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April 22 2009 4 22 /04 /April /2009 16:32

Je suis retournée à l´oulpan.
Au zoo si vous préférez.
Nous avons eu quasi deux semaines et demie de congés avec les fêtes et cela à bien sûr suffi pour que les trois quart des illuminés de mon cours oublient ce qu´ils n´ont jamais vraiment su et que la prof ait une grande envie de pleurer.
Quant à moi, je vous le dis, j´ai le blues.
Quand je suis arrivée ce matin, les plus cons, ô miracle, étaient absents.
Puis Manuel est entré dans la classe, lui même surpris dêtre là.
Comment ça va Manuel ? lui a demandé Limor.
D´ soit loué !
C´est la réponse préférée des religieux, ( de tous les religieux du monde j´entends) "D´ soit loué".
Limor a cette particularité de passer du coq à l´âne, à moins que ce ne soient certains élèves qui, à force de passer de l´âne à l´âne bâté, ne la rende...chèvre.
Toujours est-il qu´après avoir été interrompue par l´arrivée de Manuel, elle reprend péniblement la lecture du dialogue entamé, essayant d´insuffler à une classe amorphe et à moitié vide une énergie qu´elle n´a pas elle-même.
Soudain elle s´interromp et demande où sont passés Israel (from London) et Yossi, le dépressif moralisateur, à Manuel qui est sensé le savoir d´après l´esprit simpliste de Limor, puisqu´ils sont religieux tous les trois.
Mais Manuel n´en sait rien et décide de téléphoner au coincé de service et de ce fait, le réveille.
Il est 9h45.
Yossi ?
...
Alors, tu ne viens pas en classe ?
...
Tu es au lit ?
...
Limor demande que tu viennes !
...
Puis nous reprenons ce foutu dialogue et entre Israel avec son immense sourire made in London et sa tasse de café.
Normal quoi.
Comment ça va Isarël ?
D´ soit loué !

Nous continuons les simulations d´entretien pour trouver un boulot.
Bonjour, je voudrais un rendez-vous avec le responsable.
Quel responsable ?
(Véridique. Un juif répond toujours à une question, par une autre question !)
Celui qui s´occupe de recruter.
Ah. Quel est ton nom ?
Daniel Levin.
Ah désolé Daniel, le responsable n´est pas dans son bureau.
Puis-je quand même avoir un rendez-vous ? Pour lui parler face à face ?
.....
Et ainsi de suite.

La prof nous demande de relire et puis nous jouons les personnages en duo, à tour de rôle.
Arrive le tour de Sasha qui joue le candidat et au moment de demander le rendez-vous, ému sans doute à l´idée de vraiment passer cet entretien, lui qui ne rêve que de foot et de blondes à forte poitrine, suggère qu´il aimerait parler au responsable...corps contre corps !
Ouais !
Le seul qui n´a pas ri immédiatement, c´est Manuel, qui en est encore au stade de la lecture du texte, mais qui est très heureux de découvrir l' hilarité générale.


Arrive le crétin atteint de sinistrose.
Ah voilà Yossi !
Je me demande ce qui la réjouit.
L´avoir sorti du lit ou sa mine patibulaire.
Comment ça va ?
D' soit loué.
Et bien ...

Ce type ne respire tellement pas la joie de vivre, qu'on se demande comment il était avant de rentrer en religion.
Parce que Israël from London, lui, pète littéralement de bonheur.
Faut dire que lui, il n´a pas la libido en berne.
Un gosse chaque année.
Oui mesdames.

Soudain Manuel se lève et dit qu´il doit partir parce qu'il ne se sent pas bien.
Et il s'en va.
En fait il fait ça tous les jours.
Si le prof demande ce qui ne va pas, il répond qu'il a de gros problèmes.
Tous les jours à la même heure.

Mais, D'soit loué, tout va bien.
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Miss caustic - in Portrait
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April 20 2009 2 20 /04 /April /2009 17:53



L´oubli est une pensée très à la mode chez beaucoup.
On oublie tout ...et on recommence !

Yom ha Shoah Ve´Hagvura, jour commémorant l´holocauste commence ce soir, jusqu´à demain.
Pour ne pas oublier les 6 millions de juifs qui sont morts parce qu´ils étaient juifs.
Une mort programmée.
Pour ne pas oublier les héros célèbres ou anonymes qui ont défendu La Liberté.
Ne pas oublier, pour ne pas recommencer.
Cela n´a jamais été autant d´actualité.

