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November 28 2013 5 28 /11 /November /2013 15:24

Tout ça parce qu'on m'a trouvé une boule au sein.

Je suis non seulement une convaincue du dépistage, des amies sont mortes avant 45 ans du cancer du sein, mais je m'y suis mise à l'âge de 40 ans, encouragée par mon médecin.

De là à flipper comme une folle parce qu'on m'a trouvé un "gouch" (en hébreu), faut pas délirer non plus.

Et pourtant ...

Après être passée par une deuxième biopsie parfaitement inutile, tout ça parce que mon con de généraliste n'a rien compris, la toubib me faisant d'ailleurs remarquer qu'il ne restait pas grand chose, à quoi je lui ai rétorqué que si tous les mois on m'enlève un morceau ...

Et après m'être fait confirmé que ce n'était pas cancéreux, il fut décidé qu'on allait l'enlever quand même, au cas où et parce que c'est mieux.

Bon.

Je dois trouver un chirurgien.

Ici, personne ne recommande personne.

Ni les médecins, ni les amis, ni les voisins.

J'obtiens un rendez-vous chez un inconnu, pour la fin de l'année, ce qui me semble contradictoire avec la mine inquiète du personnel médical, et la panique qui envahit mes amies, me voyant déjà plate comme une limande, ou avec une paire de seins tous neufs sur un corps qui en a vu des plus très vertes et des mûres ...

J'ai beau dire à ces mêmes amies que je vais bien, que je ne m'en fais pas, que tout baigne, elles me téléphonent tous les deux jours pour me dire de ne pas m'inquiéter.

On est quand même seulement en juin et je n'ai pas envie d'attendre décembre.

Ni qu'on m'opère, ni qu'on continue à me plaindre.

Même si c'est par amitié.

Même si on m'aime.

L'une de ces personnes bien intentionnées me recommande son chirurgien, qui, chance, reçoit en face de mon boulot.

Il faut savoir qu'ici, la plupart des rendez-vous se prennent par téléphone.

Si vous allez sur place, la même secrétaire bornée que vous voyez prendre des rendez-vous au téléphone, vous répondra qu'il faut appeler, qu'elle ne prend pas de rendez-vous à l'accueil.

Croyez-moi, s'énerver ne sert à rien.

J'appelle donc, et elle me donne rendez-vous dans dix ans.

Je lui dit que c'est urgent et elle prétend qu'elle ne prend pas les urgences.

Finalement, après m'être lamentée auprès de tous ceux qui voulaient encore m'écouter, de la lenteur des intervenants successifs et passifs devant l'urgence qui n'en est déjà plus une, j'apprends que je dois mettre la demande du médecin qui m'a fait la biopsie, sous le nez de la secrétaire.

Ce que je fais.

Et là, miracle, elle me dit de venir le soir même.

Me revoilà donc dans l'urgence, yes !

Quand on a rendez-vous chez le médecin, une liste est affichée devant sa porte avec les noms et l'heure de rendez-vous des patients.

Mon nom n'est pas sur la liste, cette conne m'a zappée, et je sens qu'il faut que je respire profondément..

M'en fiche, je rentrerai avec un bélier s'il le faut.

Chaque personne qui arrive demande qui est dans le cabinet, ce que personne ne sait jamais, bien qu'ayant posé les mêmes questions idiotes qui vont suivre.

Nous aussi on attend pour le docteur ?

(Ben non, on a vu des chaises et on s'est assis pour profiter de la clim !)

Qui est le dernier arrivé ?

Là tout le monde se regarde et il y en a toujours un pour dire "Je crois que c'est moi".

A quel heure chacun a rendez-vous ? M'enfin ?

Le docteur a du retard ? Ben si tu as rendez-vous à 18h05, qu'il est 18h28, et qu'il y a encore trois personnes avant toi ... A ton avis ?

Et de vous demander encore, "Tu en as pour longtemps, parce que je suis pressée !"

Ensuite cette personne va voir la liste des noms et demande qui est Shoshana, celle inscrite avant elle.

