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May 16 2011 2 16 /05 /May /2011 09:25

 

Israel63WebButton.jpg

 

Le jour de Yom haatsmaout, nous avons été invité chez nos amis de Modiin... pour un barbecue, évidement.

Tout le pays était sur les routes du nord ou du sud, et les forêts grouillaient de famille venues faire griller toutes sortes de bonnes choses.

Chéri avait vérifié qu'il y avait bien des bus et des trains ce jour là et quelque soit l'option que nous choisirions, nous mettrions un petit quatre heure aller-retour.

Mais voilà, en amitié, on ne compte pas, et le matin de ce beau jour de célébration des 63 ans du pays, nous attendons le bus.

Soit celui qui nous mènera à la gare, soit celui qui nous mènera à Tel Aviv.

Au bout d'une heure...oui, une heure, nous nous rendons compte qu'il y a un problème.

Nous ne sommes pas les seuls cons qui attendons, et tels les moutons de Panurge, nous nous disons que si d'autres attendent, c'est qu'il y a des bus.

J'appelle mon amie, qui appelle à son tour la compagnie, qui déclare que non, point de bus aujourd'hui.

 

Ironique non ? Je veux dire, que niveau indépendance, c'est pas vraiment ça, quand on est à pied !

 

Bref notre copain vient nous chercher, et nous arrivons à modiin.

 

Modiin.

Chaque fois que je reviens à Modiin, et c'est plus que rare, je me dis 'Quelle chance de ne plus y vivre !"

Quoi de neuf à Modiin ? Ils construisent comme des malades et les gens achètent comme des ....

 

Nous avons passé un après-midi merveilleux dans le jardin de nos ex-voisins, avec leurs amis et nous avons trinqué à notre indépendance et à la paix.

 

Oui, étrange comme ce pays ressemble peu à la définition qu'en donnent ceux qui se prétendent des professionnels. 

 

Ceux qui ne savent pas par exemple que les musulmans rafolent ...des matsots !

Matsots, qui, je vous le rappelle, sont faites à base du sang des "pôvrespetitspalestiniens".

 

Moi-même je n'en avais aucune idée, jusqu'à ce que je vois des musulmanes revenir de leur courses avec de grandes boîtes.

 

Ceux qui ne savent pas non plus que lors de toutes les fêtes joyeuses qui commémorent notre passé, donnant l'occasion aux enfants de s'amuser en regardant une pièce de théâtre en plein air, ou se défoulant à la pêche aux canards, les petits musulmans ne sont pas les derniers à s'amuser et à participer.

 

Ah, l'apartheid vu d'ici, c'est sympa quand même.

 

 

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May 5 2011 5 05 /05 /May /2011 13:20

 

 

Je déteste les vendredis matin, quand je dois bosser.

 

Vendredi dernier, monde fou, pile de vêtements qui grandi à vue d'oeil, file devant les cabines, Liora, que j'ai rebaptisée "Dead Fish", référence à son regard vitreux de poisson mort, est rivée à la caisse, comme d'hab.

Elle est toute rouge, sous les spots ultras chauffants placés ingénieusement au-dessus du comptoir.

 

Elle se noie dans ses explications aux clientes impatientes qui la harcèlent.

"Quoi ? Pourquoi je n'ai que 25% de remise et pas 40 ?"

"Si je prends deux pièces, j'ai quoi comme remise ?"

"Et si je prends ça, en plus de la remise, j'ai ma réduction de 100 shekkels ? Et c'est mon anniversaire aussi !"

 

Maîtresse Avital et Sunshine rivalisent entre elles.

Sunshine essaye d'imiter Avital dans ses "Mami" et autres " Hamoudah".

 

Nous faisons des kilomètres et déplions, replions, déplions, replions, ...

 

Je m'occupe d'une russe qui essaye tout le magasin devant son mari, assis sur une chaise à côté des cabines.

Ils viennent toujours à deux et restent en moyenne une heure.

 

Il lui donne son avis pendant qu'elle défile.

Il me dit que chaque fois, il jure que ce sera la dernière fois, mais chaque fois il revient avec elle.

"Non, on voit ton ventre."

Il me regarde.

"J'en ai marre, je veux rentrer chez moi. Ah non, pas cette couleur !"

 

Et puis il fait des commentaires aux autres clientes qui se regardent devant le miroir.

"La robe précédente t'allais mieux !"