 
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Miss caustic
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April 18 2009 7 18 /04 /April /2009 11:34
Depuis que je suis arrivée j´ai rencontrer beaucoup de gens et notament ceux qui sont ici pour la première fois.
Ils m'ont tous dit, sans exception, qu´ils n´imaginaient pas ce pays tel qu´il est.
Traduisez, aussi extraordinaire, moderne, fleuri, dynamique, joyeux, bref, pas le trou du cul du monde quoi.
Je me souviens de la réaction effarée des personnes à qui je disais que je partais vivre en Israël.
Ah bon ? Tu vas en Israël ? Tu n'as pas peur? Pourquoi vas-tu là bas ?
Je répondais invariablement que je n´allais pas au Darfour mais en Israël.
Ah je ne sais pas moi, je ne connais pas me disait-on.
Tout était dit en une seule phrase.
L´ignorance se nourrit de fantasmes et d´imaginaire, quand ce n´est pas des piètres reportages baclés par des apprentis mauvais journaleux qui ne sont jamais sortis de leur ignorance.
Le club des ignorants (au milliers de membres), absorbe les clichés et les recrache comme des vérités connues de lui seul et gobées à leur tour par des gogos qui feront montre de leur savoir dans les dîners.
Mais savent-ils qu´íl y a aussi des israéliens musulmans et chrétiens ?
Que les arabes israéliens ne votent pas tous, pour les partis musulmans?
Que l´un de ces partis musulmans (israélien, je le rappelle) est contre un état juif?
Que pendant la guerre à Gaza, des étudiants arabes israéliens ont manifesté à l'Université de Tel Aviv, leur soutien aux gazaouis?
Sans oublier tous les illuminés qui expriment le pire et le meilleur.
Sans que la dictature qu´est Israël les en empêche?
                                                    Photo Alicia Dahan-Eilat

Qu´il y a des parcs et des jardins magnifiques dans lesquels tout le monde se retrouve le week end pour faire des barbecues ou fêter des anniversaires.

Qu´il n´y a pas le culte du chacun pour soi, et que l´on choisi son lieu de résidence en fonction des voisins, parce que les voisins, c´est important.
Que le week end encore, les gens se retrouvent pour danser au bord de la mer.
Qu´il n´est pas impoli de demander un service, et surtout que ce n´est pas "à charge de revanche."

Un ami me disait, il y a quelques semaines, que je suis toute en flammes parce que c´est nouveau pour moi, mais que je déchanterai forcément dans quelques temps.
Je vois très bien "ce qui cloche" dans cette société très jeune, mais je peux comparer à  "il y a 30 ans", parce que j´y étais.
Et je ne sais pas quelle autre société dans le monde a évolué aussi vite et aussi bien en 60 ans, en subissant 9 guerres.

Anecdote qui n´en n´est pas:

Nous sommes allés avec des amis  dans un très beau magasin de meubles et décoration.
Nous bavardons assis dans un salon au sujet de celui-ci et de la couleur que nos amis devraient choisir.
Au bout d´un quart d´heure une vendeuse s´approche pour demander si nous n´avons besoin de rien (sic) et puis elle me regarde et me demande si nous sommes "ensemble".
Si en Belgique vous papotez avec des gens au sujet d´un achat, la vendeuse sera persuadée que vous êtes "ensemble" .
Ici non. Vous pouvez très bien vous retrouver à 6 ou 8 inconnus en train de conseiller l´acheteur potentiel sur la couleur de son canapé.

D´aileurs je le dis souvent tout le monde parle avec tout le monde.
Ah, certains diront , quelle barbe, ces gens qui se mêlent de tout.
Peut être, mais allez aux toilettes d´un restaurant en laissant votre sac sur la table, avec votre portable à côté, et retrouvez, à votre retour, vos affaires intactes.
Essayez d´ennuyer une fille seule dans le train et vous aurez tout le compartiment sur le dos.
Et pas que des mecs.
Parce qu´avant de se mêler comme vous dites, les gens sont curieux de l´autre.
En deux minutes on vous aura demandé combien vous gagnez, ce qu´a coûté votre maison et votre âge.
D'où vous venez, parce que vous avez un des innombrables accents qu´on entend ici et surtout, surtout, si vous êtes contents d´être là.
Car quand ils ne vous le disent pas en face, ils pensent que vous êtes dingues de venir vivre ici, où selon eux c´est si dur, mais ajoutent-ils, tellement bien quand même.
Et c´est vrai que c´est tellement bien et tellement pas ce que les voyageurs virtuels imaginent.
Parce qu´ on sait ce que vivre vraiment veut dire.
Vivre malgré tout, parce que c´est tellement bien quand même.
Contrairement aux peuples englués dans leurs éternelles réflexions, ou devrais-je dire, masturbation mentale, qui se tatent pour savoir si...., Israël avance.
Alors peut-être suis-je de mauvaise foi, mais j´assume !
Au moins je ne suis pas ignorante.

Je vous recommande d´aller sur le lien ci-dessous et de visiter Tel Aviv (d´un point de vue architectural tout au moins), qui a 100 ans cette année.
(Cliquez droit et ouvrir le lien dans une autre fenêtre. De rien !)
link
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April 7 2009 3 07 /04 /April /2009 16:13


Mercredi commence la fête de Pessah, Pâques juives commémorant la libération des Hébreux de l´esclavage en Egypte, il y a 3500 ans.
(En effet ces emmerdeurs de juifs en ont eu marre de faire le sale boulot afin que les Pharaons puissent se gargariser de leur grandeur.)
Elle célèbre aussi l´arrivée du printemps et la fertilité de la terre.
Cette fête est l´une des plus importantes de toutes nos fêtes et elle dure 7 jours.
Elle symbolise la conquête de la liberté et  la naissance du peuple d´Israel.
Cette fête nous rappelle que la liberté n´est jamais acquise.
(Pour personne.)
Pendant 7 jours (8 en diaspora) nous mangeons de la nourriture sans levain.

