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February 28 2013 5 28 /02 /February /2013 10:57

come-here.jpg

 

Me voici donc sur place, et je tombe d’emblée sur une petite jeune fille à mèches roses, avec beaucoup de quincaillerie dans la figure.

Elle est visiblement contrariée.

J’ai peut-être interrompu sa pose pétard, ou alors, elle utilise un parfum bizarre.

Je lui expose ma quête.

Il paraît que, si l’on habillait de façon moderne un homme de Néanderthal, il passerait inaperçu dans la foule.

En regardant la façon dont elle me dévisage, je n’en suis pas persuadé.

Visiblement, une chemise hawaïenne ne suffit pas pour faire illusion.

Ou alors, elle est très physionomiste.

Je lui donne des explications plus précises.

Je ne suis pas certain qu’elle trouverait particulièrement bizarre que je lui demande si elle vend des flûtes néolithiques à trois trous en os de renne.

Elle me regarde de façon plus perplexe encore, et vaguement dégoûté (elle n'a pas forcément une vie intérieure mouvementée, mais là, la nausée est proche).

Je lui dirais volontiers que son style façon Pulp Fiction / punkette est encore plus ringuard que le mien (« it’s sooo Nineteeneighties! », comme on dit dans mon pays d’adoption), et que sa mère devait déjà s'habiller comme ça à carnaval.

Mais elle a décidé de passer la main.


Je me retrouve donc avec son collègue, un gentil jeune homme à queue de cheval. Il est serviable et de bonne humeur, mais alors Alon Yavnai, jamais entendu parlé.

Heureusement, il y a Internet.

Malheureusement, l’Internet en hébreu, ce n’est pas mon fort.

Apparemment, pour des raisons plus obscures, le sien non plus.

La recherche s’annonce ardue.

C’est peut-être Yaron Herman ?

Non.

Yoav Levanon ? 

 Non : il pourrait être son petit-fils, et en plus il joue du Chopin, et en plus il joue comme une boîte à musique.

Le gentil jeune homme est un peu embêté, il me dit que souvent, les musiciens israéliens sont plus connus à l’étranger. Mais il me recommande ‘Third World Love’.

C’est enregistré à Brooklyn et importé des USA, mais les musiciens sont israéliens (quod erat demonstrandum). Comme il s’est donné du mal et que je suis un garçon poli, j’achète.

Il y a même un morceau qui s’appelle ‘A night in Zebulon’.

Sachant que jusqu’ici, Zébulon était pour moi la marionnette à moustaches montée sur ressort de ‘Bonne nuit les petits’, l’inénarrable émission pour marmots de la télé française autour de 1965, c’est toujours ça.

Un peu déprimé quand même, j’achète en plus ‘Jimmy Hendrix Live at the Isle of Wight’.

Ce n’est pas vraiment le substitut idéal pour Alon Yavnai, mais c’est en promo.

Pour l’heure, en tout cas, le moment est venu de retourner dans la fournaise - sans Alon Yavnai.

 

Cependant, comme j’ai prévu d’aller à Jérusalem la semaine suivante, presque tous les espoirs restent permis...


 

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February 28 2013 5 28 /02 /February /2013 10:45

Suite des périgrinations de mon ami Philippe, c'est lui qui s'exprime  ... 


Pour vous raconter cette histoire, il me faut un petit préambule.


Il y a quelques années, dans un club de jazz parisien, j’ai eu la chance de découvrir un pianiste extraordinaire, Alon Yavnai.

Je précise que je suis un amateur invétéré de jazz et en particulier de piano.

 

Comme je n’aime ni Keith Jarrett, ni Brad Mehldau ( je l’ai vu une fois en concert et je me suis endormi - au grand déplaisir de mon voisin, car quand je dors assis, je tends à ronfler), je pense qu’Alon Yavnai est le plus grand pianiste de jazz vivant.


À l’occasion d’un séjour impromptu en Israël (voir un autre article sur le blog de Joëlle), j’avais décidé que le moment était venu,

a) de ramener un souvenir plus judicieux qu’un aimant de frigo en forme de dromadaire avec, marqué sur la bosse, « I love Eilat »,

b) de compléter sur place ma collection de CD par un ajout issu de la discographie - assurément pléthorique - d’Alon Yavnai, un enfant du pays d’envergure mondiale, et certainement adulé dans son pays d’origine.

