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January 19 2009 2 19 /01 /January /2009 17:28
Dans ma classe, il y a un couple de russes soixantenaires, Edgard et Fanya, venus rejoindre leur fille.
Un hollandais, Jan, venus par amour.
Tery et Brian, venus d'Afrique du Sud avec trois enfants dont un bébé de deux ans, et un fils de 14 ans. Une autre sud-africaine, Nicole, tout juste mariée.
Une uruguayenne, Béata,venue rejoindre son fils (qui habite à 3 kilomètres de Gaza, le veinard), et des "touristes", qui vont et qui viennent en classe, et que je ne connais pas.
Au début des 5 mois d'oulpan, les classes sont bondées. Au fur et à mesure des semaines qui s'écoulent, les groupes rétrécissent.
Il y a des gens qui trouvent du travail, dans leur langue maternelle le plus souvent, et qui nous quittent définitivement.
Il y a ceux qui travaillent la nuit, comme ce DJ brésilien qui dormait en classe.
Ils y a ceux qui en ont marre des devoirs.
Il y a ceux qui n'aiment pas se lever tôt, surtout si c'est pour répondre en ânonnant "je suis en retard parce que j'ai raté mon bus".
Il y a des jeunes couples avec des bébés.
Et qui dit bébé, dit absences répétées, pour tout un tas de raisons qui font qu'on est content qu'ils grandissent.
(Même si, masos, parfois on recommence !)

Les plus assidus ne sont pas ceux qu'on croit.
Les personnes âgées ont beaucoup de mérite, car tout, dans l'apprentissage d'une langue et d'une vie nouvelle, demande beaucoup d'énergie et de concentration.
Edgard, de Moscou et et sa femme Fanya, viennent tous les jours.
Fanya est très très studieuse, et elle répond à la place de son mari.
Elle ne lui pardonne aucune faute, et le reprend sans arrêt.
J'ai envie de la bâilloner parfois.
Edgar a beaucoup de mal a suivre et comme il ne parle que le russe, la communication est difficile.
Fanya voudrait tellement parler que quand on nous demande de raconter une anecdote de deux minutes, elle, elle en a pour un quart d'heure.
Quand elle ne répond pas directement à notre place.

Teri et Brian sont noyés dans un verre d'eau.
Leur aîné de 14 ans fait la grève de l'apprentissage, il ne parle pas la langue, se bat avec les autres garçons, et veut rentrer en Afrique du sud.
Le bébé de deux ans prend la nuit pour le jour, et quand ils apparaissent au cours, une fois sur quatre, ils ont l'air de revenir de la 4ème dimension.
Evidement ils ne suivent pas, et en plus, ils sont pendus à leur portable.
Tery a une fabrique de cravates en Afrique du sud, et rien ne va plus depuis qu'elle est partie, son directeur détournant les bons de commande.
Pour pimenter leur morne vie, un taxi a défoncé, hier, leur maison lors d'un accident et des voleurs sont rentrés chez eux.
Sonya, notre professeur se fait une joie de demander à Brian: "Brian, pourquoi Tery n'est pas là ?"
Il commence en anglais..."Non Brian, en hébreu, s'il te plaît !"
Et Bryan commence a transpirer...et il raconte tous ses malheurs dans un hébreu très approximatif, coupé de mots anglais et de mimiques désabusées.

Et puis il y les petits malins, ceux qui évitent de devoir raconter leur vie.
Nous avons dû mimer une scénette où nous devions nous fâcher sur un voisin qui nous a empêché de dormir toute la nuit parce qu'il a fait la fête.
Et expliquer donc, que nous nous sommes plaints auprès de lui.
Et bien Edgard n'en n'a pas démordu.
Lui, la nuit, il dort du sommeil du juste et rien ne peut le réveiller !

A la "hafsaka", (la récré) nous conversons entre nous en hébreu, luttant pour ne pas utiliser l'anglais, les anglophones étant majoritaires.
Certains parlent de leur pays d'origine et d'autres jamais.
Certains ont fait un trait sur le passé et d'autres sont entre-deux.
Les premiers ont bien plus facile.
Comparer ne sert à rien, si ce n'est pour se réjouir du mieux.