Et nous mangeons de la matzah (mmmmmmmmmh), pain azime, qui rappelle la fuite précipitée d´Egypte et le fait que les juifs n´ont pas eu le temps de faire lever la pâte.
Le premier soir, se déroule le repas du Seder.
On lit la Haggadah, récit de l´esclavage, de la vie de Moise, des dix plaies d´Egypte et de l´Exode et de la traversée de la mer.

La lecture de la Haggadah est ponctuée de rituels, comme la consommation d´herbes amères qui rappellent la vie amère de nos ancêtres, de Haroset, pâte de fruits et de fruits secs,symbolisant le mortier avec lequel les Hébreux faisaient les briques pour construire les pyramides, ainsi que des herbes qu´on trempe dans l´eau salée en souvenir des larmes versées par les esclaves.
(Autant planter un potager !)
Ce que j´aime dans nos traditions, c´est qu´elles nous rappellent sans cesse qui nous sommes, et qu´elles réunissent les familles et les amis.
Et nous empêchent d´oublier.
Oublier ceux qui ont fait en sorte que nous existions encore et malgré tout.
Parce que loin de nous attrister, la mémoire des souffrances d´hier, doit nous faire aimer ce que nous avons aujourd´hui.
La liberté d´être et de vivre.

Bonne fête à tous !


(source: site de l´ambassade d´Israel en France)


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April 1 2009 4 01 /04 /April /2009 12:06

Les cours commencent à 8h45, tous les matins et se terminent à 13h.
Il y a deux fois une  "hafsaka" (entracte).
Une à 10h30 et une à midi.
Tout le monde arrive entre 8h45 et...11h.
Parmi les excuses les plus courantes, "je ne trouvais plus mon chapeau", "je suis fatigué" et "grumblmmmmrugrrrrn !"
Nous sommes donc sensés quitter la classe à 13h, mais les sorties se font dans le même échantillon d´heure avec les mêmes excuses, et la même stupéfaction sur la figure du professeur qui considère que c´est "notre" problème et pas le sien.
C´est un fait, ce sont ceux qui  restent que ça emmerde copieusement puisque, bien sûr, tous ces crétins ne sont jamais au courant de rien, ne font pas leur devoirs et redemandent , comme un disque rayé, la signification des mots que nous venons d´apprendre.
Chacun sont foutu rythme donc, et à nous la tachycardie.
Le grand spécialiste reste l´égaré de service, Manuel, qui est de plus en plus à côté de son livre de prière et qui s´excuse de tout mélanger dans sa tête.
Le prof explique le mot "vitrifier", pendant 3 bonnes minutes parce qu´elle le traduit en russe, en anglais (pas toujours top niveau) et en amahrit, la langue des éthiopiens, sans oublier l´espagnol.
Manuel: "Ah, "vitrifier" ! C´est comme "vérifier"!
La prof : Pas du tout Manuel, ça n´a rien à voir.
Manuel: "Vitrifier, vérifier, c´est la même chose, non ? C´est comme varier...
La prof: J´ai dit non, restes concentré Manuel. "Vérifier", "comprobar", to check...
Manuel: "Ben oui, vitrifier, vitrificar, vitrify...
La prof: "Non" !
Manuel me regarde et me sort ce qu´il croit être du français, avec l´air entendu de celui qui sait que la prof divague.
Je regarde la prof avec l´air de celle qui va commettre l´irréparable, et La prof dit à Manuel qu´on n´a pas toute l´année avec l´air de quelqu´un qui en a vu d´autre.
Manuel: "Pas toute l´année" ? Qu´est-ce que ça veut dire ?"

Et pour notre plus grand bonheur, l´anglais qui puni sa mère tous les jours que le Bon Dieu fait, est du même acabit.
Vous savez celui qui est devenu ultra religieux et qui  a des parents ultra antisémites...
Je lui ai demandé s´il les voyait encore et il m´a dit que son père est mort mais que sa mère le voit, même si elle pense qu´elle est punie d´avoir un fils qui se soit non seulement converti à cette abominable religion, mais en plus se déguise en polonais du 19ème siècle.
Il est, dans un autre genre, lui aussi complètement ailleurs, et comme Manuel s´est pris d´affection pour lui, ils s´amusent comme deux gamins de six ans qui communiqueraient par miracle.
L´un ne parlant que l´anglais et l´autre croyant être multilingue.
Nous continuons le texte et 1/4 d´heure plus tard le mot " vitrifier" réapparaît au grand étonnement des deux zigotos qui demandent en choeur: "Vitrifier ? C´est quoi ?"

Il y l´endormi qui vient un jour sur deux et qui m´a avoué ne pas vouloir travailler, si ce n´est pour payer sa chambre minable et sa nourriture.
Le premier mot qu´il a appris c´est "hafsaka"et dès que la prof dit  "Et maintenant...", il l´a coupe en disant  "et maintenant hafsaka" !