"Tu devais prendre une taille en plus !"

 

Soudain, il m'appelle.

"Tu devrais dire à cette dame qu'elle doit prendre une taille 3. Elle essaye tout en taille 2 et elle est boudinée."

 

Bien vu l'ami.

 

Là, je lui explique qu'il y a belle lurette que je n'essaye plus de comprendre les goûts des clientes.

Certaines aiment être emballée comme dans un préservatif, et d'autres veulent flotter dans leurs vêtements.

 

"Pfffff, elles n'ont aucun goût ici, me dit-il."

 

silhouette a habiller

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May 3 2011 3 03 /05 /May /2011 10:08

Et les filles sont en fleurs.

Mes copines célibataires repartent à la chasse aux oeufs.

(Je sais c'est vulgaire, mais c'était trop tentant.)

 

Chasse-aux-oeufs.jpg

 

Bref, elles surfent sur les vagues de l'espoir amoureux, et si ça ne donne pas de résultats probants jusqu'ici, ces aventures non consommées pour la plupart, nous donnent des soirées hilarantes.

 

D'ailleurs je vais, avec leur concours actif, rapporter ici, et dans les prochains jours, ce qui leur arrive.

Ou plutôt ce qui ne leur arrive pas.

Parce que voilà, d'après elles, on vit dans un monde de tordus, où les plus tordus ce sont eux, les hommes.

Ce qui fait dire aux hommes, que les chieuses c'est nous.

 

Parce que les hommes aussi ont leurs problèmes.

Eux aussi ils veulent des enfants.

Eux aussi veulent l'Amour.

Eux aussi veulent pouvoir compter sur quelqu'un.

Eux aussi veulent ... qu'on leur fiche la paix, parce qu'ils ont déjà donné, qu'ils ne projettent pas dans l'avenir et que, d'abord, " Comment tu es physiquement ?"

 

Si.

 

Demandez à mon amie I.

Après avoir chatté et papoté avec un soupirant potentiel, il lui a demandé, avant d'aller plus loin, "Comment tu es physiquement ?"

Et elle, prise au dépourvu, a répondu, "Normale !"

Lui, comprenant qu'elle n'a pas compris, lui spécifie qu'il n'aime pas les grosses !

Quelle élégance, n'est-ce pas ?

 

Heureusement, I. a ses conseillers.

Ses ex.

Ils la briffent sur les codes à décoder.

 

Exemple.

Le mec qui dit "On s'appelle", n'appellera pas.

Aaaaaah bon ?

 

dubitatif.jpg

 

L'une d'entre elle est ma nouvelle collègue, un sacré numéro venu d'Ukraine il y a juste un an, décolleté vertigineux et bouche pulpeuse.

Très mignonne mais ... Très intelligente et ambitieuse.

Pas bon ça pour le mythe de la fille de l'est, douce et soumise...

En plus, elle n'est même pas blonde.

 

Elle m'a sorti hier, que les hommes ici sont fous.

J'ai l'âge exact de sa maman et donc, elle s'épanche.

Bon les hommes "d' ici" c'est pas clair, moi je dis.

 

Un israélien ? Bof, dans la bouche des filles, un homme, d'où qu'il vienne, c'est jamais ce qu'elles cherchent.

Parce que entre Vénus et Mars ...

Bon, on s'en fout.

 

Soit.

 

Elle me dit que son dernier coup foireux vient du Kazakhstan.

Je n'ai aucun avis là-dessus, je veux dire, c'est quoi un kazakh ?

 

Kazhakstan

 

Il faut que je lui demande où elle l'a trouvé celui-là.

 

Elle veut un homme parce que, dit-elle, il faut un homme pour faire des enfants.

Ah oui ?

 

Elle en veut trois.

Des hommes ?

Non, des enfants.

 

Bien.

Elle le veut cultivé et intelligent.

...

 

Pffff, et après elle s'étonne !

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May 2 2011 2 02 /05 /May /2011 08:41

Que d'émoi, justifié, devant l'attentat perpétré à Marrakech !

 

La vie d'innocents, prise en une seconde.

Une fillette de dix ans, une jeune maman, une étudiante, tous si sympathiques et décrits de long en large dans la presse.

 

Cet attentat, ce meurtre, a ému la France, parce que c'est un acte abject et parce qu'il a touché des français.