Les russes qui commençèrent a déferler en 1990, avaient 200 shekkels en poches, et rien d'autre.
Rien du tout.
Même en insistant sur le rien , on n'imagine pas ce que c'est.
Pour ceux qui avaient de l'argent ou une maison, ou une voiture, "rien" voulut dire, tout laisser à jamais.
Ceux qui m'ont raconté cela ont tout recommencé à zéro.
De rien.
Epatant, non ?

Sonya, mon professeur, est arrivée à 14 ans de l'ex-Union Soviétique.
Avec rien, donc, et elle nous a raconté qu'elle s'est fait traduire tous les cours en russes, et qu'elle a ainsi avalé la matière dans les deux langues.

C'est pour cette raison que je fais mes devoirs, alors que ça me barbe au plus haut point.















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January 16 2009 6 16 /01 /January /2009 11:38
La semaine passée, j'ai invité une partie de mes voisins pour un petit repas "sur le pouce".
Nous sommes huit familles à vivre dans l'immeuble mais je n'ai pas encore rencontré tout le monde.
J'ai donc décidé de convier ceux des voisins et leurs enfants avec qui j'avais déjà eu des contact.
Les femmes ont beaucoup insisté pour que soit simple et que je ne cuisine pas pour un régiment.
Nous avons donc fait des pizzas et acheté des trucs à grignoter.
Tout le monde est arrivé à l'heure, phénomène suffisament exceptionnel pour être souligné, avec...une tonne de plats dans les mains.
Cela a été une soirée vraiment chaleureuse.
La voisine du dessous gauche avait apporté du champagne...russe, et chacune y a été de sa spécialité.
Il y avait des gens originaires de Russie, de Turquie et d'Irak. Une yéménite et nous.
Mon chéri a des origines en Turquie, en Egypte et même une aieule autrichienne. Moi c'est l'Italie et la Pologne.
Ils ont pris des photos.
Ils nous ont demandé d'où on venait, qui ont est, un des petits a voulu savoir si on était marié.
Ici les gens demandent tout ce qu'ils ont envie de savoir, si tu n'es pas marié, pourquoi ? (ça m'arrive tout le temps), et si on répond, à la juive, par une autre question, genre "pourquoi se marier ?" réponse typique: "Parce que c'est quand même mieux !"
"Que fais-tu comme travaille ?"" Gagnes-tu bien ta vie ?"
Si on fait mine de dire que ce ne sont pas leurs oignons, ils répondent... que c'est pour faire la conversation.

Il n'y a pas un jour où je ne me dis pas que j'aime être ici.
J'aime les gens, j'aime l'ambiance très particulière de ce pays, une ambiance de communauté, car même si chacun vit sa vie, nous sommes tous liés.
Parce que bien des choses qui se passent ici ou ailleurs nous concernent tous.

J'aime les paysages, les arbres fruitiers, les fleurs que je ne connais pas, les jardins et les parcs.
Et soudain,des cailloux dans les vallées désertiques qui rappellent sans cesse ce qu'était ce pays, avant que des gens courageux en fasse ce qu'il est devenu.

Ceci dit ils ont encore des efforts à faire, je le concède !
Notamment au niveau du service.
C'est la "cata" !
Je passe des heures à réclamer. Malheureusement je n'ai jamais deux fois la, ou le même interlocuteur.
Je perds mon temps à essayer de résoudre des problèmes de tarifs ou d'abonnement, sans succès.
Les israéliens "pure souche" s'y perdent eux-même.
Tout fonctionne en terme de "promotions", et plus on me fait des offres, plus mes factures augmentent !

Chaque fois que je raccroche le téléphone ou que je quitte un bureau et que je crois qu'"enfin ça y est", il suffit de recevoir la prochaine facture pour que je me rende compte qu'ils n'ont rien compris.
Ou que c'est moi qui n'ai rien compris.
Ou qu'il se foutent de moi.
En tous cas j'épluche toutes mes notes, tickets, courriers, et autres paperasse avec le dictionnaire à côté de moi, et je vérifie tout.
Mais bon, je sais bien que partout il vaut mieux vérifier ce qu'on paye.
C'est juste un peu plus simple quand ce n'est pas en hébreu.
Mais c'est tout aussi exaspérant !