La canadienne dont le portable sonne sans discontinuer.
Elle sort et elle rentre toutes les dix minutes pour parler, et lorsqu´elle réapparaît , elle commence à manger.
D´abord une grenade, puis elle se prépare une infâme mixture avec du lait de soya et des céréales, le tout Bio, qui n´ont certainement pas l´effet de la rendre dynamique et encore moins bilingue.

Il y a aussi un mec super antipathique qui a envie de me frapper autant que j´ai envie de lui cloué le bec.
Ce que je réussi très bien, vous vous en doutez !
Je l´attaque indirectement puisque je ne prétends pas lui parler.
Ce mec a la prétention de nous dire à tous comment nous comporter.
Il sait ce qui est bien et ce qui est mal, et moi j´ai tout faux bien sûr.
Je porte des pantalons (Oie Vei !), je ne mange pas casher (Oie Vei), je ne respecte pas le shabbat (Oie Oie Oie Vei) et je vis dans le péché ( hé hé hé !)
Il m´empêche littéralement de parler à l´anglais, qui est son opposé et avec qui j´aime beaucoup discuter.
Il sourit tout le temps, ingénieur chimiste, drôle et épanoui, heureux en ménage, et très satisfait du mauvais tour qu´il a joué à ses charmants parents "deeply" antisémites.
L´autre, le rabat-joie, cherche une femme (sans blague), à l´aube de la cinquantaine, est blanc comme un "Kasekuchen", gâteau au fromage préféré de ma maman qui en a fait une cure ici, mais là n´est pas le propos.
Il ne sourit jamais (ça doit être "assoure", interdit), ne parle pas aux femmes et est l´exemple type du con qui ne connaît pas sa religion puisqu´il est écrit noir sur blanc que nous sommes tous égaux devant Dieu.
Mais sait-il lire ?
L´éthiopien me regarde effaré et me dit "Ce qu´il dit n´est écrit nulle part dans la Torah !".
Et lui il sait, car les éthiopiens suivent à la lettre le Livre.
Ce sont les gens les plus adorables que j´ai eu a rencontrer.
Et lui c´est mon meilleur pote dans cette classe.
Avec l´indien de 19 ans avec qui je rigole tout le temps...aux dépens de Manuel.
Il faut bien que je supporte cette cacophonie avec humour (même s´il est féroce), sinon je n´ai plus qu´à pleurer et ça ne vaut vraiment pas le coup !!!!!!

Et puis ça alimente mon blog !







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Miss caustic - in Portrait
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March 27 2009 6 27 /03 /March /2009 11:15


Une amie me confiait il y a deux jours qu´un Monsieur est amoureux d´elle.
Je lui ai évidement demandé si elle aussi et elle m´a répondu, "presque ! "
Tout est une question de rythme en fait.
Vraiment tout.
Sur les routes israéliennes il y a des fous furieux qui font des appels de phares pour qu´on s´envole, qui sont couchés sur leur klaxon, comme si une colonie de femmes enceintes étaient à deux doigts d´accoucher dans leur véhicule.
Mais ces mêmes fous furieux peuvent attendre sans broncher que la dame de la caisse finisse de papoter avec sa collègue, ou que l´étrangère qui est dans mon shirout (taxi commun, dans lequel on peut mettre jusqu´à dix passagers) finisse d´appeler sa copine pour lui demander si c´est bien là qu´elle doit descendre, qu´elle finisse de parler à sa copine, qu´elle donne son téléphone à un passager qui finisse de lui expliquer en hébreu où nous nous trouvons, qu´il rende son téléphone à l´étrangère en lui disant (connement, je l´admet, en anglais, vu qu´elle le comprends apparemment aussi bien que l´hébreu) que oui c´est là qu´elle doit descendre, qu´elle finisse d´entendre sa copine lui dire que oui c´est là qu´elle doit descendre et qu´elle continue à ne pas être sûre que c´est là qu´elle doit descendre.
Pendant tout ce temps là,  les passagers suivent ce feuilleton aussi excitant qu´une quelconque série de troisième zone, et le chauffeur s´est endormi.
Mais prévenant, il a laissé la porte ouverte.
Au cas où c´est bien là qu´elle doit descendre.
Et oui, c´est bien là !