Elle confirme à Shoshana qu'elle est donc après elle.

Au cas où Shoshana en aurait quelque chose à faire de qui est après elle, déjà qu'elle ne sait plus qui est avant.

Et là, le bordel commence.

C'est moi qui suis après Shoshana, et non, je ne suis pas inscrite, ils ont oublié, mais je suis prévue à 17h30.

Un russe s'énerve et dit que c'est toujours la même chose avec nous (?), qu'on est sans gêne, qu'on veut dépasser et que les autres (?) laissent faire.

Il va engueuler la secrétaire qui fait "chuuuuuuut".

Tout le monde met son grain de sel, ça gueule, les secrétaires s'y mettent aussi "chuuuuuuut", on apprend le prénom de tout le monde, qui vient et pourquoi, ...

La porte s'ouvre et je m'engouffre dans le cabinet.

Un charmant monsieur me dit bonjour, regarde mon dossier, et ... me donne une date pour l'opération.

Il me prescrit une IRM, une radio, une autre mammo, un examen cardio, et je ne sais plus quoi d'autre.

Non, pas de biopsie, non ça, ça ira.

Entre temps les résultats des deux biopsie ont indiqué que le "gouch" reste un "gouch" bénin, ce qui n'empêche pas mes amies israéliennes de continuer à me regarder avec amour en me disant que ça va aller.

La veille de l'opération je vais à l’hôpital ultra moderne et splendide d' Assouta, à Ramat Ha-Haial , et on m'envoie chez Batia, une merveilleuse infirmière, qui, la première, va enfin tout m'expliquer.

Demain, avant l'opération j'irai d'abord faire un "simoun", on va m'enfoncer une énorme aiguille dans le sein, pourquoi, ça je ne l'ai toujours pas compris, et puis j'irai à l'étage des familles.

Elle me prévient que cela aura l'air très bordélique, mais que c'est en fait très bien organisé.

Comme si, en Israël, ça n'a pas toujours, l'air bordélique !

Elle me donne son téléphone perso, au cas où j'aurais des questions, même la nuit et ... me souhaite bonne chance.

Le lendemain, enfin, je vais en finir avec cette histoire qui a commencé en mars, et je dois bien être la seule personne heureuse de passer sur le billard.

Je vais, avec Chéri, à l'étage où j'ai fait mes biopsies (!), salut, salut, oui c'est encore moi, et je me retrouve entre les mains de la même doctoresse, celle qui connaît mon anatomie mammaire par cœur.

Elle m'accueille avec un grand bonjour et me dit, "Ah ça y est, on va te l'enlever".

Je me couche, me fait confirmer que c'est le nichon gauche, et elle m'enfonce cette foutue aiguille grande comme mon majeur, pendant qu'une jeune fille me caresse la joue.

Au revoir et bonne chance.

Je repars encombrée de ce machin déplaisant et rassure doucement mon giron qui souffre.

Je pars avec Chéri à l'étage des familles et nous pénétrons dans une immense salle bruyante et encombrée de gens, parents et malades en attente d'être opérés.

Je passe par l'admission et la secrétaire demande à Chéri le numéro de son portable.

Il recevra des messages tout au long de mes pérégrinations, pré et opératoires.

Va t'asseoir, on va t'appeler, et bonne chance.

Nous nous installons parmi la foule, et devant nous, des écrans affichent les prénoms des patients ainsi que le stade de leur traversée.

Salle de préparation, salle d'opération, salle de réveil, morgue, ...

Les gens parlent au téléphone, donnent les dernières nouvelles, échangent entre eux, mangent, vont chercher des cafés...

Toutes les minutes, une secrétaire appelle un prénom, celui de l'opéré.

La famille va vers elle, et le chirurgien donne des nouvelles.

Chéri définira en un mot l'ambiance qui règne.

Surréaliste.

C'est mon tour, Chéri garde mon sac, me dit un petit au-revoir et me fait un gros bisou.

Moi, je suis déjà ailleurs, soulagée d'y passer enfin.

En salle de préparation, je me déshabille et l'anesthésiste vient me poser des questions.