Voilà, une autre semaine se termine, et un autre shabbat commence.




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Miss caustic - in Portrait
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January 14 2009 4 14 /01 /January /2009 15:52
Enfin, des gens se réveillent et réalisent ce qui se passe autour d'eux, près de chez eux !
Et qui sont-ils ces gens ?
Même pas des juifs, et souvent des musulmans !
Effarés par le déchaînement des médias, les dérapages verbaux, et les innombrables crétins qui se retrouvent dans des manifestations de "barbus" , sous prétexte de défendre "une cause" dont il ne savent rien si ce n'est que c'est "de nouveau à cause des juifs" (combien de fois ais-je entendu celà), ils osent prendre la parole et dire la seule chose à dire: "Ouvrez les yeux !"
Accrochés à leurs idées, de gauche, de droite, ou la plus confortable, au centre, l'esprit critique annihilé par les bons sentiments, ne sont-ils pas sympathiques ceux qui encouragent à s'aimer et à faire la paix.
De quoi parlent-ils ? Croient-ils que ce qu'ils ont vus et entendus dans les manifestations ne reflète pas exactement ce que pensent et espèrent les radicaux dans le monde entier, y compris à Gaza ?
Avec comme seul langage, la haine et le déni de l'"autre".
La misère du peuple palestinien ?
Et que fait le peuple palestinien pour lui-même ?
Que ne pourrait-il faire que les israéliens ont fait pour eux-même.
Alors au lieu de pleurnicher, il faut construire.
Et pour cela il faut que le monde étriqué des bien-pensants cesse de cautionner le meurtre et la dictature au nom d'Allah, sous prétexte que les israéliens sont des tortionnaires.
Et que les politiques et leur morale à cinq balles se mèlent de faire tourner leur petite boutique sans se prostituer au nom des élections. (Là je reste polie en plus.)

Aujourd'hui j'ai une pensée pour mon amie Jamila, qui a si peur pour ses fils.
Peur qu'ils se fassent endoctriner à la mosquée, m'a-t-elle dit un jour.
Parce que en préconisant la tolérance aux revendications des extrémistes et en cautionnant cette tendance très en vogue de "ne heurter aucune sensibilité", on enferme Jamila et ses soeurs dans la terreur de perdre leurs enfants à jamais.
Et leur liberté.
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January 10 2009 7 10 /01 /January /2009 19:09
Aucune femme ne résiste à Armand.
Cet homme est délicieux.
Il est très cultivé et sa mémoire de 75 ans est phénoménale.
Il peint, il est musicien et très amateur de jeu d'échec.
Il aime raconter les bons mots de ses petits-enfants et tout l' émerveille.
Il est plein de bon sens et quoiqu'il dise, il le dit avec le sourire.
Il a fui le Maroc pour vivre à Paris puis, lui et sa femme, ont rejoint leurs filles en Isarël.
Ils sont venus prendre le thé aujourd'hui, et il nous a fait tellement rire...
Laurette, sa femme, est fille de rabin, elle lui a donc demandé il y a deux ans, un "petit plaisir".
Faire "vraiment" shabbat et donc aller à la synagogue.
Armand veut toujours faire plaisir à Laurette, et donc, nous raconte-t-il, il est allé prier pendant "des heures", du moins ce fût son impression, et puis quand il a cru que c'était fini, ils l'ont convié à Réfléchir.
Armand appelle ça de la "scolastique".( Et moi, de la masturbation mentale.)
Ils ont réfléchi sur le blé. Si le blé est dans une pièce humide, il risque de fermenter, et si il fermente, il ne sera plus casher !
Armand a bien essayé de réfléchir, "mais après tout", nous a-t-il dit plein de bon sens, "je ne suis pas meunier, et je m'en fous du blé" !

Il nous a également raconté, ravi, que leur examen d'hébreu sera allégé du fait qu'ils sont pensionnés.
La vieillesse a donc du bon, car si Armand prétend qu'il s'en fiche du test, il stresse comme quand il étudiait pour devenir enseignant.

Il a voulu nous faire des tours de magie pour nous remercier de les avoir invité et il a sorti d'un sac en plastique, tout son matériel de magicien.
Son jeu de carte, son tapis, (mais oui) et des pièces de monnaies.
Seulement voilà, bien que s'étant entraîner avant de venir, Armand n'a réussi que le premier tour ... et encore à moitié.

