnons de voyage qui 
ont eux, fait la file, sont déjà à l'hôtel, attendant le 
réceptionniste qui fait une afsaka (pause) prolongée, 
planqué dans le local des fumeurs et en train de jouer à 
candy cruch, ou de s'esclaffer sur fb..
 
Quel bonheur de payer un taxi pour rentrer, au même prix 
que si tu avais loué une limousine, et d'expliquer que non, 
nous ne sommes pas français.
 
Quelle joie de monter les marches de notre home sweet home 
en passant devant les pipelettes de l'immeuble qui veulent 
savoir comment c'était, qu' est-ce qu on a fait, qui on a vu, 
et comment vont les enfants.
 
Arrivés devant chez nous, je demande à Chéri d' entrer d'abord, 
au cas une famille de djoukims (cafards, gros, noirs, 
dégueulasses) ne squatteraient pas notre salon.
 
Le lendemain, jour du Seigneur, être réveillé par le crétin 
d'en bas en train de braire sur ses 4 gosses, de grand matin.
 
Entendre les fêtards qui rentrent à l'aube, la musique à fond, 
gloussant et gueulant dans le parking..
 
Et puis les commerçants qui nous souhaitent la bienvenue, les 
voisins ravis de nous revoir, l'agitation dans les rues jusque 
tard dans la nuit, le soleil, ...

La vie quoi.
La nôtre.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Miss caustic
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June 18 2013 3 18 /06 /June /2013 10:53

J'entends régulièrement qu'"à mon âge" ...

Ben quoi mon âge ?

J'ai donc, en bonne fille, fait tous les examens médicaux préconisés, et ... on m'a trouvé un tas de trucs déplaisants.

Évidement !

Des examens pas forcément agréables, des résultats mitigés, et partout, une secrétaire qui te dit "Bonne chance"!

Après une mammographie, on m'a appelée pour me demander si j'avais rendez-vous avec le médecin.

J'ai répondu que j'en avais l'intention.

"Rien d'urgent, mais prend rendez-vous ! Bonne chance!"

Je prends donc rendez-vous et 3 jours plus tard, la même secrétaire me rappelle en me demandant si je l'ai bien fait.

Pas urgent, si je me souviens bien.

Et elle me dit "Bonne chance !"

Puis elle retéléphone après une semaine, pour me demander si j'ai vu le médecin.

Oui, je l'ai vu et il m'a donné une prescription pour une biopsie.

"Bon, me dit-elle, je vais te donner un rendez-vous pour la biopsie."

"Bonne chance !"

Ce qui me fait marrer, c'est que toutes ces secrétaires veulent paraître détachée et l'effet produit est que tu commences à flipper.

J'attends encore des résultats, je dois encore faire plein d'examens, j'ai déjà une première biopsie en cours, une deuxième aujourd'hui, mais je suis confiante.

On m'a tellement souhaité "Bonne chance"...

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Miss caustic
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May 10 2013 6 10 /05 /May /2013 11:25

Les mères israéliennes ne comprennent pas comment je survis au fait que mes enfants soient loin de moi.


Du moins celles qui n'ont pas elles-même leurs enfants au Canada ou ailleurs.


"Oh la la comment tu fais, moi je ne pourrais pas, ça doit être terrible pour toi ... Et pour eux aussi !"


Moi crâneuse, "Non, ça va, ils sont heureux et c est tout ce qui compte. On ne fait pas des enfants pour soi...bla bla bla."


Suit une flopée de compliments à mon égard, " Bravo, c' est toi qui a raison, tes enfants ont de la chance,... Mais moi, je ne pourrais pas ! Déjà quand il change ne fût-ce que de ville ..."

Ben moi, la vérité, c'est que je peux, mais difficilement.

Hier, une maman vient à la boutique, avec sa fille de 40 ans, qui vit depuis 20 ans a Paris.


Elle me dit que chaque fois qu'elle va chez le coiffeur, elle regarde nos vitrines et pense à tout ce qu'elle pourrait acheter à sa fille.


Sa fille me demande si ce que nous vendons vient de Paris et je lui dis que oui.

 

"Maman, tout vient de Paris ...!"

 

"Et alors ? " répond la mère.


" Maman, à quoi ça sert que j'achète ici, j'habite à Paris !"

 

"Regarde toutes les belles choses qu'il y a pour toi, tu ne regardes même pas !"

 

"Il y a la même chose à Paris..."