Il me demande comment ça va, puis me souhaite bonne chance..

Ensuite le chirurgien arrive.

Il me demande comment ça va.

Il pose aussi des questions et puis me demande si c'est bien le sein gauche.

Oui.

Il y inscrit un grand X.

Bonne chance.

Dans la salle, le personnel soignant rigole, il y a une bonne ambiance, et je me dis que c'est quand même incroyable qu'une infirmière ukrainienne, un infirmier musulman, un autre religieux et un chef de salle qui est une grande folle peuvent rire des mêmes choses, ensemble.

Deux jeunes hilares viennent me chercher en me demandant comment ça va.

Ils doivent renifler des gaz hilarants c'est pas possible ....

Je rentre en salle d'op.

Il y a bien dix personnes là-dedans.

Et ça papote, ça blague.

Moi aussi je rigole.

Le chirurgien me redemande si c'est bien le gauche et je me réjouis du X qui barre mon épaule.

Il me s'inquiète de savoir si ça va et je lui réponds, "Enfin je suis là, je n'y croyais plus !"

Et ça fait rire tout le monde.

Je me réveille ... en salle de réveil, Chéri à mes côtés, qui me fait la conversation.

Pendant qu'un infirmier arabe me demande toutes les cinq minutes si ça va.

Je lui dit qu'il est comme une maman, et il me répond que c'est trop gentil de lui dire ça.

La pièce tourne, et je répète les mêmes choses à Chéri, que ça fait marrer.

A l'admission, on a proposé à Chéri de rester dormir avec moi, mais nous avons refusé.

Je suis dans une chambre de deux, et devant chaque lit, il y a un fauteuil relax.

Pour les mères, pères, conjoints, qui changeraient d'avis.

Une heure plus tard, Chéri est parti et une jeune fille est amenée dans le lit voisin, accompagnée de sa mère.

La mère va rester dans le fauteuil toute la nuit, réveillant toutes les deux heures sa fille, et moi par la même occasion, pour savoir si elle ne doit pas ... faire pipi.

Le lendemain je suis rentrée en taxi, et j'ai reçu un message d'Assouta avec un numéro de téléphone à appeler jour et nuit.

Au cas où j'aurais des questions.

Tout va bien, et mes amies sont soulagées.

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April 7 2013 1 07 /04 /April /2013 07:05

 

enfants-juifs.jpg

 

Ce soir commence le Yom Hashoa.

 

Demain les sirènes paralyseront les israéliens qui ne peuvent et ne veulent pas oublier que des individus derrière un bureau ont organiser de manière méthodique la destruction d'un peuple, du seul fait qu'il était juif.

 

Un jour pour penser aux 6 000 000 de morts, mais aussi aux survivants.

 

Un jour pour constater autour de soi et se désoler de ce qui recommence en Europe et chez nos voisins.

 

Un jour pour regarder la jeunesse israélienne et se réjouir que la vie soit plus forte.

 

Un jour qui devrait faire réfléchir tous les individus, parce que prévoir l'élimination d'une ethnie ou d'une communauté, n'est jamais que le début d'une fin.

 

Le début d'une élimination sans fin.

 

La fin d'un monde pluriel et multicolore, joyeux dans sa diversité et ses contradictions.

 

Yom Hashoa, un jour à la mémoire des sacrifiés, mais aussi à ceux qui ont survécu.

 

Et qui ont misé sur l'avenir.

 

pourim3.jpg

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March 18 2013 2 18 /03 /March /2013 08:10

Ici, comme ailleurs, nous sommes véritablement harcelés de coup de fil commerciaux, à la maison ou sur le portable.

 

Avant les fêtes, les shnorers (mendiants) de toute sortes se joignent à la cohorte de vendeurs de promotions et autres shmontses (conneries), saturant ma ligne et mettant ma propension à la bonne humeur, à rude épreuve.

 

Chaque année, à la même époque, les assurances en tous genre se soucient de ton bien-être et de ta santé.

 

Et te font découvrir un tas de maladie abominables, sources d'agonies sans fin.