Ahuri il était !
Alors il s'est mis à vérifier son jeu, nous dévoilant par la même occasion toutes les ficelles, et a voulu recommencer, sans succès.
Je lui ai dit que comme magicien il est nul, mais par contre comme clown, il a de l'avenir !

Cette après-midi était tellement agréable, et nous a fait oublir, pour quelques instants, nos angoisse.

Cher Armand !




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Miss caustic - in Portrait
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January 6 2009 3 06 /01 /January /2009 19:16
Malgré toute la bonne volonté du monde, dur dur de garder le moral en ce moment.
J'ai même plutôt des insomnies.
Outre la guerre, de nouveau.
Les morts de part et d'autre, encore.
La déception, toujours. Et la conviction qu'il n'y aura pas de solution, jamais.
Ce qui se passe "ailleurs", en Europe et dans la presse me donne tellement la nausée que j'ai décidé de ne plus rien lire.
Je préfère dormir la nuit que de penser à toutes les ignominies écrites et formulées, non seulement dans les articles mais aussi dans les courriers des lecteurs.
Mais je n'arrête pas une seconde de penser à ce qui se passe à Gaza.
Ni à ceux qui y sont.
Ni à l'immonde propagande antisémite qui sous-entend que la crise actuelle va empirer à cause des juifs.
Toujours eux.
Mais maintenant on dit sionistes.
Relents de déjà vu, de déjà vécu.

Je sais, il y a aussi des journalistes plus modérés, et je les lis aussi.

Aujourd'hui nous avons eu une réunion à l'oulpan pour nous informer des mesures à prendre en "cas d'attaque".
Chaque construction récente, bâtie après la guerre du golf, possède obligatoirement une chambre sécurisée.
On nous a donc expliqué quoi faire si on entend les sirènes.
Courir dans le "mamad", la chambre donc, ou dans les pièces prévues pour, comme dans les lieux publics ou les constructions plus anciennes qui ont des grandes salles sécurisées.
Si on est dans la rue, se coucher par terre. surtout ne pas rester debout.
Et  au cas où, on nous distribuera des masques contre les gaz toxiques.

Des familles accueillent des enfants de villes bombardées et comme toujours la solidarité s'organise.

Je n'ai pas l'intention de me lancer dans un blog polémique, mais je tiens à ce que vous ayiez une petite idée (très petite et très résumée) de ce je ressens, parce que je ne voudrais pas donner l'impression que je m'en fiche ou que ce n'est pas grave.
J'en profite pour remercier les amis qui s'inquiètent pour nous et leur garantir que je ne voudrais être nulle part ailleurs dans le monde aujourd'hui.
Vous ne le comprendrez sans doute pas mais c'est la stricte vérité.

Et la vie continue.
Aussi incroyable que cela puisse paraître.
Car garder le moral et allez de l'avant reste une priorité pour nous tous.

Je vais au cours le matin, et je progresse grandement. Je m'en rends compte parce que je papote avec plein de gens, mes voisines ou des inconnus à l'arrêt du bus, et je mets en pratique le vocabulaire ou la grammaire que j'ai appris dans la semaine.

J'apprends aussi les moeurs au quotidien, et bizarrement c'est plus "difficile" à intégrer.
On n'invite personne à l'avance ici, tout est toujours "à la dernière minute".
Tu rencontres quelqu'un dans l'escalier ? Viens boire un café.
Et si par malheur tu rentres...tu ressors deux heures après, avec un kilo en plus.
On a sorti les amandes, les gâteaux, les fruits secs, le chocolat...
Mon problème, c'est que si je convie ma voisine à l'improviste, je peux tout juste lui offrir un café.
Parce que si je prévois le coup, "au cas où", il suffit que mon amoureux ait repéré avec son incroyable antenne olfactive , l'endroit où j'ai planqué les "au cas où"...c'est foutu pour la voisine !

Je cherche actuellement une cachette sûre.

Ma voisine du premier gauche m'a proposé un barbecue chez la voisine du rez-de-chaussée.
Cela m'inquiète terriblement parce que moi, j'ai une très grande terrasse.
A-t-elle l'intetion d'inviter ses amis chez moi ?
Parce que je suis d'accord de m'adapter, je l'ai déjà dit, mais bon...