 

" Et alors, je veux t offrir de beaux vêtements, quel rapport avec le fait que ça vienne de Paris, tu as des actions dans l' industrie textile en Israël ?"

 

 

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Pour détendre l'atmosphère, la mère est décidée à rhabiller sa fille, même et surtout contre son gré, je lui dis que moi aussi j'ai une fille à l'étranger et je comprend qu'elle veuille la gâter.

 

Je lui parle de mes enfants et combien ils me manquent.


Elle, a la chance d avoir au moins son fils près d elle ...


La fille nous fait remarquer, en levant les yeux au ciel, que nous avons trouvé un sujet commun de lamentation, et nous acquiesçons.


La mère ne la lâche pas.

 

" Tu as vu les beaux foulards, il n y a pas une photo de toi ou tu ne portes pas un foulard, choisis quelques foulards !"


" Tu n as pas regardé de ce côté. Il y a plein de choses magnifiques."


" Comment tu n aimes pas ? Mais ce n'est pas possible, c est tellement beau !"


"Regarde cette couleur ! Oh, et ce pantalon, tu DOIS l'essayer...."

La fille va complaisamment et docilement essayer tout le magasin, ce que ma fille a fait il y a 2 semaines, avant de se décider pour quelques articles, au grand soulagement de sa maman, qui lui annonce qu elles n'en ont pas fini .

Car elle a vu une veste plus loin, dans un autre magasin ...

 

Bonne fête à toutes les mamans du monde.

 

Le-chat-Oedipe.jpg

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Miss caustic - in Portrait
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April 12 2013 6 12 /04 /April /2013 17:14

 

Tel Aviv Rothschild 067

 

Tous les jours, je me promène en Eretz, et je me réjouis de ce que je vois.

 

Des rues fleuries toute l'année et des arbres fruitiers.

 

Des pelouses, oui, des pelouses, ici, dans cet ancien désert.

 

Des enfants, en quantité.

 

Et des ventres ronds, remplis de vie.

 

Des bébés, des poussettes, des pleurs, des rires et tant de bonheur.

 

Tel-Aviv-F1.jpg

 

Tellement de diversité, de couleurs, de langues, d'horizons.

 

Beaucoup de joies.

 

Beaucoup d'amour aussi.

 

Pour notre pays, que nous sommes les premiers à critiquer, pour nos familles et nos amis.

 

De la complicité et de l'entraide.

 

Tant de bonnes choses qui font oublier les mauvaises.

 

Et toute cette énergie, cet enthousiasme intarissable et cette grande fierté qui font de ce pays une exception.

 

Bon anniversaire Israël.

 

De tout mon coeur.

 

chien a la plage

 

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April 7 2013 1 07 /04 /April /2013 07:05

 

enfants-juifs.jpg

 

Ce soir commence le Yom Hashoa.

 

Demain les sirènes paralyseront les israéliens qui ne peuvent et ne veulent pas oublier que des individus derrière un bureau ont organiser de manière méthodique la destruction d'un peuple, du seul fait qu'il était juif.

 

Un jour pour penser aux 6 000 000 de morts, mais aussi aux survivants.

 

Un jour pour constater autour de soi et se désoler de ce qui recommence en Europe et chez nos voisins.

 

Un jour pour regarder la jeunesse israélienne et se réjouir que la vie soit plus forte.

 

Un jour qui devrait faire réfléchir tous les individus, parce que prévoir l'élimination d'une ethnie ou d'une communauté, n'est jamais que le début d'une fin.

 

Le début d'une élimination sans fin.

 

La fin d'un monde pluriel et multicolore, joyeux dans sa diversité et ses contradictions.

 

Yom Hashoa, un jour à la mémoire des sacrifiés, mais aussi à ceux qui ont survécu.

 

Et qui ont misé sur l'avenir.

 

pourim3.jpg

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March 27 2013 4 27 /03 /March /2013 08:10

Comme tous les ans, et sans possibilité de débat, ma cousine de 80 ans et son mari de 82 nous appellent pour nous remémorer que nous sommes attendus pour le seder.

 

Nous sommes donc partis à Haifa.

 

Le long de la route, nous dépassons les éternels malheureux en panne, moins toutefois qu'il y a 4 ans, et le flot de voitures bondées de voyageurs habillés en blanc, alourdies par les plats préparés depuis une semaine.

 

Dans la foule, il y a les enchantés, les impatients, les résignés, mais surtout il y a les enfants, pressés de chanter à tue-tête, et plus tard dans la soirée, chercher l'afikoman.