 

Pouvant pourtant être adoucies par l'argent que tu recevras.

 

Si tu as cotisé.

 

Tout cela ponctué de "Has ve halila, et autres "Tfou tfou tfou", pour conjurer le sort.      

 

Voir mon billet (Has Ve Halila !)

 

Inscrivez-vous à la newsletter, vous aurez l'immense joie d'être prévenu de la sortie d'un nouveau billet. A droite, en face.

Et pour ceux qui n'auraient pas compris,tfou tfou tfou,vous recevrez automatiquement un mail, qui vous demande de confirmer votre inscription.

Ce que vous devez faire pour être définitivement abonnés.

 

J'ai à priori de la compassion pour les êtres derrière les voix monocordes qui ânonnent pendant des heures les mêmes phrases ponctuées de "tfou tfou tfou".

 

J'ai d'ailleurs demandé à l'un d'entre eux si en rentrant à la maison, il continuait à dire "tfou tfou".

 

"Bonjour ma chérie, tfou tfou tfou. Tu as passé une bonne journée ?"

"Moi aussi, tfou tfou tfou."

 

Ça l'a fait rire.

 

Il m'a dit que je suis géniale tellement je suis drôle et sympa. ( C'est ça, cause toujours ...)

 

Faut dire que les commerciaux, parqués dans des open space, avec un chefaillon qui minute leur conversation, ont la vie dure.

 

Avant donc, j'avais pitié.


Mais ça, c'était avant ...

 

ZORRO-1-PONEY.jpg

 


Le gars à qui tu dis, 1) que tu piges que dalle à sa logo diarrhée ponctuée de "Has ve halila", 2) que les maladies horribles dont il te cause, tu ne les connais même pas en français, ce gars, te les réexplique plus lentement.

 

Comme si une "anaplasmose granulocytique humaine", c'était plus clair, dit en articulant.

 

Je finis par lui demander un contrat de police en anglais ou en français, car je ne veux pas payer pour quelque chose que je ne comprends pas, et qu'on me dise ensuite que malheureusement je ne suis pas couverte pour une "anaplasmose tfou tfou".

 

Il me promet de faire son possible.

 

Un mois plus tard exactement, je reçois le contrat de police ... en hébreu.

 

J'appelle la compagnie et j'explique qu'ayant reçu la police en hébreu, je ne veux pas de cette assurance.

On me propose de me l'expliquer en anglais.

Au téléphone.

 

Non, je ne veux pas.

 

Comme à chauqe fois que je râle parce qu'on veut m'arnaquer, on me passe 36 individus différents, comme si, à l'usure, j'allais dire "oui" à tout, juste pour qu'on me foute la paix.

Et bien non, dommage pour eux.


Plus on me passe de personnes, plus mon discours est concis.

Plus je suis énervée.

 

D'autant que si j'avais demander tout ça en russe ...


Mes phrases finissent par se résumer à un  "Non !" polaire.


Bonjour Miss, Machine au téléphone ...

"Non !"

Tu as dit que ...

"Non !"

Mais je peux peut-être ...

"Non"!

 

Ils finissent par me dire qu'ils vont annuler.


Deux jours plus tard, un autre type me téléphone, se disant sans doute que je suis mieux lunée, et je lui dis que je suis au travail et que je ne peux pas lui parler.


Incompréhension totale du gars qui me dit qu'il n'en a que pour 5 minutes.


Je lui dit que je ne peux pas et que je finis à 15 heures.


La cliente dans le magasin m'assure que je peux causer à mon aise et me dit que ça ne la dérange pas que je sois au téléphone pendant qu'elle essaye.

 

Les israéliens ont un comportement anormal avec leur téléphone, et je parie qu'ils seront les premiers à se faire greffer un truc dans l'oreille, le jour, pas si loin, où ça se fera.

 

Et même que ça sera une invention israélienne.


Même.

 

( Message privé à mes parents. Je sais qu'on ne dit pas "même que". Mais j'avais envie. )

 

A 15 heures pile, mon téléphone sonne, mais je suis occupée.