A la gare de Tel Aviv, aux objets oublié, une dame a perdu dans le train allant à Béer Sheva, un pull ou une connerie du genre.
Ce n´est apparement pas la première fois qu´elle prend des nouvelles du-dit pull.
La jeune fille du service "objets perdus et retrouvés de gens qui n´ont rien d´autre à f...que de perdre ou de retrouver des pulls", lui explique patiemment que son pull qui n´est pas à Tel Aviv, doit être à Béer Sheva.
Tu crois dit la dame ? Et si il était quand même ici à Tel Aviv ?
Non lui répond gentiment la sainte de l´autre côté de la vitre, on ne l´a pas apporté ici, sinon je te le donnerais.
  Donc, tu crois qu´il est à BS ?
Je ne sais pas , mais ici, il n´est pas.
Mais il peut être entre BS et Haifa, puisque je l´ai perdu en faisant ce trajet.
(Haifa est tout à fait au nord et BS au sud du pays.)
Ce qui fait au bas mot 17 stations.
Si on calcule la très forte probabilité qu´un brave citoyen se soit soucié de ce pull et l´ai confié à l´un des 17 "bureaux d´objets et de pulls perdus et gracieusement rapportés par d´autres braves citoyens", (qui feraient bien mieux de s´occuper de leurs oignons), on n´est pas sorti de l´auberge.
La malheureuse, qui ne doit avoir qu´un pull dans sa garde robe, insiste en demandant si la sainte en voie de canonisation ne peut pas téléphoner à BS pour être sûre que ce pull est bien là bas car explique-t-elle, j´habite Haifa et si je dois aller à BS je veux être certaine qu´ils l´ont.
Demain j´ai un rendez-vous à Tel Aviv, et je passerai voir si tu sais quelque chose, d´accord ?
D´accord répond la jeune fille dont je vois pousser les ailes dans le dos, je vais me renseigner.
Tu me promets ?
Oui oui, je vais le faire.
Je pense alors que ce sera enfin mon tour, Chéri ayant lui aussi paumé quelque chose d´autrement plus ennuyeux, mais que, nous le constaterons plus tard, personne n´a cru bon de ramener.
Mais non, parce que celle que je prenais pour un ange se transforme tout à coup en sorcière quand elle propose à l´emmerdeuse au pull rouge, qui enfin disait merci et à demain, de lui noter une série de numéro à appeler, avec explications à la clé, au cas où ce ne serait pas elle au guichet quand elle viendra pour son rendez-vous à Tel Aviv...




.




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March 21 2009 7 21 /03 /March /2009 20:27


Chéri est devenu très populaire et tout le monde me demande comment va le fraîchement divorcé.
Il va super bien je dois dire, et étudie avec acharnement tous les jours.
Chéri rentre à la maison avant moi et m´attend.
Je rentre à mon tour et je me mets à faire la popote comme une épouse qu´on n´a pas épousée mais qui est dévouée quand même.
Nous mangeons le délicieux repas que j´ai concocté, car je suis une cuisinière hors pair, (qu´est ce que je me marre), et ensuite Chéri...va s´allonger pour faire une sieste, pendant que moi, je fais la vaisselle.
Vous comprendrez aisément que Chéri est heureux ici.
Quand il émerge trois heures après, j´ai fait tourner une machine, la vaisselle est propre et il est prêt à faire les courses.
Frais et dispos.
Pendant que moi j´accuse le poids de mes 47 ans !
Nous partons donc au super, ce qui est aussi excitant que d´aller à la pêche.
Il y a là-bas un gars qui parle français.
Il est évidement toujours content de nous voir.
A tel point que parfois nous avons du mal à nous en débarrasser d´ailleurs.
Mais, tel "Huggie les bon tuyaux ", il nous déballe toutes les promos du magasin, même celles qui sont secrètes.
Ainsi, ce jour-là, si on achetait un paquet de pistaches, on recevait le deuxième gratuit.
Mais ce n´était pas afficher parce que ça emmerdait le gérant qui ne faisait ainsi pas de bénéfices.
Mais comme il était obligé par je ne sais qui, c´était en promo dans l´ordinateur de la caisse.
Vous me suivez ?
Huggie nous a aussi parlé des bons d´achat.
Si tu achètes pour 700 shekkels de bons tu ne les payes que 630.
Soit un bénéf de 10 %.
Et comme on n´est pas encore millionnaire...
Nous voilà donc à l´accueil, Chéri et moi-même et je dis à la dame que nous voulons acheter des bons.
Pas de problème mais il faut attendre parce que le gérant est occupé sur l´ordinateur.
Je me rends compte qu´on a le temps de se momifier, je laisse donc Chéri et je pars à la boucherie.
Puis aux légumes, aux épices...mais que fait Chéri ?
On me l´a kidnappé pour sûr.
Entre temps j´ai fini les courses et je vois arriver Chéri qui me raconte que la dame lui a posé  mille questions et qu´il n´a rien compris.
Je retourne donc à l´accueil et j´achète  les bons.
Aprèsavoir effectivement répondu à un tas de questions.

Il y a quelques jours j´ai envoyé Chéri TOUT SEUL, non pas dans le grand Nord mais quand même au supermarché, et il a survécu !
A la caisse, la caissière lui a demandé si il voulait payer en plusieurs fois et si il voulait les promos sur son comptoir, comme à chaque fois.
Et Chéri a dit " non merci ", comme à chaque fois.
Tout s´est bien passé jusqu´au moment où elle lui a demandé un truc inhabituel, une nouveauté quoi, une fantaisie et Chéri lui a dit " je ne comprends pas bien l´hébreu ".
Elle s´est retournée vers sa collègue et lui a dit: " Il ne comprend rien celui-là et il dit non à tout ! "
Ce que Chéri a parfaitement compris.
Il a été très vexé et est revenu en me disant " le prochaine fois qu´on y va, tu lui dira que j´ai compris ce qu´elle a dit et que je ne suis pas con !"

"Oui mon Chéri."
"Viens on rentre, tu vas pouvoir te reposer pendant que je te fais un bon dîner ! "





Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé, serait purement ...!