Non revendiqué, l'attentat visait-il des français ? Et pourquoi ?

Telles sont les incroyables questions que se posent les journalistes.

 

France Soir titre "Des vies brisées", L'imMonde, cherche des explications rationnelles ...

Et les marocains, eux, ont condamné "les actes terroristes".

 

J'en conclus donc que nous ne sommes pas tous égaux devant la mort.

 

Que parmi les terroristes, il y a les terroristes "oui mais", ceux qui ont des raisons d'assassiner des innocents parce que ces innocents ne sont pas si innocents que ça.

 

A leurs yeux et aux yeux d'une presse merdique et odieuse, qui se permet de qualifier les morts.

Les français, portugais, hollandais, parents, enfants, aimés et aimants, et les autres.

Les colons, les juifs, les israéliens.

 

Ceux qui sont morts pour rien et ceux qui l'ont bien mérité.

 

 

 

 

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April 28 2011 5 28 /04 /April /2011 23:27

Vous êtes dans vos pensées, dans le bus, et puis vous le voyez.

Vous vous promenez dans la rue, il fait chaud, il apparaît sur un bras dénudé.

Ou encore, quelqu'un vous présente son père, sa mère ...et toujours, ce numéro.

 

Un numéro tatoué sur l'avant-bras.

 

TATOUAGE

 

Un tatouage qui angoisse et qui entraîne encore et toujours cette pensée.

Comment ont-elles fait pour survivre à "ça" ?

 

 

holocaust evidence1

 

La solution finale, cette machine immonde et incroyable mise en marche pour éliminer des peuples.

 

LHuma21avril45

 

Ces millions d'êtres humains qui sont morts parce que des "unter menshen" en ont décidé ainsi.

Pas seulement des juifs.

 

homosexuels-triangle-rose.jpg

 

Entre 1933 et 1945, il y eut cent mille homosexuels arrêtés par les nazis.

Quinze mille furent déportés dans les camps nazis et quatre mille survécurent, d'après les documents officiels.


Quant aux tsiganes les chiffres sont flous et oscillent entre 250000 et 500000 assassinés.

Impossible de savoir combien d'enfants.

 

jpg_enfants_tsiganes_et_guitare.jpg

 

Le jour de Yom HaShoah, le 27 Nissan, qui tombe le 1er mai, cette année, tout s'arrêtera en Israël.

Pendant que les sirènes sonneront dans tout le pays, nous penserons à ceux qui ont été, et ceux qui n'ont pas eut le temps de devenir.

 

Et nous penserons aux vivants, nos parents, nos grands-parents, qui ont parié sur la vie, malgré l'horreur.

 

Je penserai à ceux qui sont encore là aujourd'hui et qui sont obligés d'entendre et de voir que rien ne change jamais en ce qui concerne la haine du juif.

Que des individus se permettent de réinventer l'Histoire.

 

Et puis quand les sirènes s'arrêteront, je regarderai autour de moi, et le bonheur d'être ici, dans un Etat Juif, où on peut être soi-même, n'en déplaise aux ignorants, prendra une fois encore, tout son sens.

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April 22 2011 6 22 /04 /April /2011 23:50

 

 

J'ai fait un saut à Bruxelles.

Un saut tellement bref que je n'ai pas eu le temps de me remettre du décalage horaire.

Cure de famille bien sûr, en cette période de fête, et beau temps miraculeux, quand on connait la Belgique.

 

Je me suis remplis les yeux de la belle architecture bruxelloise, et l'estomac de choses interdites.

 

Et puis il faut bien le dire, le raffinement des boutiques et des intérieurs m'ont rappelés combien les israéliens sont bruts de décoffrage.

 

Ixelles 2 Bv. Général Jacques 01

 

J'ai réalisé à quel point vivre dans une autre langue est fatigant, et mon cerveau a, lui aussi,  pris des vacances.

 

Chez la fleuriste à qui j'ai acheté des fleurs pour ma maman, la vendeuse m'a dit "Hag Sameach", ainsi que la cliente qui attendait derrière moi.

 

Produits israéliens au Delhaize, chaîne de supermarchés à la clientèle bobo et aux prix plutôt élevés.

Les enfants des ex-fans du Ché portent le badge "I love Palestine", et la Belgique se porte bien mieux depuis qu'il n'y a plus de gouvernement, dixit mon ami D.

 

 

Mais surtout, surtout ....