Il va rappeler tous les jours à 15 heures, et je ne répondrai aucune fois.

 

3 jours plus tard je suis débitée sur mon compte de 60 euros pour une police dont je ne veux pas depuis le début. 

 

Je rappelle et on me propose de parler avec mon harceleur.

Je ne veux pas parler avec lui, je veux qu'on me rembourse fissa.

 

Il me rappelle effectivement et a le culot de me reprocher de ne pas avoir répondu lors de ses appels répétitifs.

J'hallucine carrément et lui rétorque que je réponds si je veux, par exemple quand on me vole.

 

1 heure de palabres et 5 interlocuteurs plus tard, après que j'ai menacé de leur mettre un avocat aux ..., ils vont me  me rembourser.

 

Qu'ils disent.



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March 2 2013 7 02 /03 /March /2013 11:53

 

Il y a un monsieur fort sympathique qui travaille dans l'un des super où je vais faire mes courses.

Il parle parfaitement le français, et aime papoter avec moi.

 

Hier, il me demande ce que je fais pour Pessah.

 

Je vais dans ma famille, à Haïfa.

 

Et toi, je lui demande, juste pour faire la conversation.

 

"Moi je m'en fous."

 

Pourquoi me demande-t-il ce que je fais à Pessah, alors ?

 

Sans doute pour me faire la conversation.

 

Et il continue en me disant, qu'il ne fait aucune fête, ni même ne respecte le shabbat.

 

Au ton qu'il emploie, j'ai comme l'impression que cet homme là se prend pour un rebelle.

 

Dans un pays où les gens vivent leur religion chacun à sa manière, c'est un peu ridicule, mais soit.

 

Je lui dis que moi non plus je ne respecte pas le shabbat, mais je suis les fêtes, parce qu'au delà de l'aspect religieux, ces fêtes nous rappellent notre histoire et qui nous sommes.

 

Sans oublier le plaisir que j'éprouve à me retrouver dans ma famille.

 

Et alors, théâtral, il me déclare "Moi, je suis citoyen du monde ! Je m'en fous de tout ça"

 

Je lui ai rétorqué que lui s'en fout certainement, mais que d'autre s'évertuent sans jamais faillir à nous rappeler qui nous sommes.

 

C'est-à-dire des juifs, avec toute la réprobation que cela implique.

 

Venue d'Europe, je sais de quoi je parle, moi qui n'ai jamais brandi mon identité juive comme un étendard, considérant qu'il s'agissait là de mon intimité.

 

Seulement à force d'entendre les commentaires désobligeants sur les juifs et par extension sur Israël, tu finis par te dire que décidément, tu ne seras jamais considéré comme autre chose qu'un (sale) juif, voleur de terres, tueur d'enfants, et dresseur de requins pour attaquer les bons musulmans.

 

Il a eu l'air un peu désorienté, je dois dire.

 

C'est là l'erreur éternelle de l'homme.

 

Croire que tout va aller mieux et que nous serons tous égaux.

 

S'il suffisait pour ça de se proclamer athée, laïc et citoyen du monde... Ça se saurait.

 

 

citoyen-du-monde.jpg

 

 

 

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February 27 2013 4 27 /02 /February /2013 08:38

Cette vieille crapule est morte.

 

L'annonce brève a été proclamée partout de la même manière, " Ancien diplomate, déporté et résistant, auteur de "Indignez-vous", vendu à 4 millions d'exemplaires".

 

Magnifique épitaphe pour un vieillard qui doit sa gloire tardive à un titre accrocheur et un battage médiatique euphorique.

 

Ainsi fût-il le chantre (chancre ?) d'une tendance Ô combien à la mode de l'indignation sélective.

 

Tels les nouveaux héros, encensés  pour la forme, peu importe le contenu.

 

Hommages se succéderont sans doute pour ce vieillard champion de l'autosatisfaction, mais incapable de réagir aux critiques, pardon, indigné que l'on ose le critiquer, lui dont les ailes flétries d'ange imaginaire pendouillaient lamentablement sous son costume impeccable.