À ce stade, le périple commence...

La première étape débute à Eilat (en fait, j’y suis déjà, je dois être un peu spécial : j'aime bien cet endroit).

Pour ceux d’entre vous, certainement peu nombreux, qui ne connaissent pas Eilat, au moins de réputation, c’est non seulement une fournaise et un sympathique endroit balnéaire complètement surpeuplé avec un aéroport en pleine ville, comme une station de bus, mais aussi (ou, selon les priorités du visiteur, surtout) le paradis des shoppeurs fous : toutes les grandes marques imaginables, tous les magasins ouverts jusqu’à minuit, et tout en hors taxes.

Bref, comme on disait dans ma jeunesse lointaine, le pied géant.

Donc en route pour le Mall HaYam, autoproclamé « the highest grossing mall in Israel ».

Une fois à l’intérieur, on n’en doute plus. Autant y aller franco et sans crainte. Si je ne trouve pas de CD d’Alon Yavnai ici, c’est sans espoir.


Alon-Yavnai.jpg

J’entre donc dans le ‘mall’, et la main crispée sur mes cartes de crédit, je passe devant les vitrines de Gap, Hugo Boss, Gant, RipCurl, Billabong et Timberland, où je résiste à la tentation d’acheter un blouson en cuir doublé en promo d’été à -50 % (très pratique et agréable pour faire une virée dans le Neguev) ; je détourne pudiquement les yeux d’un très beau magasin de bikinis (je suis avec mon amie, qui est horriblement jalouse, et je préfère éviter qu’elle m’accuse d’aimer les mannequins de vitrine à gros seins en bikini) ; j’achète juste un bermuda Quiksilver en super-bargain dont je n’avais aucun besoin, et je m’arrête, légèrement épuisé par ma lutte intérieure contre le mercantilisme, au café du premier étage.


Espresso excellent, jus d’orange délicieux, et brownies très moelleux - à ne pas manquer (c’est la minute TripAdvisor).

Après deux doubles express, je repars ragaillardi pour trouver enfin, tout au fond du centre commercial, sans doute là où le loyer est le moins cher, sous une enseigne orange décorée d’un logo horrible (étant publicitaire, je suis un peu sensible à ça), le 'disquaire' (encore une expression de ma jeunesse).

Alon Yavnai est à portée de main : je touche au but.

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February 27 2013 4 27 /02 /February /2013 08:38

Cette vieille crapule est morte.

 

L'annonce brève a été proclamée partout de la même manière, " Ancien diplomate, déporté et résistant, auteur de "Indignez-vous", vendu à 4 millions d'exemplaires".

 

Magnifique épitaphe pour un vieillard qui doit sa gloire tardive à un titre accrocheur et un battage médiatique euphorique.

 

Ainsi fût-il le chantre (chancre ?) d'une tendance Ô combien à la mode de l'indignation sélective.

 

Tels les nouveaux héros, encensés  pour la forme, peu importe le contenu.

 

Hommages se succéderont sans doute pour ce vieillard champion de l'autosatisfaction, mais incapable de réagir aux critiques, pardon, indigné que l'on ose le critiquer, lui dont les ailes flétries d'ange imaginaire pendouillaient lamentablement sous son costume impeccable.

 

Parfois, j'aime croire qu'il y a un enfer, celui pavé de bonnes intentions, là où se bousculent les faiseurs d'illusions.

 

Un homme indigne s'en est allé.

 

Bon débarras.

 

 

 

 

 

 

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February 21 2013 5 21 /02 /February /2013 08:52

En dépit de tout pronostic alarmiste, et après quelques heures de conduite à travers le Néguev et le long de la Mer Morte, nous sommes arrivés sans encombre à destination.