 

Chez nous, point de petits, mais bien des grands costauds, entre 15 et 25 ans, qui ont chanté avec entrain toute la soirée, complimentant leur grand-mère pour le repas.

 

J'ai pensé à mes enfants, loin de moi, et j'ai vu le bonheur intacte de mon cousin rappelant la libération de nos ancêtres, tel un acteur de théâtre qu'il aurait pu être, son enthousiasme montant au fur et à mesure que son verre de vin se vidait.

 

Avant qu'on ne le lui remplisse à nouveau.

 

C'était, comme à chaque fois une belle soirée, et nous avons quitté la famille, alors que mon cousin chantait avec conviction une chanson de Brassens, en hébreu.

 

Persuadé pourtant de chanter du Brel.

 

Arrivés chez nous, nous avons entendus les voisins hurler joyeusement et avec force "mi yodea ?"

 

Moi, je sais en tous cas pourquoi je suis ici.

 

pessah.jpg

 

 

 

 

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March 18 2013 2 18 /03 /March /2013 08:10

Ici, comme ailleurs, nous sommes véritablement harcelés de coup de fil commerciaux, à la maison ou sur le portable.

 

Avant les fêtes, les shnorers (mendiants) de toute sortes se joignent à la cohorte de vendeurs de promotions et autres shmontses (conneries), saturant ma ligne et mettant ma propension à la bonne humeur, à rude épreuve.

 

Chaque année, à la même époque, les assurances en tous genre se soucient de ton bien-être et de ta santé.

 

Et te font découvrir un tas de maladie abominables, sources d'agonies sans fin.

 

Pouvant pourtant être adoucies par l'argent que tu recevras.

 

Si tu as cotisé.

 

Tout cela ponctué de "Has ve halila, et autres "Tfou tfou tfou", pour conjurer le sort.      

 

Voir mon billet (Has Ve Halila !)

 

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J'ai à priori de la compassion pour les êtres derrière les voix monocordes qui ânonnent pendant des heures les mêmes phrases ponctuées de "tfou tfou tfou".

 

J'ai d'ailleurs demandé à l'un d'entre eux si en rentrant à la maison, il continuait à dire "tfou tfou".

 

"Bonjour ma chérie, tfou tfou tfou. Tu as passé une bonne journée ?"

"Moi aussi, tfou tfou tfou."

 

Ça l'a fait rire.

 

Il m'a dit que je suis géniale tellement je suis drôle et sympa. ( C'est ça, cause toujours ...)

 

Faut dire que les commerciaux, parqués dans des open space, avec un chefaillon qui minute leur conversation, ont la vie dure.

 

Avant donc, j'avais pitié.


Mais ça, c'était avant ...

 

ZORRO-1-PONEY.jpg

 


Le gars à qui tu dis, 1) que tu piges que dalle à sa logo diarrhée ponctuée de "Has ve halila", 2) que les maladies horribles dont il te cause, tu ne les connais même pas en français, ce gars, te les réexplique plus lentement.

 

Comme si une "anaplasmose granulocytique humaine", c'était plus clair, dit en articulant.

 

Je finis par lui demander un contrat de police en anglais ou en français, car je ne veux pas payer pour quelque chose que je ne comprends pas, et qu'on me dise ensuite que malheureusement je ne suis pas couverte pour une "anaplasmose tfou tfou".

 

Il me promet de faire son possible.

 

Un mois plus tard exactement, je reçois le contrat de police ... en hébreu.

 

J'appelle la compagnie et j'explique qu'ayant reçu la police en hébreu, je ne veux pas de cette assurance.

On me propose de me l'expliquer en anglais.

Au téléphone.

 

Non, je ne veux pas.

 

Comme à chauqe fois que je râle parce qu'on veut m'arnaquer, on me passe 36 individus différents, comme si, à l'usure, j'allais dire "oui" à tout, juste pour qu'on me foute la paix.

Et bien non, dommage pour eux.


Plus on me passe de personnes, plus mon discours est concis.

Plus je suis énervée.

 

D'autant que si j'avais demander tout ça en russe ...


Mes phrases finissent par se résumer à un  "Non !" polaire.


Bonjour Miss, Machine au téléphone ...

"Non !"

Tu as dit que ...

"Non !"

Mais je peux peut-être ...

"Non"!

 

Ils finissent par me dire qu'ils vont annuler.