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March 20 2009 6 20 /03 /March /2009 16:21
Je continue à fréquenter le zoo et ses locataires et c´est vraiment chouette.
Le roi lion, Manuel, nous fait toujours rire à son insu et je dois dire que ce phénomène qui s´ignore est unique.
Ainsi il veut tout le temps me faire la conversation.
Pourquoi, je n´en sais rien, mais je fais preuve de savlanout, parce que c´est  ça ou sortir de mes gonds et je crois que le pauvre ne s´en remettrait pas !
Lors du break nous allons Israel, Sasha et moi-même chercher un café près de la station de bus et Manuel nous accompagne.
On pourrait le comparer à un nounours. Un gros nounours habillé tout en noir comme au 19ème siècle, qui vient parfois en jeans, ce qui est parfaitement incongru dans "son état".
Il nous a expliqué pourquoi il porte ce jeans, mais nous essayons encore de comprendre.
Il aime me parler portugais, pour une raison que j´ignore et est très étonné de mon incompréhension.
Il l´est tout autant lorsqu´il décide de me causer en français, car je suis supposée comprendre le français n´est-ce pas ?

Certains se sont plaints que l´une de nos deux profs parlait trop vite, nous avons donc hérité de Youri, un gars qui ne s´en laisse pas compter, et qui ô bonheur, canalise Manuel de voix de maître, ce qui nous fait des vacances.
Chaque fois que l´autre part en c...oude, c´est à dire tout le temps, Youri le stop dans son élan.
Et Manuel, tel un enfant obéissant, baisse la tête et se tait.
Les vacances je vous dis.

Youri exige du duo comique que les ´´che´´ soient  ...eh bien des ´´che´´ et que les ''se'' soient des ''se''.
Tout se complique quand Youri explique à Paul qui ne sait pas dire "chemise"et qui dit "semise" comment prononcer le "che".
"Imagines un serpent Paul", et Paul imagine.
"Il fait chhhhhhhhhhhhhhhh!"
Ah bon moi j´aurais dit que le serpent fait  "sssssssssssssss"!
Non?
Bon Paul arrive à faire le serpent. (D´origine russe je suppose.)
Tout le monde l´encourage.
Voilà qu´il peut le faire mesdames, messieurs !
Et quand c´est son tour de lire...
"Les sarmantes zeunes filles se sampouinent dans la dousse et se satouillent mutuellement ."
Puis quand la couchine brieffée elle aussi par Youri ch´y met à chon tour, che peux vous dire que ch´ai mal au bide tant ch´est drôle.

Il y a deux jours un nouveau est arrivé.
Israel from south London.
Il est ici depuis six ans et est lui-aussi ultra religieux.
J´ai du bol, ils sont tous religieux, à des degrés différents certes, mais tout plus que moi, ça ne fait pas un pli !
Ainsi quand la prof nous demande, le dimanche, avec ses gros sabots, ce que nous avons fait durant le shabbat, tout le monde s´est reposé en famille, la plupart a été à la synagogue et chacun a respecté le fait de ne pas conduire et de ne pas travailler.
Ce qui est la moindre des choses que l´on attend du juif moyen.
(Soupir).
Je ne suis pas une juive moyenne.
Moi je fais la fiesta, je profite de la bagnole des autres et je ne demande qu´une chose, c´est que la semaine recommence.
Alors quand je dois répondre à mon tour...
 
Israel, le nouveau m´a raconté qu´il n´était pas juif  "avant " et qu ´il s´est converti.
Alors ça on peut dire que c´est une conversion à 360 degrés, hein !
Il est devenu "hassid" le mec.
Le costume et tout et tout.
Il me raconte que ses parents étaient très tolérants.
Cool.
Vis à vis des homosexuels, des noirs, des gens pas mariés...
Mais ils haïssaient les juifs.
On a dû rentrer en classe avant que je lui demande ce qu´ils pensent de son costume noir et des ses convictions.
Mais je n´ai pas dit mon dernier mot !



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Miss caustic - in Portrait
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March 9 2009 2 09 /03 /March /2009 23:57
Notre histoire si merveilleusement riche et ancienne, nous est rappelée grâce aux innombrables fêtes qui se succèdent durant l'année.
Il y est tellement souvent question de cette fâcheuse envie de nous exterminer, que ce fait à lui seul explique que nous aimions tant nous plaindre.
Et tout autant nous amuser.
Pourim est la plus joyeuse de nos fête et partout dans le pays, les enfants se déguisent, ainsi que beaucoup d'adultes qui vont travailler costumés en fraise ou en clown.
Les chauffeurs de bus portent un chapeau amusant, et les femmes et les hommes qui en ont envie, une couronne ou une coiffe colorée.
Evidement, on mange des gâteaux spéciaux et des bonbons et on est même encouragés à picoler.
Ouaip !