 

Parfois, j'aime croire qu'il y a un enfer, celui pavé de bonnes intentions, là où se bousculent les faiseurs d'illusions.

 

Un homme indigne s'en est allé.

 

Bon débarras.

 

 

 

 

 

 

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February 7 2013 5 07 /02 /February /2013 09:49

 

temps

Dali.

 

 

Quand tes enfants sont loin, tu bénis cette ère si créative qui a tant vu la communication évoluer.

 

Tellement de moyens sont mis à notre disposition aujourd'hui pour échanger, communiquer, partager.

 

Oui mais voilà ...

 

Quand tu demandes, par chat, à ton fils, cet être merveilleusement réussi à qui tu as donné la vie, il y a 25 ans, et que tu aimes de tout ton coeur de mère éloignée, comment il va, le lundi.

Et qu'il te répond que tout baigne, le jeudi ...

 

Tu as eu le temps de passer 3 nuits blanches à angoisser, rationaliser, expirer, inspirer,  et le traiter de tous les noms d'oiseaux que tu connais.

Et tu en connais !

 

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"Pourvu que tout aille bien. Je le saurais si ça n'allait pas. Son père m'aurait appelée. Non, ils veulent me ménager. M'enfin, il est juste débordé de boulot, tu le sais quand même. Il est crevé en plus. Oui mais juste un petit "ça va" vite fait, c'est pas grand chose. Ah mais il me fait ch... celui-là merde !"

 

Le jeudi donc, plus riche en cheveux gris, tu poursuis la conversation ... "Quoi de neuf ?"

 

En espérant que jeudi flirtant avec le week end, il trouvera le temps de me tenir au courant des 3-4-5 dernières semaines (années?) .

 

"Je t'ai dit que ...?"

"Je ne t'ai pas dit que ...? "

 "Nan ?"

"Tiens pourtant j'étais sûr que je te l'avais dit !"

 

Et la phrase qui t'achève, "J'ai du le dire à quelqu'un d'autre."

 

Ou alors le message qui tue.

"Maman, tu sais pas ce qui m'est arrivé ?"

Moi, "Non, quoi?"

 

C'était il y a un mois.

Depuis, lui-même ne sait plus.

 

A ce stade, je ne suis pas loin du reniement, mais il suffit que je l'entende, ou mieux, que je le voie, pour que j'oublie toute récrimination.

 

Ma fils !

 

Et la vie, ou plutôt une énorme envie, m'a donné une fille aussi.

 

Parfaite, cela va sans dire.

Mon autre cadeau.

 

Pourtant.

 

"Je te parle dans 5 minutes."

 

Suivi de, 3 heures après, "Je ne suis toujours pas rentrée, sorry."

 

Quand elle ne me propose pas de me raconter plein de choses dingues, à minuit passé chez moi, alors qu'il y a 2 heures de moins chez elle. ( Ah oui, c'est vraiiiiii.....)

 

Ou, "Maman, je me sens pas bien ..."

 

Et puis plus rien.

 

Au moment où bbm ne passe plus, la connection skype fait des siennes, et quand elle n'est pas chez elle.

 

Ma fille, comme beaucoup de filles, maîtrise mieux le temps.

"Maman, ça fait presque une semaine qu'on ne s'est pas parlé !..."

 

Avec elle on chatte tous les jours et on rit tous les jours aussi.

 

Sauf quand elle m'écrit, "Maman, je dois te raconter un truc incroyable !"

Moi, "Ah oui ?"

"Oui, mais pas maintenant."

 

Et quand je veux l'appeler sur le fixe de la maison, elle n'a pas envie, parce qu'elle est loin du téléphone. (Sic).

 

Comprenez, "Je ne pourrai pas te parler tout en répondant aux chats, en lisant mes derniers messages, et en likant sur fb."

 

Parce que pour une fois qu'elle est dispo, je n'ai pas l'exclusivité.

 

D'ailleurs elle doit me laisser, parce que son père la réclame.

 

Mon fils, ce serait plutôt une blagounette que je lui envoie mardi (on ne sait jamais) et qui me répond samedi, "Ah ah ah!"

