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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 13:49

La journée, la nuit aussi, mais plus en journée, l’hôpital est incroyablement bruyant.

C'est inimaginable.

D'autant que cela ne semble déranger personne, à part Chéri et moi-même.

Au fond du couloir, un gars joue de la guitare en chantant à tue-tête pour un malade.

On en profite tous et tant pis si on en a pas envie.

Les infirmières s'interpellent d'une chambre à l'autre.

"Rivka, tu lui as changé son baxter à David ?"

"Oui, il y a une heure."

"Et Moshe, il a mangé ? "

"Non, il ne veut pas, il a mal au ventre, et ne va pas bien à selles."

Tooooop l'intimité dis-donc ...

Donc, mieux vaut ne pas avoir de furoncle mal placé, parce que tout le monde risque de le savoir.

Il y a des gens qui réussissent à dormir. C'est un miracle. Ou ce sont les calmants.

Côte à côte, dans les chambres à quatre lits, donc, des gens dans tous leurs états.

Du pire au simple mal de ventre.

Ailleurs, une dame se lamente et rend dingue sa voisine.

Avec la régularité d'un métronome, elle fait "aie aie aie aie", puis "aaaaaie, aaaaaie, aaaaaie, j'ai mal, j'ai mal".

A côté la dame lui dit de la fermer, qu'elle n'est pas seule à souffrir, et que personne ne gueule à part elle.

"Aie aie aie, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal".

"Infirmière, infirmière, infirmièèèèèère, j'ai maaaaal !"

"Tout le monde s'en fout que je souffre !"

"Aaaaaaie, aaaaaaaaaie."

La voisine veut changer de chambre.

Une infirmière arrive, alertée par les visiteurs.

"Oui, qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai donné un anti-douleur, je ne peux pas t'en donner plus. Tu déranges tout le monde, calme- toi, tu vas bientôt manger."

Ce qui a le don de la faire taire aussi sec.

Nous, entre temps, on peut partir.

Heureusement que j'ai un ex-mari.

C'est le meilleur ... des radiologues.

C'est lui qui va, le premier dire à Chéri ce qu'il a.

Appeler "Un chat, un chat".

"Un cancer, un cancer."

Un lymphome, pour être précis.

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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 13:42

Chéri a commencé les douleurs en mars .

Certainement des calculs rénaux.

Les calculs rénaux, c'est la première chose à laquelle pensent les médecins.

Prises de sang.

Oui, probablement des calculs rénaux.

Ça ne passe pas et Chéri est flagada.


Médecin, radio, prises de sang.
Mmmmmmh, il y a quelque chose.
Scanner. Prises de sang.

Il y a une tache sur la rate.

...

Urgences, après une nuit entière à marcher dans l'appartement en gémissant de douleur.


Meir est l'hôpital qui dessert toute la région.
Véritable ruche, depuis peu hôpital universitaire, et, exemple parfait de l'apartheid israélien, puisque médecins, patients, personnel hospitalier, vendeurs dans les boutiques du rez de chaussée, sont tous israéliens.

Juifs, musulmans, chrétiens.

La garde des urgences est efficace.

Auscultation par un médecin, prise de sang et électrocardiogramme.

Entre 1/4 d'heure et une demi heure d'attente max.

Puis salle des urgences.

Chéri va être admis en médecine interne, et examiné par un docteur arabe, vous comprendrez que je précise, qui va l'examiner tout en lui posant des questions dans un anglais parfait.

Encore des prises de sang à faire pour le lendemain.

Chéri va y passer la nuit.

Avec lui, un autre monsieur occupe la chambre de 4 lits.

Il est là depuis quelques jours et la famille se relaie auprès de lui.

Sa femme a apporté de la cuisine maison, des journaux, des écouteurs pour la télé et un petit coussin pour sa chaise.
Elle est là toute la journée.

Il y a un éthiopien qui se fait appeler Shalom, ( les éthiopiens ont des noms souvent imprononçables et se rebaptisent eux-même Shalom ou Israel), dont le rôle est de materner les patients.

Ceux-ci l'adorent et ses collègues le surnomment Shalomito.

Je lui demande s'il travaille de nuit et il me répond, "Jamais, parce que la nuit on ne me voit pas !"

Je reste avec Chéri jusqu'à 21 heures.

Il est vanné et j'espère qu'il va bien dormir.

A deux heures du matin, un très vieux monsieur est introduit dans la chambre, avec derrière le médecin, toute une smala bruyante et stressée.

Le médecin parle au patient qui est ailleurs, et tout le monde pose des questions en même temps.

En criant.

Chéri est bien involontairement tenu au courant de l’état du centenaire, forcément.

Ils sortent enfin et Chéri espère se rendormir quand revient sa fille ou petite fille qui commence à expliquer à papy où se trouve le bouton d'alarme et surtout les lumières.

Et c'est le 14 juillet dans la chambre.

Ça, ça allume ça.

Là tu éteins. Tu allumes. Tu éteins. Tu allumes.
Tu as compris?

Papy est à l'ouest mais pour Chéri, le système électrique de la chambre n'a plus de secret.

Le lendemain matin il est réveillé à l'aube par une infirmière, et abandonne l'idée de se reposer.

Prises de sang dans le lit, petit déjeuner, va et vient des familles, des amis, des voisins.

Boucan et embouteillage dans les chambres.

J'arrive et Chéri m'accueille comme le messie.

Nouveau médecin qui fait un examen complet et demande si nous acceptons qu'elle continue à suivre Chéri.

On s'en doutait déjà, mais ça sent mauvais.

Le problème, c'est bien la tache sur la rate, mais c'est tout ce que nous saurons aujourd'hui

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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
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Non, ça ce n'est pas vrai!
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