Deux jours plus tard, un autre type me téléphone, se disant sans doute que je suis mieux lunée, et je lui dis que je suis au travail et que je ne peux pas lui parler.


Incompréhension totale du gars qui me dit qu'il n'en a que pour 5 minutes.


Je lui dit que je ne peux pas et que je finis à 15 heures.


La cliente dans le magasin m'assure que je peux causer à mon aise et me dit que ça ne la dérange pas que je sois au téléphone pendant qu'elle essaye.

 

Les israéliens ont un comportement anormal avec leur téléphone, et je parie qu'ils seront les premiers à se faire greffer un truc dans l'oreille, le jour, pas si loin, où ça se fera.

 

Et même que ça sera une invention israélienne.


Même.

 

( Message privé à mes parents. Je sais qu'on ne dit pas "même que". Mais j'avais envie. )

 

A 15 heures pile, mon téléphone sonne, mais je suis occupée.

Il va rappeler tous les jours à 15 heures, et je ne répondrai aucune fois.

 

3 jours plus tard je suis débitée sur mon compte de 60 euros pour une police dont je ne veux pas depuis le début. 

 

Je rappelle et on me propose de parler avec mon harceleur.

Je ne veux pas parler avec lui, je veux qu'on me rembourse fissa.

 

Il me rappelle effectivement et a le culot de me reprocher de ne pas avoir répondu lors de ses appels répétitifs.

J'hallucine carrément et lui rétorque que je réponds si je veux, par exemple quand on me vole.

 

1 heure de palabres et 5 interlocuteurs plus tard, après que j'ai menacé de leur mettre un avocat aux ..., ils vont me  me rembourser.

 

Qu'ils disent.



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March 2 2013 7 02 /03 /March /2013 11:53

 

Il y a un monsieur fort sympathique qui travaille dans l'un des super où je vais faire mes courses.

Il parle parfaitement le français, et aime papoter avec moi.

 

Hier, il me demande ce que je fais pour Pessah.

 

Je vais dans ma famille, à Haïfa.

 

Et toi, je lui demande, juste pour faire la conversation.

 

"Moi je m'en fous."

 

Pourquoi me demande-t-il ce que je fais à Pessah, alors ?

 

Sans doute pour me faire la conversation.

 

Et il continue en me disant, qu'il ne fait aucune fête, ni même ne respecte le shabbat.

 

Au ton qu'il emploie, j'ai comme l'impression que cet homme là se prend pour un rebelle.

 

Dans un pays où les gens vivent leur religion chacun à sa manière, c'est un peu ridicule, mais soit.

 

Je lui dis que moi non plus je ne respecte pas le shabbat, mais je suis les fêtes, parce qu'au delà de l'aspect religieux, ces fêtes nous rappellent notre histoire et qui nous sommes.

 

Sans oublier le plaisir que j'éprouve à me retrouver dans ma famille.

 

Et alors, théâtral, il me déclare "Moi, je suis citoyen du monde ! Je m'en fous de tout ça"

 

Je lui ai rétorqué que lui s'en fout certainement, mais que d'autre s'évertuent sans jamais faillir à nous rappeler qui nous sommes.

 

C'est-à-dire des juifs, avec toute la réprobation que cela implique.

 

Venue d'Europe, je sais de quoi je parle, moi qui n'ai jamais brandi mon identité juive comme un étendard, considérant qu'il s'agissait là de mon intimité.

 

Seulement à force d'entendre les commentaires désobligeants sur les juifs et par extension sur Israël, tu finis par te dire que décidément, tu ne seras jamais considéré comme autre chose qu'un (sale) juif, voleur de terres, tueur d'enfants, et dresseur de requins pour attaquer les bons musulmans.

 

Il a eu l'air un peu désorienté, je dois dire.

 

C'est là l'erreur éternelle de l'homme.

 

Croire que tout va aller mieux et que nous serons tous égaux.

 

S'il suffisait pour ça de se proclamer athée, laïc et citoyen du monde... Ça se saurait.

 

 

citoyen-du-monde.jpg

 

 

 

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February 28 2013 5 28 /02 /February /2013 11:06

... Arrivé à Jérusalem, les choses, hélas, se compliquent.


Pour commencer, mes recherches sur Internet laissent à penser qu’il n’y a, dans cette ville de presque un million d'habitants, que des spécialistes de la musique liturgique et variantes connexes.