 

Je ne parle pas, ben si tiens, j'en parle, des sms reçus à 4 heures du mat.

Tu te réveilles en sursaut, touchant presque le plafond, ton coeur ne bat plus.

 

Pour déchiffrer, (où sont tes foutus lunettes?) "Maman je t'aime".

 

Et Chéri qui marmonne dans son sommeil "C'est qui ? Il est quelle heure ? " avant de replonger dans ses ronflement de grizzly.

 

Moi aussi mes chéris, je vous aime.

Moi aussi.

 

Et les parents, c'est mieux peut-être ?

Non.

 

Je dois faire des calculs savants avant d'appeler.

 

Maman est au bridge, c'est mardi.

 

Papa vient de sortir.

 

Ah ben non, le bridge ce n'est plus le mardi.

 

Papa vient de rentrer.

 

Ils vont commencer à cuisiner, manger, digérer.

 

Parfois ma mère ne m'entend plus, alors elle hurle dans le téléphone "Allo ? Allo ? Alloooooooo? "

 

Sauf que moi je l'entends toujours.

 

Mais si je ne donne pas de nouvelles quelques jours, tout le monde s'inquiète.

 

Alors j'envois des photos par mail que personne ne voit jamais, parce que, au choix, "Je ne vais jamais sur cette adresse mail, Jai plus été voir mes mails depuis 100 ans. J'ai pourtant lu mes mails. Non, j'ai rien reçu."

 

Ou, j'adore celle-là, "Tu ne m'as rien envoyé."

 

C'est assurément pour toutes ces raisons, que nous avons tant de choses à nous dire et que chaque moment passé avec les uns et les autres a autant de saveur.

 

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La foule. O. Suire-Verley.

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January 28 2013 2 28 /01 /January /2013 08:00

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Hier dimanche, était commémorée la Shoah.

 

"La solution finale à la question juive", autrement dit l'éradication d'un peuple, organisée et méthodique, au vu et au su du monde entier.

 

J'ai lu que 40 % des allemands voudraient qu'on passe à autre chose, et je mettrais ma main à couper que bien d'autres qui n'ont rien à voir avec eux voudraient aussi qu'on oublie, qu'on aille "de l'avant", que l'on cesse de ressasser.

 

C'est faire bien peu de cas des 6 millions de juifs morts, des gitans, des homosexuels, des handicapés, de tous ceux qui, considérés comme des "unter menshen", ont été affamés, torturés, gazés.

 

Se souvenir et rappeler cette folie meurtrière, les morts, mais aussi ceux qui ont eu la force de vivre, d'aimer encore et d'exister.

 

Se souvenir du passé pour mieux concevoir l'avenir.

 

 

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Yad vashem.

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December 10 2012 2 10 /12 /December /2012 08:11

 

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Cartooning for Peace. KAP

 

 

Je suis d'une génération qui a connu la remise de Prix à l'école et qui n'en a jamais reçu un seul.

 

Je détestais cette cérémonie à la con qui récompensait les fayots, forcément binoclards, oui à l'époque être porteur de lunettes n'était pas encore sexy, et lèche-culs, cela déjà rémunérateur.

 

Je me souviens comme si c'était il y a une heure, de la sensation que j'éprouvais, celle mêlée de mépris et d'envie, mais surtout d'injustice.

 

Les plus démagos des directeurs s'évertuaient à inventer des prix à la con, telle que celui de la camaraderie, ou du meilleur lecteur, pour compenser les défaillances intellectuelles de certains, du moins de leur point de vue, car tout le monde sait que le Prix ne fait pas l'homme, ni la femme d'ailleurs.

 

Jamais aucun n'a pensé au Prix du plus démerdard, ou celui du plus baratineur, le plus calculateur, le meilleur illusionniste, le plus démago.

Dommage, il aurait été un précurseur, et sans doute aussi célèbre que Nobel.

 

Depuis, j'ai gardé cette aversion des médailles et autres récompenses.