 

Pour être franc, je ne suis pas vraiment fan de Jérusalem et je ne pense pas à y retourner de si tôt : je n'ai pas ressenti le véritable choc mystique dans la vieille ville (assez peu biblique dans la pratique, puisque la plupart des monuments ont été construits par divers sultans il y a environ 500 ans)

 

Sans compter que mon enthousiasme biblique personnel était limité au départ, j'ai été plutôt perplexe après m'être égaré dans le quartier ultra-orthodoxe.

 

Je ne me suis pas envolé avec l'âme du prophète sur l'Esplanade des mosquées (c'est surtout un bon endroit pour prendre un coup de soleil), et je suis sorti du Saint-Sépulcre après deux minutes, écœuré de voir des femmes 100 % hystériques baiser et frotter avec un petit chiffon huilé la 'Pierre de l'onction', (encore une invention à dormir debout).

 

Il n'y a guère que le Mur des lamentations que j'ai trouvé un bel endroit, émouvant et très digne, bien que j'aie du mal à comprendre pourquoi les femmes – cinq fois plus nombreuses que les hommes, soit dit en passant – ne puissent prier que dans un tout petit enclos séparé.

 

Mais bon, je suis sans doute féministe.

 

En revanche, ce qui est vraiment étonnant, voire étrange, outre le fait d'avoir mangé deux des quatre meilleures pizzas de ma vie (en matière de pizza, je tiens des statistiques précises), c'est de m'être senti pas dépaysé du tout et presque comme chez moi.

 

Cela devrait valoir dans l'autre sens aussi : comme j'ai très rapidement appris (je suis très bon pour ce genre de choses) à dire 'Shalom' et 'Toda' avec l'inflexion et la nonchalance voulues, on me parlait en hébreu, et on m'a plusieurs fois demandé si j'étais juif, notamment les serveuses, certaines plutôt mignonnes, dans les restaurants. 

 

Même mon nom de famille, avec son orthographe allemande un peu bizarre, (n.b Philippe est alsacien) passait très bien - alors qu'il consterne de façon plus ou moins visible la plupart des gens en France.

 

J'ai d'ailleurs une jolie carte de fidélité d'une boutique de fringues avec mon nom écrit en hébreu, sans que j'ai eu besoin de le répéter plusieurs fois…

 

Pour finir, lorsque nous sommes repartis, au poste de contrôle en descendant vers la Mer Morte, alors que la plupart des gens se faisaient contrôler, j'ai adressé mon plus beau 'Shalom' à une jeune femme en treillis armée d'un pistolet mitrailleur et d'un grand sourire, et nous sommes passés comme une fleur…

 

Tout cela, comme tu l'imagines, m'a donné envie de revenir sans trop tarder.

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February 19 2013 3 19 /02 /February /2013 09:04

Philippe est un garçon que j'ai connu en vacances, il y a 36 ans.

 

Outre ses nombreuses qualités, il écrit divinement.

 

Il pourrait consacrer une page entière aux hémorroïdes, que ce serait délicieusement drôle et poétique.

 

Il m'a beaucoup parlé de son envie de venir en Israël et puis ...

 

Voici un extrait du courriel que j'ai reçu de sa part et que je partage avec vous, et avec sa permission.

 

 

Mon amie de cœur avait repéré une offre de vacances irrésistible en juillet : 15 jours all-inclusive au Hilton en Égypte, dans le Sinaï, pour 990 euros, voyage compris.

 

Je suis 97 % anti voyage organisé (ce qu'un ami à moi appelait 'la transhumance des porcs suants') et anti all-inclusive (c'est à dire pouvoir boire et manger à volonté des choses qu'on n'aurait aucune envie de boire ou de manger en temps normal), mais disons que les 3 % restants l'ont, dans un premier temps, emporté...

 

 

Vérification faite, c'était à Taba, à 10 km à vol d'oiseau d'Eilat. Ce Hilton a d'ailleurs été construit par les Israéliens à l'époque de l'occupation du Sinaï.

 

Il est aussi célèbre pour un attentat dévastateur dont il a fait l'objet en 2004 (ça, je l'ai su par la suite, ce n'est pas sur le site Hilton ‘Where the world gathers' et autres accroches vaseuses).

 

Bref, en avant pour Taba.