Un périple homérique dans ma voiture de location, au cours duquel je passe quatre fois dans la rue King George après une traversée (plutôt dépaysante) du quartier ultra-orthodoxe, me confirme en outre que ces spécialistes de la musique liturgique sont difficiles à trouver.


De plus, ils n’ont sans doute pas de CD d’Alon Yavnai.


Pourtant, à Jérusalem, il y a tout - même des galeries marchandes ultra-sophistiquées et des restaurants super-hip et pas bibliques du tout pour shoppeurs et fêtards fous qui n’ont pas le temps d’aller à Eilat.


Il y a aussi d’excellentes pizzas.


J’aime beaucoup la pizza ; c’est rond, mais cela ne remplace pas un CD d’Alon Yavnai.


Le moment est venu d’adopter une approche plus pragmatique.


Comme j’ai décidé d’aller au Mur des Lamentations et qu’il me faut une kippa, je me dis qu’autant faire coup double en explorant à cet effet les environs animés de Ben Hillel (mon hôtel est à deux pas).


Je trouve assez rapidement une kippa plutôt jolie (en tout cas plus jolie que celle avec Bob l’Éponge ou l’emblème des Chicago Bulls).


Mais pour Alon Yavnai - vous l’aurez deviné à ce stade - c’est plus incertain.


Je finis par trouver une petite épicerie-quincaillerie-bazar, où ils ont aussi des CD.


À présent, je suis prêt à tout.


J’entre donc et je confie ma quête au patron, qui parle un anglais très approximatif (en fait proche de zéro).

Mais il a compris ‘CD’ ; pour Alon Yavnai, je ne suis pas trop sûr, car il me propose les 20 meilleurs tubes de Sarit Hadad.

Elle ne ressemble pas beaucoup à Alon Yavnai, mais elle a l’air plutôt sexy (à ce moment-là, mon amie jalouse n’est pas avec moi).

 

Je demande : « What kind of music is it? ».

Il me répond : « Very good, like Bob Dylan ».

Je suis un peu soupçonneux, à vrai dire - mais comme en même temps, je suis assez désespéré, je joue le tout pour le tout.

Cela fera au moins un souvenir.


Néanmoins, pour augmenter mes chances de n’être pas complètement à côté de la plaque, je décide d’acheter un deuxième CD - en back-up.

Le spécialiste me conseille un album où figure la photo d’un playboy chauve (en fait Eyal Golan, mais c’est écrit derrière en tout petit et pour les gros titres, je ne lis toujours pas l’hébreu).

Je lui demande: « What kind of music is it? ».

Il me répond : « Very good, like Bob Dylan ».

 

Là, je l’avoue, je commence à douter un peu.

Mais à ce moment précis, deux groupies d’âge assez mûr entrent dans le magasin.

Ce CD est ‘wonderful, wonderful wonderful’, et elles y ajoutent une gestuelle irrésistible ponctuée de grands hululements.

Affaire conclue !

Me voici donc muni, à défaut d’Alon Yavnai, de deux CD enregistrés par des enfants spirituels de Bob Dylan.

Même si un doute sournois persiste, côté paternité.


La quête a-t-elle trouvé là son dénouement ? Pas tout à fait, évidemment, d’autant que ces deux enfants spirituels sont aussi éloignés de leur papa que d’Alon Yavnai.

Mais de cela, je me rends compte à mon retour, loin, très loin des crépuscules animés et de la brise fraîche du soir à Jérusalem.


Il me faut, décidément, un CD d’Alon Yavnai.

Je suis trop frustré.

Même à défaut de l’avoir acheté sur place.

Cela aurait fait un beau souvenir, mais il a fallu se faire une raison, et je n'étais pas partant pour un aimant de frigo en forme de dromadaire avec, marqué cette fois-ci sur la bosse, « I love Jerusalem ».


Je vais donc - tant pis pour la couleur locale - sur Amazon.

En 30 secondes, je suis arrivé à bon port : en plus, il y a du choix.

Nul n’est prophète en son pays.

J’aurai finalement mon CD d’Alon Yavnai.

Même s’il provient d’un entrepôt à Cardiff géré par un spécialiste américain de la VPC fondé par un émigré cubain, plutôt que d’une épicerie à Jérusalem.

Huit jours plus tard, il est là.

Et oui, c’est effectivement un CD d’Alon Yavnai.

Évidemment, ça ne ressemble pas beaucoup à Bob Dylan.

Mais ce n’était pas du tout l’objectif et pour être très franc, c’est beaucoup mieux comme ça.

 

free-israeli-music-

 

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