Surtout, j'ai échappé à la grande fiesta organisée par la chaîne qui m'emploie, pour la réouverture du nouveau magasin.

 

Je n'ai pas assisté au cirque "champagne et petits gâteaux", mais les échos que m'en ont donné les collègues m'ont rendue terriblement reconnaissante vis-à-vis de moi-même de ne pas avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment.

 

Tout le monde fût invité.

Des anciennes vendeuses et gérantes, aux nouvelles vendeuses et gérantes de toute la région.

Il y avait, paraît-il, plus de vendeuses que de clientes.

Galit Gutman, le mannequin anorexique et fadasse attitré de la marque, est restée perchée sur ses tiges de jambes pendant des heures, en faisant la gueule, ce qui n'a pas empêché les israéliennes de s'évanouir à sa vue, tant elle est populaire ici.

Paraît-il.

 

Un malheureux clarinettiste fût engagé pour le premier jour, au grand désagrément des dames qui trouvaient la musique trop forte.

Comme quoi, nos "amies" comme on les appelle chez nous, pour signaler que ce sont des clientes fidèles, ont autant l'oreille musicale que leur goût est sûr.

Les patrons, une partie du moins, plus les chefs et sous chefs ont mis la pression à une Liora au bord de la crise de nerf, pendant que mes collègues se tapaient 10 heures d'affilées de clientes motivées par la réduction de 30%.

 

Ce qui n'empêcha pas, paraît-il, Sunshine et Sigal, de se battre sur tous les fronts, devant les deux nouvelles interloquées.

 

Il y eut des scandales et des réclamations, et j'ai retrouvé tout ce beau monde, le lendemain de mon retour, hagard et pas encore remis de ses émotions, Liora me décrétant que maintenant que je suis rentrée, il faut que je rattrape les heures perdues.

Tout cela pour le bien de mon porte-feuille, paraît-il.

 

Sigal et les nouvelles m'ont fait la fête, et même je leur ai manqué, ont-elle dit.

Pas vous leur ais-je répondu.

 

Oui je sais, c'est pas sympa ...

 

Quant à Sunshine, elle s'est lamentée comme d'habitude, m'a montré ses pieds blessés par les heures restées debout, dit qu'elle n'avait eu qu'un fond de champagne, et que Galit Gutman a les oreilles décollées.

 

Et puis, pour que je n'oublie pas à quel point je ne l'aime pas, c'est un euphémisme, elle a recommencé a me piquer les clientes, à changer la musique et les vêtements de place, tout en donnant ses ordres à une Liora étalée derrière sa caisse, l'oeil vitreux d'un poisson lune échoué après une catastrophe pas naturelle.

 

Mais avant tout ça, en sortant de l'aéroport, après un vol abominable dû au seul fait que deux femmes, la mère et la grand-mère, ont eu la bonne idée de voyager avec un fléau de 3 ans qui a poussé des cris stridents pendant tout le vol, interrompant parfois ceux-ci par des grognements, auquels les deux matronnes répondaient par des bisous goulus, en sortant de l'aéroport, donc, je me suis frittée avec le chauffeur de taxi qui nous a ramené chez nous.

 

Puis Chéri s'est énervé sur moi et le chauffeur, voulant que je passe de bonne fête, c'est ce qu'il a dit, m'a fait une réduction.

 

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ברוכים הבאים הביתה !

Bienvenue à la maison !

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April 7 2011 5 07 /04 /April /2011 13:56

 

Après avoir passé 3 semaines dans un magasin grand comme une boîte à chaussures, pour cause de travaux, et après avoir entendu 50 fois par jour "Vous avez déménager ?"( Non pourquoi ?), "Pourquoi êtes-vous venus dans ce magasin riquiqui ? "(Parce qu'on est maso), nous avons réintégrer le nouveau magasin.

 

Pour ce faire, la chaîne a fait appel à une batterie de gens venus "aider".

Et ce fut une belle pagaille.

Le "decorator", un gamin du nom de Tomer, qui se croit un grand artiste, et qui n'avait rien anticiper, tournait sur lui-même comme une folle, ne sachant par où commencer, pendant que Marina, une russe tatouée, gérante du magasin de Petah Tikvah, donnait ses ordres, tel un colonel d'avant perestroïka.

 

Tout ça sous l'oeil morne de Liora, noyée dans un verre d'eau, fidèle à elle-même.