 

 

Sur place, un ruban de galets minuscule, un beau récif avec de fort jolis et frétillants poissons, beaucoup de chaises longues avec des matrones ukrainiennes ni jolies ni frétillantes (encore moins après avoir bafré comme des ogresses au buffet), un vieux bédouin à l'air résigné et au regard vacant avec son dromadaire vaguement galeux muni d'un réceptacle à crottin sous la queue (for the picture, effet semi-garanti au retour à Odessa ou à Lugansk, surtout avec le restaurant thématisé 'Taj Mahal' en arrière-plan).

 

Un hôtel de 14 étages, un grand bar (sympa, mais il faut aimer le gin égyptien) et un très grand restaurant (nul, à part les potées végétariennes de lentilles aux épinards, mais sur 15 jours, on s'en lasse un peu). 

 


En prime, aucune excursion possible en Égypte hors du Sinaï (merci les Frères musulmans) et tout déplacement en solo déconseillé dans le Sinaï (sauf à vouloir faire à terme une vidéo larmoyante sur le storyboard d'un bédouin excité).

 


Et à 500 m, une frontière soit-disant fermée, ou « vous pouvez sortir mais plus rentrer à cause du tampon israélien », « on ne peut y aller qu'en voyage organisé », ou encore, « il fallait demander un visa avant de partir ».

 

Autant dire, après 48 h, mes 97 % bouillonnants avaient repris le dessus...

 

Un beau matin, j'ai donc décidé que munis de nos passeports et d'eau minérale (pour le cas où nous serions retenus dans un no man's land incertain par d'impénétrables fonctionnaires en uniforme) nous partirions à l'assaut de cette terrible frontière...

 

35 min et une série de tampons plus tard, nous étions dans le taxi de Charlie (anywhere, anytime, just call me) qui nous a conduit en 10 min, queue de cheval au vent (no need for aircon, it's only 40 °C today), jusqu'au centre d'Eilat.

Nous y sommes retournés quatre fois…

Au point que cela faisait marrer les préposés israéliens qui avaient pris l'habitude de nous voir.

En soi, Eilat, ce n'est pas très beau, mais c'est le paradis des shoppeurs fous, c'est gai, c'est animé, les gens sont gentils, la limonade est bonne et le café aussi (sans oublier l'excellente bière Bazelet brassée sur le plateau du Golan), et en plus, on n'est pas abonné à la potée aux lentilles.

 Après deux incursions à Eilat, j'ai tout simplement décidé que nous irions à Jérusalem par nos propres moyens, j'ai acheté une carte routière, loué une voiture, et en route.

A suivre ...
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February 18 2013 2 18 /02 /February /2013 07:44

A l'oulpan, une des choses primordiales à nos yeux, qui doit nous être inculquée, c'est comment s'exprimer dans le quotidien.

 

Nous avons donc appris comment prendre un rendez-vous chez le médecin, par exemple.

On téléphone, la secrétaire répond, et on prend rendez-vous.

 

On apprend à dire en hébreu, "Bonjour Madame, je voudrais s'il vous plaît un rendez-vous avec le docteur Chochem."

La secrétaire va vous demander ce que vous avez et vous aurez appris à dire que vous avez des nausées, un rhume ou mal au ventre.

 

Elle vous donnera donc un rendez-vous et vous n'aurez plus qu'à mettre en pratique la suite du cours.

Arriver chez le docteur, regarder autour de vous et demander qui est le dernier dans la file ...

 

En pratique ...

 

Outre les innombrables cabinets où la secrétaire est un répondeur, les médecins pour lesquels un rendez-vous se prend uniquement sur le site de votre caisse maladie, en hébreu cela va de soi, et ceux qui n'ont de disponibilité que dans 6 mois, il y a des médecins de famille comme le mien, qui ont une secrétaire acariâtre, venue du froid, forcément, et qui, au lieu de respirer comme tout le monde, soupire exaspérée.

 

Tu téléphones le matin, et après avoir dit bonjour, tu demandes si le docteur prend sans rendez-vous aujourd'hui.

 

Et là, soudain, des aboiements.

 

"C'est pour quoi ? C'est urgent ?"

"Oui, assez ..."

"Alors pourquoi tu appelles maintenant, et n'es-tu pas venue à 7h30 ce matin ?"