J'ai commencé à chercher du boulot, et la voisine a regardé les petites annonces avec moi.
On demande énormément de gardienne d'enfant pour les crèches.
Les gens qui me connaissent savent combien j'aime les enfants !
Les miens essentiellement !
Et d'ailleurs les enfants me le rendent bien, surtout les bébés d'ailleurs.
Il suffit que je leur sourie pour qu'il se mettent à pleurer.
Ben si, c'est vrai.
Je l'ai vécu dernièrement.
Je revenais de Bruxelles et pendant tout le vol une petit machin de quelques mois a pleuré.
Tout le vol.
J'ai eu les pleurs et les coups de pieds.
Mais je n'ai évidement rien dit, je suis trop gentille !
Au moment de débarquer, vous savez le moment où les gens se lèvent pour attendre, pliés en deux, près à démarrer à l'ouverture des portes, en manteau, avec tous les paquets et autres trucs encombrants et autorisés, sans parler du bébé (en option), au moment de débarquer donc, je me retourne car, miracle, le môme s'est tari.
Je lui souris, sincère, et le salopiaux se remet à brailler, comme si j'étais édentée.
Alors garder des gosses, je ne le sens pas trop, surtout si ce sont eux qui me font passer le casting.

On recherche aussi des vendeuses.
Ah ah, là aussi,  ceux qui me connaissent...
J'ai travaillé dans des magasins pendant des années jusqu'à ce que je devienne allergique.
Allergique aux clients je veux dire.
Donc je suis mal barre, comme dirait l'autre.
Ici on est OBLIGE de se jeter sur le client dès qu'on le voit apparaître.
Ma fille m'a dit que les vendeuses ont des formations pour ferrer le poisson et lui faire l'article.
Exemple (véridique) : Bonjour, je peux t'aider ? (classique) Viens, je vais te montrer les promotions ! (Heu, tu me lâches, oui ?) Qu'est-ce que tu cherches (mais rien du tout, merde, j'ai pas un sou, je viens en touriste, voilà), Regarde, ça t'irait bien ! (c'est où la sortie ?).
Sauf, que sachant ce que je sais, connaissant les coulisses de la vente par coeur, les clientes chiantissimes, les patron(nes), chiantississimes, et les consignes drastiques, je dis "non merci" avec un sourire forcé et on fini par me libérer.
Je me souviens d'un moment "shopping" avec mon amie A. qui a onze petits enfants et qui voulait leur acheter des fringues au moment des fêtes.
La vendeuse, une gamine, lui aurait fourgué les boîtes si elle avait pu.
On lui demandait du quatre ans et elle sortait du deux. " ça taille grand ! "
En voilà une qui connait les gosses !
Ces emmerdeurs miniatures qui s'empressent de pousser comme des mauvaises herbes,quand on ne s'y attend pas, ou qui prennent deux pointures à la fois, juste quand on vient d'acheter une nouvelle paire, exhorbitante.
Alors tu penses qu'on va miser sur le bon vouloir du mioche pour ralentir sa croissance.
Chéri, il n'y avait plus ta taille alors, faisons des économies et mets ça le plus longtemps possible !

Enfin, tout ça pour dire que si je dois choisir entre la vente ou les couches...!
Je cherche un boulot de contact en tous cas, c'est le meilleur moyen de progresser.

Voilà ce sera tout pour aujourd'hui !

" L'avenir n'est interdit à personne " .         Léon Gambetta.





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January 5 2009 2 05 /01 /January /2009 14:47
...ce qui m'a pris de commencer un blog maintenant !
Je veux dire en plein merdier .
Et est-ce décent d'ironiser pendant que nos soldats défendent notre droit à vivre et que des gazaouis qui n'ont rien demandé d'autre non plus que de vivre, soient les otages de fous furieux ?

Mais l'une des nombreuses lois de l'intégration, selon moi, c'est de regarder comment les autochtones vivent et réagissent en situation...de guerre en l'occurence.