 

Maîtresse Avital, fâchée qu'en quelque sorte on prenne sa place, lançait des regards furibonds à Liora, celle-ci lui répondant par un regard de poison mort, pendant que Sunshine s'était mis en tête de purifier les toilettes, hantée par le fait que les ouvriers y aient eu accès pendant notre absence.

 

La nouvelle, une autre, russe aussi (je n'en peux plus), sociologue de son état, ( les russes sont tous sociologues ou ingénieurs) et arrivée en Israël en même temps que moi, n'arrêtait pas de me demander "C'est quoi ce bordel ?"

 

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Le magasin est énorme, tout blanc, avec des colonnes qui nous empêchent de voir si il y a des clientes dans le magasin, des miroirs partout, sauf dans les coins morts, et des meubles qui remplissent inutilement l'espace.

Et les cabines ressemblent à des boudoirs.

En tous cas avant essayage.

Après ça ressemble plus à un lieu de débauche, mobilier oblige.

 

Bien sûr chacun y allait de sa chanson.

Tomer voulait qu'on mette les pantalon dans tel coin, Marina disait que non, Ludmilla, une autre gérante russe, dépliait ce qui venait d'être plié pour le pendre, alors que nous venions justement de dépendre pour plier.

 

L'organisation à l'israélienne dans toute sa splendeur.

 

Soupirs.jpeg

Un nombre incalculable de gens ont défilé, du responsable, au responsables des responsables, en passant par l'un des quatres patrons.

Tous irresponsables et ayant des avis différents.

 

Liora voulant être utile : "Qui veut un café ?"

 

Et dans tout ce foutoir, des clientes essayant sans cesse de rentrer, se pliant en deux pour passer sous le volet, furieuses qu'on les en empêche.

Si, si.

 

Et qui a laisser entrer une cliente, je vous le donne en mille ... Maîtresse Avital.

La responsable de ma responsable, dit à la cliente que la caisse est fermée et Avital dit que ce n'est pas grave, elle va payer en liquide.

Et lui vend un ensemble tunique-pantalon.

Elle est pas terrible cette fille ?

 

Tomer, qui se croit divin, mais qui n'a pas l'assurance des dieux, demande son avis à tout le monde sauf à moi, et c'est tant mieux.

Car tout le monde lui dit que c'est magnifique et moi je trouve ça ...

 

Hier, nous avons donc rouvert et nous avons entendu 50 fois " Tithadchou ! Vous avez fait du bon boulot !"

Alors que je disais à une cliente que oui, ce fut fatiguant pour nous de faire ces travaux, elle ne compris ma feinte et me confirma que nous avions bien bossé.

 

pause-soupirs.jpeg

 

Je vais encore maigrir, tellement ce magasin est grand.

On dirait le décathlon.

 

Course de plusieur fois le tour du magasin parce qu'on ne trouve rien.

Saut en longuer afin d'enjamber les innombrables poufs et autres inutiles.

Lancé des sacs pendus en hauteur et inaccessibles.

Etc etc...

 

Oui je sais, je ne suis jamais contente, mais si je l'étais, ce serait moins marrant.

 

Mais là où je suis aux anges, c'est que la semaine prochaine, je serai en congé.

J'échappe ainsi à la grande fête de réouverture.

 

-30% sur tout le magasin, sauf les accessoires, et non, tu ne peux pas cumuler, les 15% auxquels tu as droit pour ton anniversaire ET les 30%.

Non tu n'as pas plus parce que tu as une carte de fidélité.

Non, c'est -30% OU tu prends avec tes nékoudot (points).

Oui, je sais que tu es une bonne cliente, et non, je ne reconnais pas le pull difforme que tu portes, parce que quand tu l'as acheté, j'étais encore à la maternelle.

 

Soupir. ( D'aise cette fois !)

 

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Miss caustic - in Portrait
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April 1 2011 6 01 /04 /April /2011 19:26

ça décoiffe !

 

Ce matin, je me sentais en plein Jet lag, du fait que nous avons changer d'heure cette nuit.

 

Mais de bonne humeur parce que je ne travaillais pas aujourd'hui.

Le vendredi matin, il y a une ambiance merveilleuse, si on ne bosse pas évidement.

Les gens sortent en famille, font leurs achats de shabbat, remplissent les terrasses de café, ou s'assoient en bas des immeubles, entre voisins.