'Heu..."

"Si c'est urgent, viens tout de suite !"

"Le docteur reçoit jusqu'à quelle heure ?

" Tu ne vas quand même pas venir à 14 h hein !?"

 

Bon, moi je suis en pyjama, le temps de me doucher, d'attendre 20 min le bus et d'arriver ...

 

Je rentre dans la salle d'attente, alors que la secrétaire est en train de copieusement engueuler une patiente au téléphone, en lui disant qu'elle ne lui donnera rien de ce qu'elle demande, car si le docteur ne l'a pas fait, c'est qu'elle n'en a pas besoin.

 

Elle raccroche excédée, et me demande ce que je veux.

Je lui répond que c'est moi qui ai appelé tout à l'heure et elle me coupe net, "C'est à cette heure-ci que tu arrives ?"

 

Déjà, après lui avoir parlé au téléphone, j'ai commencé à sentir un je ne sais quoi ressemblant fort à de l'animosité.

 

Là tout à coup cette sensation refait son apparition, mais je raisonne intérieurement.

"Miss, tu le veux ce rendez-vous ? Respire ...!"

 

"Assied-toi, ordonne-t-elle, je vais voir si le docteur peut te recevoir."

 

Deux filles attendent dans la pièce et me regarde terrorisées, alors que je leur lance un regard genre, "Pffff, quelle despote celle-là", ce qui me vaut un sourire entendu de l'une d'elle.

 

J'attends en lisant mon bouquin.

 

Pendant toute la durée de mon attente, elle va s'exciter sur tous ses interlocuteurs avec la même véhémence.

 

"Pourquoi tu as été aux urgences au lieu de venir ici ?"

"C'est urgent ?"

"Cela ne peut pas attendre demain ? "

"Je t'ai déjà dit que tu dois faire l'analyse d'abord, combien de fois il faut le répéter ?"

"Ah, non, je suis assez débordée comme ça,je ne pourrai pas le faire aujourd'hui !"

 

Tout ça ponctué de "Pfffff, c'est pas possible."

 

 

secretaire

 

 

Il faut savoir qu'en Israël, contrairement à la Belgique, pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, on est obligé de voir d'abord un généraliste.

Ce dont on se passerait volontiers, vu la mollesse et le peu de motivation de nombre d'entre eux.

 

10 min plus tard, le Chochem, sort de son cabinet en disant bonjour à l'assemblée, entre-temps un père et son fils se sont rajoutés, et la secrétaire lui parle de moi, l'incruste.

 

Le gars me dit que non, il ne prend personne, fallait venir entre 7h30 et 9 heures.

 

Et puis devant tout le monde il me demande pourquoi je suis là.

 

Mon self-control, qui n'est pas au top, commence à se fissurer, et je lui dit que j'ai des problèmes d'estomac.

( Et pas un furoncle là où je m'assieds, D' merci ! )

 

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 J'ajoute que je travaille à Tel Aviv et que ce n'est pas évident pour moi de trouver un moment pour venir ...

 

Et là, il me sort : "Désolé, on a pas un gps pour te localiser et savoir que tu travailles à Tel Aviv!"

 

Fin de toute philosophie zen, compréhension placide et autre sagesse à deux balles.

 

Je me suis levée d'un bond et lui ai lancé à la figure, "Je vois, il faut être malade aux bonnes heures !"

 

Et je suis partie en claquant la porte et en criant que j'allais changer de médecin.

 

Je ne sais pas ce qui m'a chauffée le plus, cette matrone qui n'a rien pour faire fantasmer qui que soit, à part peut-être cette accent qui fait penser au couinement d'une souris coincée entre deux cultures, et qui décidément aurait dû rentrer dans la police, ou le fait que l'on me demande d'étaler mes problèmes de reflux devant un auditoire fasciné.

 

Toujours est-il que je suis dehors fulminant, quand mon téléphone sonne.

 

C'est le toubib qui me dit que ça le peine que je sois sortie comme ça, si mécontente.

Il me demande de revenir.

Eh, bien, je l'avoue j'en suis restée pantoise.

 

Et même, j'ai eu un peu honte.