En résumé et à ma sauce, mes ancêtres, qui vivaient en Perse au 5ème siècle de notre ère et qui ne demandaient rien à personne sinon qu´on leur foute la paix (déjà), se retrouvèrent en danger de mort annoncée, parce qu´un connard du non d´Haman, bourré de complexes (encore un), voulait qu´on lui baise les pieds.
Comme l´un d´entre eux refusa, il suggéra donc à son roi de trucider tous les juifs (logique !) sous un prétexte fallacieux, et le roi, trop occupé à faire la sieste (digèrant ce qu´il venait d´ingurgiter), lui dit la voix pâteuse, de faire ce que bon lui semble.

Le roi, qui était très con, avait épousé un femme superbe, Esther, qui, sur les conseils avisés de son oncle Mordéchai, (celui là même qui avait trop mal au dos pour se prosterner), avait caché à son futur époux qu´elle était juive.
Quand il appris les sombres desseins du salopard, Mordéchai poussa Esther a parler à son mari le roi pour sauver son peuple, ce qui l´obligea à dévoiler sa religion.
Et ainsi à se mettre en danger.
Elle pris rendez-vous avec son époux (ben oui, c´est le roi quand même) pour un lunch le lendemain.
Le roi qui est insomniaque tellement il bouffe, se fait lire les ragots du palais et voilà qu´il se rend compte que Mordechai lui a sauver la vie, déjouant un terrible complot contre lui, et que celui-ci, (Mordechai), ne s´en est même pas vanter !
Le lendemain le roi demande à Haman, qui est son conseiller, comment il peut récompenser un homme épatant de son entourage.
Haman, certain que c´est de lui qu´on parle (rien que ça), l´encourage à faire parader le héros sur le cheval du roi.
Esther embobine le roi avec une danse lascive de son cru et le peuple juif fut sauvé.
Haman finira sur la potence érigée à l´intention de Mordechai et tout est bien qui finit bien...
(Enfin, c´est ce qu´on s´est dit à ce moment là !)










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March 5 2009 5 05 /03 /March /2009 18:21
Et bien je retourne à l'oulpan et, comme me la fait remarquer très judicieusement une amie (qui s'y connait), c'est une formidable expérience anthropologique.
J'ai commencé dimanche un oulpan axé uniquement sur le travail et l'informatique.
Je suis ravie d'en être et je vais tous les jours à Jéru en bus ce qui est tout sauf une partie de plaisir.
Oui je sais je râle tout le temps et je critique tout mais je m'en fous et même je revendique le droit d'être une chieuse.
Je me lève à 6 heures 30 du mat ce qui me convient bien mieux que plus tard (et ces derniers temps je dirais même que c'était beaucoup plus tard), et le premier geste que je fais c'est allumé le "doudou" (un espèce de bidon sur le toit cerné de panneaux solaires sensé me donner de l'eau chaude), dans l'espoir donc d'avoir de l'eau chaude.
Dès qu'il fait beau, point besoin d'allumer le "doudou", l'eau est très chaude, voire bouillante.
Depuis une semaine qu'il pleut comme en Belgique, il fait froid comme en Belgique.
(Manque juste l'accent flamand de la postière, "toi vouloir des timbres ?")
Je prends le bus 110 pour Jérusalem et j'ai à peu près 40 minutes de trajet, jusqu'à l'entrée de la célèbre cité.
Et là c'est pire que les embouteillages du "carrefour des 4 bras" à Bruxelles, sans le flic flamand qui te demande  après avoir chercher un quart d'heure son sifflet, vu qu'il est déjà fortement éméché," Toi vouloir aller où ? Te faut te décider hein !", alors que c'est lui qui est à contresens.
Comme toujours la radio est allumée et j'écoute distraitement les nouvelles en regardant les gens au volant de toute sorte de véhicules.
Une dame qui se brosse les dents, (jamais vu ça avant) une floppée de conducteur au téléphone, ceux qui mangent leur petit déj, (à moins que ce soit déjà le lunch ?) en buvant leur café, soda, gin...
Des femmes qui se coiffent, se maquillent, prennent leur douche...

Soudain j'entends des "ah" et des "oh" effarés, suivis de "tsssssssssssss!"
"Oye oye !"
Et puis les voyageurs échangent leurs impressions avec le chauffeur, rajoutant des détails.
Ma voisine est au bord du malaise.
Une dame âgée aurait eu un accident dans un ascenseur.
Et les détails sont gores à souhait.
Je comprends vaguement qu'elle est en très mauvais état, on parle de morceaux de jambes et de mains.
Je mets encore une demi-heure pour arriver au cours.
Soit avec quinze minutes de retard.

Avec moi il y deux indiens de 19 ans, Paul et (j'ai pas encore compris, cette fille ne parle pas, elle murmure), un éthiopien qui s'appelle Israël, une canadienne dont je n'ai pas non plus retenu le nom, une russe, Catharina (28 ans ?), qui aime bien rigolé, Manuel qui vient d'Argentine, Peter qui a fui l'Iran (on se demande pourquoi), Sasha, un russe qui a vécu toute sa vie en Allemagne et qui a 29 ans, une autre russe avec un prénom en "a" et un couple de russes qui a l'air d'être arrivé tout droit de la Steppe.
Lui Ivan, elle Isabella.
En fait, eux sont venus le premier jour, dimanche, et puis à ma grande joie on ne les a plus revus.
Maintenant que j'ai dit ça on parie que demain...
Pourquoi tant de méchanceté de ma part me demanderiez-vous si vous en aviez l'occasion ?
Et bien vous n'en avez PAS l'occasion.
Je vais vous le dire quand même.
Parce que je suis méchante (si, si) et parce que dans le genre gonflants, ils ont fait vite et fort.