 

Ce matin, donc, je décidai d'aller au shouk.

J'y ai découvert, grâce à une cliente française qui habite Kfar Saba depuis 40 ans, un fromager digne de ce nom.

 

En face il y a également une dame qui a l'air complètement stone, qui vend des herbes.

Uniquement des herbes.

Origan, menthe, persil, basilic, roquette ...

A mon avis, elle ne fait pas que les vendre, elle les fument aussi.

 

Je me remplis les poumons d'odeurs.

D'ail frais, le rouge, le meilleur, d' épices, d'agrumes et de melons.

 

Mais pour arriver à ce petit moment de bonheur... j'ai pris le bus de la compagnie Metropoline.

Le numéro 29 plus exactement.

Celui conduit par des voyous, qui s'arrêtent s'ils en ont envie, quand ils savent où sont les arrêts exactement.

 

Je poireaute longtemps comme d'habitude, bien qu'habitant à 100 mètres du terminus, et quand enfin il arrive, c'est la ruée, petits vieux en tête, car on ne sait jamais que ce tarés démarrerait sur un coup de sang....

 

Et bien sûr le bus se remplit un peu plus à chaque arrêt, surtout d'ados surexcités et muants, quand ce n'est pas de gamins jouant, l'air ahuri, sur une console quelconque, la "musique" du jeu plein pot.

Vous savez, cette musique qui vous agace au point de vouloir prendre la console du morveux, et la réduire en miette.

 

Un grand-père est assis avec son petit fils, qui doit avoir 1an et demi, heureux et fier de sa descendance.

Il explique au petit qu'il ne faut pas sonner maintenant, et qu'il dira quand c'est le moment.

Le petit sonne.

Naag, crie-t-il, c'est une erreur !

 

Je suis donc assise au fond du bus, là où une concentration d'hormones mâles et femelles hurlent des sons aigus, quand soudain, à un arrêt, alors qu'un groupe de gens est monté, une altercation commence entre le chauffeur et une dame très agressive.

 

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En temps normal, vous avez à peine le temps de monter que le chauffeur redémarre, vous, ce qui vous sert de reposoir, encore dehors, agrippé à ce qui vous passe sous la main, la canne de papy devant vous, qui fait sa dernière prière, la ceinture du gamin collé bien malgré lui à la vitre, ou la choucroute de la russe décolorée et botoxée qui a voulu absolument passer devant vous.

Il vous dit, "Montez, nou !"

C'est dingue parce que peu importe que nous soyons 10, de corpulence confortable, dans un espace de 5m2, faut qu'on monte, nou.

 

Mais là, pour s'engueuler à l'aise avec la vindicative, le chauffeur reste sur place, la porte ouverte, des gens à moitié dehors, à moitié dedans.

 

Alors les passagers du bus se déchaînent.

"Naag, nou (prononcez nououou) ? Tu avances ?"

Une blonde pulpeuse dont le décolleté ferait rougir un aveugle : "Nou, naag, je dois aller bosser moi !"

Tout le monde reprend en choeur, "Nou, nagg, elle doit aller bosser !"

Le grand dadais à la mèche blonde, "Naag ! Qu'est-ce que tu fais, nou ?"

Une dame lui dit de la fermer, et l'autre, trop heureux d'avoir un public, "Naag, la plage et les filles nous attendent, nou !"

Celui derrière moi, "Metropoline, c'est de la merde !"

Ah là, oui, je suis d'accord.

 

Shabbat shalom !

 

*Chauffeur, alors ?

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March 31 2011 5 31 /03 /March /2011 11:51

Et un magasin de fringues pour dame l'est aussi.

 

Quand je n'ai pas envie de les frapper, je trouve les femmes marrantes.

 

Ici, en Israël, les marques d'affection sont plutôt réservées.

On ne s'embrasse pas vraiment, et sûrement pas 18 fois comme dans certains endroits du monde.

On s'accole.

On se serre fort, et on se tapote le dos.

Si, si.

Même les enfants font ça.

Je m'en suis vite rendu compte lorsqu'à mon arrivée, il y a 2 ans et demi, je fus hébergée par des amis qui ont 7 enfants.

Ils se donnaient des accolades.

J'ai trouvé ça bizarre.

 

Bon.

 

J'ai parfois (souvent) des clientes que je giflerais.