Un peu.

 

N'empêche, j'y suis retournée et je me suis excusée, en lui précisant quand même que sa secrétaire est infecte.

"C'est bon à savoir",  qu'il m'a dit.

 

(Quoi depuis le temps qu'elle est là, je suis la première à le lui faire remarquer ?)

 

J'ai eu droit à une consultation digne de ce nom, et, en sortant, à ce qui doit correspondre à un sourire de la virago.

 

salle-d--attente--

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February 7 2013 5 07 /02 /February /2013 09:49

 

temps

Dali.

 

 

Quand tes enfants sont loin, tu bénis cette ère si créative qui a tant vu la communication évoluer.

 

Tellement de moyens sont mis à notre disposition aujourd'hui pour échanger, communiquer, partager.

 

Oui mais voilà ...

 

Quand tu demandes, par chat, à ton fils, cet être merveilleusement réussi à qui tu as donné la vie, il y a 25 ans, et que tu aimes de tout ton coeur de mère éloignée, comment il va, le lundi.

Et qu'il te répond que tout baigne, le jeudi ...

 

Tu as eu le temps de passer 3 nuits blanches à angoisser, rationaliser, expirer, inspirer,  et le traiter de tous les noms d'oiseaux que tu connais.

Et tu en connais !

 

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"Pourvu que tout aille bien. Je le saurais si ça n'allait pas. Son père m'aurait appelée. Non, ils veulent me ménager. M'enfin, il est juste débordé de boulot, tu le sais quand même. Il est crevé en plus. Oui mais juste un petit "ça va" vite fait, c'est pas grand chose. Ah mais il me fait ch... celui-là merde !"

 

Le jeudi donc, plus riche en cheveux gris, tu poursuis la conversation ... "Quoi de neuf ?"

 

En espérant que jeudi flirtant avec le week end, il trouvera le temps de me tenir au courant des 3-4-5 dernières semaines (années?) .

 

"Je t'ai dit que ...?"

"Je ne t'ai pas dit que ...? "

 "Nan ?"

"Tiens pourtant j'étais sûr que je te l'avais dit !"

 

Et la phrase qui t'achève, "J'ai du le dire à quelqu'un d'autre."

 

Ou alors le message qui tue.

"Maman, tu sais pas ce qui m'est arrivé ?"

Moi, "Non, quoi?"

 

C'était il y a un mois.

Depuis, lui-même ne sait plus.

 

A ce stade, je ne suis pas loin du reniement, mais il suffit que je l'entende, ou mieux, que je le voie, pour que j'oublie toute récrimination.

 

Ma fils !

 

Et la vie, ou plutôt une énorme envie, m'a donné une fille aussi.

 

Parfaite, cela va sans dire.

Mon autre cadeau.

 

Pourtant.

 

"Je te parle dans 5 minutes."

 

Suivi de, 3 heures après, "Je ne suis toujours pas rentrée, sorry."

 

Quand elle ne me propose pas de me raconter plein de choses dingues, à minuit passé chez moi, alors qu'il y a 2 heures de moins chez elle. ( Ah oui, c'est vraiiiiii.....)

 

Ou, "Maman, je me sens pas bien ..."

 

Et puis plus rien.

 

Au moment où bbm ne passe plus, la connection skype fait des siennes, et quand elle n'est pas chez elle.

 

Ma fille, comme beaucoup de filles, maîtrise mieux le temps.

"Maman, ça fait presque une semaine qu'on ne s'est pas parlé !..."

 

Avec elle on chatte tous les jours et on rit tous les jours aussi.

 

Sauf quand elle m'écrit, "Maman, je dois te raconter un truc incroyable !"

Moi, "Ah oui ?"

"Oui, mais pas maintenant."

 

Et quand je veux l'appeler sur le fixe de la maison, elle n'a pas envie, parce qu'elle est loin du téléphone. (Sic).

 

Comprenez, "Je ne pourrai pas te parler tout en répondant aux chats, en lisant mes derniers messages, et en likant sur fb."

 

Parce que pour une fois qu'elle est dispo, je n'ai pas l'exclusivité.

 

D'ailleurs elle doit me laisser, parce que son père la réclame.