D'abord un petit détail:
En Israël, beaucoup d'intérieur sont froids, pire crus, du moins en hiver.
Il fait souvent meilleur dehors que dedans, ce qui pour un pays où il fait chaud 9 mois par an est plutôt agréable.
Sauf quand il fait froid.
Tout ça pour en arriver au fait que nous suivons les cours emmitouflés comme des nouveaux-nés en Mongolie, (oui, en Mongolie on emmaillotte les bébés complètement, comme des saucisses), et qu'en plus on met en route le chauffage qui n'est pas un vrai chauffage et qui, c'est selon, souffle de l'air froid ou de l'ai chaud, quand ce n'est pas les deux.

Igor, ne comprend même pas quand on lui demande son nom, et pourtant la prof ne lui parle pas flamand.
Sa femme lui traduit donc chaque mot et je me demande si elle va l'accompagner à sa première entrevue d'embauche.
Outre que ça ménerve au plus haut point, elle a joué chaise musicale pendant les 4heures et demi de cours croyant à chaque fois avoir trouvé l'endroit idéalement chaud de la classe, sans se soucier de déranger les autres.

Manuel lui, croit qu'il a un cours particulier.
Non seulement il pose des questions sur tout de sa voix grave, interrompant sans cesse le cours, mais il est tellement absorbé par comment poser encore et encore des questions, qu'il ne suit rien.
Ainsi, le premier jour, Limor, notre prof nous explique les différents mots pour un même métier.
Exemple, le menuisier à appris la menuiserie, l'architecte l'architecture, etc etc...
Déjà, la majorité de la classe met un temps fou à piger, elle explique pendant un demi-heure en rajoutant qu'elle est enseignante et qu'elle a étudier un truc qui se traduirait en français par "éducation".
Manuel gratte comme un fou dans son carnet.
Le lendemain, elle nous rappelle pendant le cours cet épisode.
Je suis enseignante et j'ai étudié l'"éducation"...
Manuel: "Ah oui ?"
Nous nous présentons les uns aux autres et quand c'est mon tour, je dis que je suis arrivée en septembre 2008, que je viens de Belgique, que je vis à Modiin et bla bla bla.
Quand j'ai fini il me regarde et me demande...depuis quand je suis en Israël !
Paul et moi on a eu un de ces fous rires...
On n'arrête pas de se foutre de lui, il ne comprend pas le second degré.
Il est toujours en décalage et c'est énervant au possible.
Aujourd'hui Paul et moi on l'a mis en boîte en disant qu'il arrive tous les jours en retard.
Lui se défend comme un gamin et répond que ce n'est pas tous les jours le cas.
On insiste sur le fait qu'il part avant la fin du cours, et il dit qu'il fait quand même ses devoirs.
Malgré le fait que tout le monde se marre, il ne pige pas.
Ainsi nous lisons un texte avec plein de mots nouveaux, qu'elle nous explique bien sûr, et lui, dix minutes après, demande ce que ça veut dire !
On dirait le professeur Tournesol !
Sauf que c'est un (très) religieux dans son costume très strict ! 
Dans chaque classe il y a celui qui sait tout, celui qui ne sait rien, celui qui croit qu'il sait.
Celui qui n'est jamais à l'heure (moi notament), celui qui doit toujours partir plus tôt, celui qui demande toutes les cinq minutes quand on a le break.
C'était pareil quand j'étudiais en Belgique.
Les deux jeunes indiens parlent d'une façon incompréhensibles.
Paul ne sait pas prononcer les "ch".
A part plein de séances de logopédie, ce garçon qui par ailleurs connaît très bien l'hébreu et l'anglais ne se fera jamais comprendre.
Un jour il m'a traduit un mot hébreu, en anglais.
So.
Je lève les sourcils.
The so.
Je me tourne vers mon voisin.
So !
Non décidément...
Ah ! The show !
C'est très gênant d'autant qu'il y a encore des crétins qui sévertuent à le corriger.
Heureusement ça le fait marrer.
Sa copine, ou sa cousine, je n'en sais rien, elle, ne sait pas prononcer les "s".
On dirait un duo comique.
Lui: "Le semin le plus souette pour aller à seval est par les samps."
Elle: "La choie est bien plus douche chur la peau que le chatin."
Alors lui, en plus, rentre à l'armée dans un mois, et j'espère pour tous qu'il ne deviendra jamais sergent ou pire commandant.
Il y a énormément de mot en "ch" en hébreu !
"Si tu me serses des poux, tu vas devoir soisir une autre unité, après avoir laver les siottes avec tes seveux!"
Et chi cha copine-cougine fais elle auchi son chervice en même temps...
"Che vous préviens que cha va pas che passer comme cha !"





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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
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Gai luronne à ses heures.
Imbue d'elle même et menteuse!
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