Mon amie I. les appelle des "sérial chieuses".

J'adhère complètement.

 

Si, j'ai de très mauvaises pensées.

 

J'avais cette envie en Belgique aussi parce que, les clientes, par définition, sont chiantes.

 

Je me contente en général d'un regard qui en dit long.

Très long.

Et ceux qui me connaissent un peu, savent de quoi je parle.

 

Sauf qu'ici, si tu fais une remarque, du genre, "Tu pourrais répondre quand je te dis bonjour", la personne est sincèrement désolée.

On est plouc ou on ne l'est pas.

 

Il n'y a pas si longtemps, l'israélien type était un hérisson, hérissé toute l'année.

Il allait droit au but et ne s'embarrassait guère de préliminaires.

 

Et puis, avec l'immigration, sont venues les manières.

 

Ce pays est bien la preuve que, contrairement à ce qu'on peut lire et entendre un peu partout, l'immigration, apporte bien plus que de la main d'oeuvre ou une démographie galopante, et bien mieux que juste des problèmes et l'insécurité.

 

Mon amie I. qui a étudier les sciences sociales, m'a révélé que l'Etat d'Israël est visité par le monde entier afin d'être observé.

 

Car il y a bien des choses fascinantes ici, quant aux comportements humains, vu l'extraordinaire panel de cultures.

 

Mais je m'éloigne du sujet.

 

Les femmes au magasin.

 

Il y a des moments de grâce, lorsque nous sommes entre nous, les femmes.

 

Je me souviens être allée à la bar-mitsvah du fils d'une amie très religieuse.

Les hommes et les femmes étaient séparés et je n'ai jamais vu de ma vie des femmes aussi déchaînées à danser sur du hip-hop à la sauce hassidique.

Auréolées d'un nuage d'hormones, j'ai vraiment cru que certaines allaient s'envoler.

Quand j'en ai parlé ensuite à des amis, ils m'ont confirmé qu'elles s'éclatent dans les fêtes, alors qu'elles font preuve de retenue au quotidien.

Et chez les religieux, la vie alterne entre retenue et fêtes.

 

Avec minimum 5 enfants par famille, et beaucoup plus si D' a été clément, ça vous donne une idée du nombre de bar-mitsva, mariages, brith mila et autres réjouissances annuelles, dans lesquelles les femmes peuvent se lâcher.

 

Les hommes ne sont pas en reste non plus d'ailleurs.

 

Au magasin, c'est la même chose, même si les religieuses, juives ou musulmanes, s'éclatent moins en faisant leurs achats, simplement parce que l'arrivée d'un homme les rend nerveuses, et qu'elles ne sortent carrément plus de la cabine.

 

Les autres s'en donnent à coeur joie, finissant souvent, tous âges confondus, en slip dans le magasin, car il faut le dire, les cabines sont exiguës.

Et elles papotent entre elles.

 

La cliente lambda veut l'avis de tout le monde.

De la vendeuse qui s'occupe d'elle, de la cliente qui la regarde, de Liora qui, en général, est à côté de la plaque, parce que comme d'habitude, elle n'a rien suivi, et du plombier s'il est dans le coin.

 

Comme le problème majeur des israélienne est qu'elle n'ont aucun goût, c'est elles qui l'affirment, et c'est terriblement vrai, vous pouvez imaginer ma hantise quand une dame que j'ai convaincue, en toute bonne foi, que le vert lui va mieux que le rouge, demande son avis à Sunshine.

Sunshine qui s'habille comme dans son village ukrainien natal, et qui porte des pantoufles dorées pour être plus à l'aise.

 

Mais, le plus étrange, c'est que ces dames se complimentent.

Elles sont gentilles entre elles.

 

"Oh qu'est-ce que ça te va bien"dit celle-ci à Rina, 70 ans, qui vient acheter toutes les 2 semaines, en minaudant devant la glace, prenant la pose "mannequin", et faisant des effets de bouches.

 

Rina est tordante.

J'ai cru, la première fois, qu'elle le faisait exprès.

Mais, pas du tout.

Elle essaye toutes les nouveautés et s'habille comme une gamine.

Elle demande l'avis d'une cliente sur le caleçon moulant qu'elle essaye.

"Je n'ai pas passé l'âge ?" demande-t-elle, la bouche en cul de poule, sûre d'être une bombe sexuelle.