 

Mon fils, ce serait plutôt une blagounette que je lui envoie mardi (on ne sait jamais) et qui me répond samedi, "Ah ah ah!"

 

Je ne parle pas, ben si tiens, j'en parle, des sms reçus à 4 heures du mat.

Tu te réveilles en sursaut, touchant presque le plafond, ton coeur ne bat plus.

 

Pour déchiffrer, (où sont tes foutus lunettes?) "Maman je t'aime".

 

Et Chéri qui marmonne dans son sommeil "C'est qui ? Il est quelle heure ? " avant de replonger dans ses ronflement de grizzly.

 

Moi aussi mes chéris, je vous aime.

Moi aussi.

 

Et les parents, c'est mieux peut-être ?

Non.

 

Je dois faire des calculs savants avant d'appeler.

 

Maman est au bridge, c'est mardi.

 

Papa vient de sortir.

 

Ah ben non, le bridge ce n'est plus le mardi.

 

Papa vient de rentrer.

 

Ils vont commencer à cuisiner, manger, digérer.

 

Parfois ma mère ne m'entend plus, alors elle hurle dans le téléphone "Allo ? Allo ? Alloooooooo? "

 

Sauf que moi je l'entends toujours.

 

Mais si je ne donne pas de nouvelles quelques jours, tout le monde s'inquiète.

 

Alors j'envois des photos par mail que personne ne voit jamais, parce que, au choix, "Je ne vais jamais sur cette adresse mail, Jai plus été voir mes mails depuis 100 ans. J'ai pourtant lu mes mails. Non, j'ai rien reçu."

 

Ou, j'adore celle-là, "Tu ne m'as rien envoyé."

 

C'est assurément pour toutes ces raisons, que nous avons tant de choses à nous dire et que chaque moment passé avec les uns et les autres a autant de saveur.

 

la_foule_1998-O.-Suire-Verley.jpg

La foule. O. Suire-Verley.

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January 31 2013 5 31 /01 /January /2013 08:22

Nous sommes passées aux soldes, Janvier oblige.

 

Et avec les soldes, viennent les questions idiotes, les reflexions stupides, et les bonnes femmes exaspérantes.

 

Oui, toutes les vendeuses du monde pensent comme moi, et ça nous fait beaucoup marrer.

 

Après, parce que pendant ...

 

Une russe entre et laisse sa mère en chaise dehors.

Je lui dit qu'il y a 50 % sur tout.

Elle sort pour le dire à sa mère.

 

Elle revient et dégotte une veste.

"C'est combien ?"

Moi, "Le prix -50 %."

Elle montre à la vieille dame et lui dit le prix.

 

Elle choisit un pantalon.

C'est combien ?

Moi, "La moitié du prix qui est sur l'étiquette."

 

Elle a fait ça avec toutes les pièces du magasin.

Elle n'a rien acheté.

 

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Il y a celles qui ne savent pas combien c'est 50% d'un prix.

 

Celle qui te demande de lui montrer ce que tu as de joli.

 

Celle qui te sort un cardigan col rond avec des étoiles et qui te dit que c'est exactement ce qu'elle cherche.

Sans les étoiles.

Et elle préfère les cols V.

Et les boutons, c'est pas trop son truc.

 

Mais il lui plaît quand même, ce cardigan.

C'est pour ça qu'elle ne l'achètera pas, d'ailleurs.

 

Une fille entre avec sa copine et lui montre tout ce qu'elle a acheté chez nous.

Ce qu'elle ne trouve pas, elle me le réclame.

Quand je lui dit qu'il n'y a plus, elle le décrit à sa copine.

 

Ou celle qui veut un truc que tu n'as plus et qui te répond "Tu es sûre ? "

 

Il y a 10 personnes dans le magasin qui fait 25 m2, et une dame entre avec son bébé dans les bras.

Derrière suit la grand-mère ... avec la poussette.

Je lui fait remarquer que si la poussette est vide, ce serait sympa de rester dehors.

 

"Mais, me répond la fille, mon sac est dans la poussette !"