Les israéliens, bien qu'à fond concernés par la "matsav", la situation...
Je fais une parenthèse ici concernant ce mot très utilisé en toutes circonstance pour résumer une situation, justement.
"A matsav", ça peut être la crise, la guerre ou n'importe quoi d'autre qui sous-entend que ce n'est pas la joie.
Les israéliens donc, bien que pendus à leur radio ou à la télévision, chez eux , dans la rue ou dans le bus, continuent leur quotidien, non pas comme si de rien n'était, mais au contraire conscients de ce que la vie vaut la peine d'être vécue.

Alors je m'intègre en pensant que chaque minute compte.

"Ié tov", "ça va aller" disent-ils.

Bon, s'ils le disent.

Hier je suis sortie de ma ville silencieuse pour aller à Tel Aviv.

Cette ville est tellement le contraire de Modi'in.
Sale, bruyante, polluée, extraordinairement animée, avec des kilomètres de boutiques, de galeries d'art, de musées et de talents, de restaurant et de bar, cette ville ne dort jamais.
Nous nous sommes donc remplis les narines de pots d'échappement, les oreilles de bruit et les yeux de lumières.

Nous somme rentrés par le train de minuit quatre, ayant raté celui de onze heures quatre, de deux minutes.
Je sais, c'est très bête.

A mi-chemin, la voie ferrée surplombe l'autoroute et le train, à ce moment, ralenti.
Logique.
Sauf qu'hier, il s'est arrêté net en plein milieu du pont.
Je trouve ça étrange mais personne (deux égarés comme moi, du moins dans mon compartiment) ne semble s'émouvoir, alors je fais semblant de rien.
Mais je regarde dehors et je me demande ce qui se passerait si je tombais (avec le train) sur l'autouroute.
Resterais-je accrochée aux porte-manteaux (dont personne ne se sert jamais) ?
Qui a eu l'idée saugrenue de mettre des porte-manteaux ?
Parce que si, par miracle, je réchappe de la chute de train de plusieurs dizaine de mètres (kilomètres?), et que je me blesse à cause de ce foutu crochet...
En plus ils auraient pu les faire plus arrondis !

Est-ce que la dame qui me sourit l'air de dire "ié tov", fait semblant aussi ?
Je l'imite bravement.

Le train redémarre en hoquetant et s'arrête quelques mètres plus loin.
Merde.
Pas de message des employés qui arpentent d'habitude les wagons, alors je me remets à gamberger.
Décidément ces crochets...
Et si je me planque sous le siège, ça augmente mes chances qu'on me reconnaisse à l'autopsie ?
On dit que le ridicule n'a jamais tué personne, mais je me résous à attendre, calculant que je n'en ai que pour deux secondes pour me jeter sous le siège. Une pour me lancer et une pour rouler.
Mais je ne suis pas vraiment sportive, et si je me cogne la tête ?
Ce serait la meilleur !
Ah, le train se remet en branle et je remarque très vite que nous sommes dans une ville que je ne situe pas du tout dans mon trajet habituel.
Lod.
Qu'est-ce qu'on fabrique à Lod ?
C'est à une demi-heure de Modi'in !
Voilà, je sais, c'est un détournement !
Au moment où tout s'éclaire dans ma tête, un employé fini de nous compter.
19.
19 crétins qui vont à Modi'in.
Non ça ne vaut pas le coup pour un détournement.
Enfin, on nous annonce...de ne surtout pas sortir à la gare de Lod.
C'est pas que j'en avais spécialement envie de toute façon.

Personne n'a lair de s'inquiéter, ni même de souffler, ni rien.
Chacun vaque à ses occupations. Dormir pour la plupart puisqu'il est déjà minuit cinquante.
Le train redémarre dans l'autre sens et s'arrête quelques mètres plus loin.
On nous demande de tous aller dans le wagon de tête.
C'est que avec toutes ces allées et venues, on ne sait plus où est la tête.
On nous précise donc : le nord.
Ah, je ne suis pas la seule qui n'a pas de boussole sur elle d'où le petit ballet nord-sud qui s'ensuit, et enfin nous nous retrouvons dans le wagon de tête.
On nous annonce que des taxis vont nous amener à destination, c'est à dire à la gare de Modi'in.
Les portes s'ouvrent et on nous fait descendre...sur la voie.
Là un vieux monsieur roupète en demandant pourquoi on ne nous pas fait descendre à la gare mais c'est presque pour la forme.
Nous rejoignons les taxis qui nous attendent et nous demandons naivement au chauffeur s'il va nous ramener à la maison !
Tu parles !
Le gars est payé pour nous déposer à la gare.
Modi'in à deux heures du mat, c'est presque Modi'in à l'heure de pointe .
Ah ah ah, j'exagère un peu évidement et je tiens à préciser que les Modi'inois (nien, nistes ?) adorent leur ville.
Eux.
Voilà, on n'a jamais compris ce qui s'est passé et même si nous sommes dans les journaux, lire en hébreu c'est pas encore le top pour moi.
Ceci dit, c'est la deuxième fois que je suis confrontée à un "problème" avec le train et je salue l'efficacité de la compagnie pour ce qui est de réagir dans des délais plus qu'acceptables.