"Mais pas du tout, dit l'autre, tu as des belles jambes, tu es sexy !"

 

Et si la thérapie coûte cher à Rina, elle ressort requinquée et rajeunie, heureuse et reconnaissante.

 

Nous sommes tous acteurs dans ce décor de magasin.

La cliente qui joue à la cliente.

Sa réplique favorite ? "Ce n'est pas moi !", quand on lui montre un vêtement qui ne lui plaît pas.

(Mais qui es-tu ? Parce que quand je te regarde, je ne cerne pas vraiment ton style, baby !)

 

La réplique préférée de Maîtresse Abital ? "Maya a un goût très sûr, elle aime ce qui est chic !"

Ah ben merci de me le dire parce que comme ça, en observant Maya, j'avais cru que son coiffeur s'était trompé de fiole de teinture.

La mode à Kfar Saba, en matière de teinture, c'est des mèches rousses et blondes.

En matière de motifs, cet été, tout est léopard.

Vous voyez le tableau ?

 

Et moi, je joue aussi.

 

A pigé l'impossible.

Si ce n'est pas "toi", qui es-tu donc ?

Je joue que je suis leur copine et que je leur veux du bien.

Elles jouent à y croire.

 

L'art de la suggestion prend toute sa mesure.

Convaincre une personne que cette blouse ou ce pantalon a été fait pour elle.

Pour elle uniquement.

 

Bon parfois ça foire évidement.

Elle reviennent changer.

Mais dans l'ensemble, elles sont contentes de leurs achats.

 

D'ailleurs, une des premières choses qu'elles font en entrant dans le magasin, c'est de nous dire que ce qu'elles portent vient de chez nous.

Précisant parfois que la chose a 5-6 ans.

Elles nous disent combien elles adorent notre marque, comme si tout ça nous appartenait, à nous, esclaves des temps modernes.

 

J'ai encore démissionné une fois depuis, mais on m'a rattrappée en me racontant des "chtouiot", des conneries quoi.

Ceci dit, j'avais de nouveau trouvé un autre boulot ailleurs.

 

Sunshine me dit que je resterai comme elle, des années dans ce magasin.

 

Has ve Halila !!!!

 

 

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March 29 2011 3 29 /03 /March /2011 16:47

Emportés par les révolutions ambiantes, des petits cerveaux encouragent, sur fb, à déclencher une 3ème intifada.

Je n'ai rien d'une hackeuse et je ne suis donc pas à même de découvrir quels sont le ou les crétins qui ont mis en place ce groupe, mais...

 

Mais je peux affirmer sans hésitation que ce ne sont certainement pas eux qui pâtiront des conséquences d'une 3ème ère d'attentats et autres meurtres en série.

 

Je me fais la réflexion, tous les matins, depuis le bus que je prends pour aller travailler, qui se remplit de "palestiniens" qui y montent pour travailler en Israël, en passant par les clientes musulmanes venues en famille acheter des vêtements, jusqu'à mes collègues musulmanes avec qui je parle au téléphone, je me fais la réflexion de savoir si cette intifada leur profiterait vraiment, et si oui, comment.

 

Parce que ça va, on a compris en quoi ça nuirait, et le mot est faible, aux israéliens.

A TOUS les israéliens.

 

Mais ça apporterait quoi aux musulmans, israéliens ou non ?

 

J'ai pris le bus à Jérusalem, tous les jours, pendant des mois, à l'endroit exact où l'attentat a eut lieu le 23 mars dernier.

Et j'ai toujours détesté ce lieu encombré de monde.

Je me disais à chaque fois que c'était exactement l'emplacement où tuer un maximum d'innocents, arabes et juifs confondus .

 

Les arabes le savent bien, eux qui ont pâtis de la 2ème intifada, relancée par ce pourri d'Arafat, et qui se sont retrouvés sur la paille du jour au lendemain, remplacés par de la main d'oeuvre asiatique.

 

Elle est belle la révolution, quand elle ne passe pas par le crime organisé, et qu'elle vise à améliorer le sort du peuple.

 

Hors le peuple ici, ce sont des gens qui vivent leur quotidien ensembles, bon gré, mal gré, et à qui une nouvelle intifada n'apporterait que malheur et désolation.

 

Mais comme d'habitude, les grands défenseurs de l'opprimé ont oublié ce détail.

 

Eux qui vivent ailleurs.

 

trompeloeil05

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