 

 

humour-shopping.jpg

 

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Miss caustic - in Portrait
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January 29 2013 3 29 /01 /January /2013 15:58

On a beau avoir tout changé dans nos vies, et je parle pour nous les olims, il y a une chose qu'on a du mal à lâcher, c'est la télé et la radio en français.

 

Pas parce que c'est mieux, c'est même affligeant pour tout dire, mais voilà c'est comme un besoin inexplicable.

 

Bien évidement, on doit se farcir la pub, sans aucun intérêt comme d'habitude, si ce n'est pour comprendre qu'acheter une voiture ici coûte, seulement, deux fois plus cher qu'en Europe.

 

Parmi les produits récurrents, les médicaments contre la constipation, c'est fou ce que ça a l'air d'être un marché porteur, et les maux de tête.

 

Pas mal non plus, la retraite et les sites de rencontre.

 

(Pub perso, inscrivez-vous à la newsletter, ça me ferait plaisir, et vous, vous serez automatiquement prévenu d'un nouveau billet. En face, à droite. Voilà.)

 

Longtemps, le point souligné pour accrocher les célibataires c'était l'amour.

 

Les acteurs étaient jeunes, beaux selon les archétypes imposés par la mode, avaient de la thune, et étaient minces, forcément minces, et lisses, forcément lisses.

 

(A se demander pourquoi ils avaient besoin d'un site de rencontre.)

 

On invoqua alors le fait que ces "perfect people", n'avaient pas le temps de chercher.

 

Trop "busy", trop "overbookés", il fallait qu'on cherche pour eux.

 

Mais qui a envie d'un mec ou d'une nana hyper actif dans sa vie ?

 

La mode est passée, les hyper se sont essoufflés et le problème a enflé.

 

Les sites se multiplient, monotones et peu alléchants, avec un ovni, le site http://www.adopteunmec.com qui fait dans l'humour et la dérision.

 

 


 

 

Le sommet revient quand même à un site que je n'ai même pas envie de promouvoir et dont le slogan est,  "Pour les célibataires exigeants "...

 

J'adore.

 

Une fille avoue même, simulant la honte, qu'elle n'a pas toujours été exigeante, mais que maintenant, elle sait qu'il faut l'être.

 

Wouah !

 

C'est comme ce médicament anti-mal de gorge : "Quand on a mal à la gorge au mauvais moment..."

 

Si, si, c'est le slogan percutant de cette pilule, ou comment on découvre qu'il y a un moment propice pour avoir mal à la gorge.

 

Si vous faites la synthèse sociologique de 10 minutes de pub consternantes, vous chercherez un conjoint dont vous espérez qu'il ne sera pas constipé, à qui vous piquerez le dernier Kinder Bueno, même si le dit conjoint à justement et de manière inopportune mal à la gorge, et pour vous faire pardonner, vous l'emmènerez faire la fête dans un ascenseur bondé parce que vous avez sur vous, mesdames une protection Nana, et que par conséquent vous êtes parée.

(A quoi, j'ai pas compris.)

 

Tout ça , heureux et béats parce que vous avez souscrit à un plan retraite en béton.

 

 

 

 

 

 

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January 28 2013 2 28 /01 /January /2013 08:00

yad-vashem.jpg

 

Hier dimanche, était commémorée la Shoah.

 

"La solution finale à la question juive", autrement dit l'éradication d'un peuple, organisée et méthodique, au vu et au su du monde entier.

 

J'ai lu que 40 % des allemands voudraient qu'on passe à autre chose, et je mettrais ma main à couper que bien d'autres qui n'ont rien à voir avec eux voudraient aussi qu'on oublie, qu'on aille "de l'avant", que l'on cesse de ressasser.

 

C'est faire bien peu de cas des 6 millions de juifs morts, des gitans, des homosexuels, des handicapés, de tous ceux qui, considérés comme des "unter menshen", ont été affamés, torturés, gazés.

 

Se souvenir et rappeler cette folie meurtrière, les morts, mais aussi ceux qui ont eu la force de vivre, d'aimer encore et d'exister.

 

Se souvenir du passé pour mieux concevoir l'avenir.

 

 

yad_vashem_bronze_0179.jpg

 

Yad vashem.

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