Voilà l'intégration c'est aussi pratiquer la "savlanout" !!!!! (patience !)

Ce matin j'ai donc brossé mon oulpan (hé hé), vu que mon réveil n'a pas sonné !
Je me suis bien gardée de le régler et demain je raconterai à la mora (la prof), mes péripéties, et combien "ani mitnatselet" (jm'excuse) d'avoir raté le cours.

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January 3 2009 7 03 /01 /January /2009 17:32
...je me résouds à écrire dorénavant dans ce blog, mes aventures et péripéties en Israël.

J'y ai émigré le 1er septembre 2008 et j'ai vécu et continue d'y vivre ce que des millions d'immigrants vivent à travers le monde, même si personnellement c'est avec beaucoup de bonheur !
Je sais que la situation est tendue pour le moment ici, mais aucune guerre n'a jamais empêché une administration de vous casser les pieds et aucun israélien de continuer à vivre.

Je vis dans une ville qui s'appelle Modi'in et je le dis depuis le début, on s'y emmerde ferme.
Pourquoi l'ais-je choisie  ?
Parce qu'il fallait que je me décide tout simplement, car lorsqu'on arrive dans un nouveau pays, et c'est partout pareil, il faut d'abord une adresse.
Lorsque je disais à ceux que ça intéressaient que je n'avais pas décidé du tout ou je logerais, ils ne comprenaient tout simplement pas.
J'avoue que je suis un peu partie à l'aventure même si j'ai décidé de mon départ il y a très longtemps.
Mais comment choisir un lieu de résidence quand on ne connaît que quelques villes et que la famille et les amis prônent chacun pour leur paroisse ?
Pardon synagogue .
J'ai donc jeté mon dévolu sur Modi'in, bâtie il y a douze ans et loin d'être terminée, un peu parce que j'en avais marre de chercher, un peu parce qu'il y a une école d'hébreu ce qui n'est pas le cas partout et un peu parce que Modi'in est une belle ville.
Voilà c'est ça, c'est propre, c'est joli et on entend les oiseaux chanter.
Mais à part les oiseaux, et quelques chiens qui aboient leur ennui...
Bon d'ici dix ans ce sera peut-être plus animé mais moi, je me serai momifiée sur ma belle terrasse de 42m².

En attendant je vais à l'école (presque) tous les matins, et je déteste autant ça aujourd'hui, à 47ans, que quand j'avais l'âge de l'école obligatoire.
Mais ce n'est pas possible de vivre dans un pays sans connaître la langue.
Enfin si, c'est possible mais c'est con.
Il y a tellement de communautés différentes, et elles ont tendance, bien souvent, à rester entre elle.
A s'entraider bien sûr et à conserver leur habitudes, à se rappeler comment c'était "là-bas", bref à entretenir la nostalgie en quelque sorte.
Très peu pour moi la nostalgie ! Je ne pense pas à la Belgique (ben oui, je viens de Bruxelles), si ce n'est à la famille et aux amis, et je ne compare jamais, si ce n'est dans les similitudes que je trouve amusantes.
Ce qui ne m'empêche pas de découvrir ce pays et ses habitants avec beaucoup de causticité (nous y voilà) et d'amusement.

Voilà, je dédie ce blog à tous les voyageurs et aventuriers d'ici et d'ailleurs.





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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
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Gai luronne à ses heures.
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Non, ça ce n'est pas vrai!
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