Que ce soit l'élection d'une Miss, l'Eurovision, ou les Oscars, ces cérémonies me font, au mieux rire, au pire gerber.

 

Le Prix Nobel de la Paix, qui n'a pas toujours récompensé que des schmocks, a, admettons-le dérapé plus d'une fois, ternissant à jamais ce pourquoi il fût crée.

 

Nobel, qui donna son nom à ce Prix, et à d'autres, avait de l'humour, puisqu'il fût, notamment, l'inventeur de la dynamite.

 

C'est sans doute pour ça que l'on peut voir au palmarès, Mère Térésa côtoyer Yasser Arafat (un grand pacifiste, c'est connu) ..., mais aussi Aung San Suu Kyi et Oï Bama, ( un beau parleur, c'est sûr), pour ne comparer que ceux-là.

 

Je disais donc, rire ou vomir, on peut choisir.

 

D'ailleurs quelques nobelisés ont fortement critiqué les choix du comité norvégien, concernant l'UE, l'accusant de ne plus se conformer aux règles, le Prix sensé récompenser je cite, " la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix " (source Wikipedia).

 

Déjà la gratification du squatteur, certes légitime, j'en conviens tristement, de la Maison Blanche avait suscité l'étonnement.

 

Mais entre un gars récompensé de n'avoir rien fait pour la paix justement, et une institution qui met sans cesse de l'huile sur le feu par des déclarations systématiquement critiques envers Israël par exemple, (ben oui, ça m'intéresse plus particulièrement), et arrosant de pognon des dictatures telles que le Hamas, mais pas seulement, je préfère encore, par dépit, le Prix de l'illusion à celui du tapinage.

 

Mais tout cela est dans l'air du temps sans doute, après les bouffonneries de l'ONU, l'imposture, la mascarade et le "grand n'importe quoi" nous font presque aimer la télé-réalité.

 


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September 25 2012 3 25 /09 /September /2012 11:56

Enfin, si, si c'est pour dire "pardon" quand tu bouscules quelqu'un, ou parce que tu n'as pas compris ce qu'on vient de te dire.

 

Mais demander "pardon si je t'ai offensé", entre un "shana tova" (bonne année) et un "hag sameah" (bonne fête), pour mieux recommencer après les fêtes ...

 

Non, merci, ça ira.

 

Ce n'est pas que je n'ai jamais demandé pardon, loin de là, mais je ne l'ai pas fait en gros, genre, au cas où je t'aurais offensé, eh bien je m'en excuse...

Allez hop, je me sens mieux, tu te sens mieux, tout baigne.

 

Théoriquement, il faut que la personne offensée accepte le pardon.

 

Il faut lui dire, les yeux dans les yeux, et que celle-ci réponde je te pardonne.

 

Et puis il faut en plus de demander pardon, se repentir.

 

Seulement voilà, quand on commence à réfléchir à ses mauvaises actions, son comportement, on se trouve toujours une excuse.

 

La conjoncture, le quiproquo, la faute à l'autre, ...

 

Une excuse qu'on se fait à soi-même, hein.

 

Et l'autre, l'offensé en est pour ses frais.

 

Il y a des choses qu'on pardonne parce que l'être humain est ce qu'il est.

Faible.

 

Et puis il y a les choses impardonnables, parce que l'être humain n'est que ce qu'il est.

Petit.

 

Ce qui serait bien, c'est de réfléchir avant d'offenser.

Pour ne pas offenser justement.

 

Les religions ont bien compris cela, elles qui ont inventé le pardon.

 

La psychologie moderne aussi d'ailleurs.

 

Il paraît qu'on se sent mieux après.

 

Parce que de là à espérer que les gens se conduisent  mieux, en mensch comme on dit ....

 

 

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September 1 2012 7 01 /09 /September /2012 13:13

4 ans que j'ai fait mon alya.

J'ai l'impression d'y être depuis des années, et pourtant ...

 

Pas l'once d'un regret, et toujours cet émerveillement de vivre ici.

L'impression de faire partie d'un tout bordélique mais harmonieux.

Le sentiment de vivre au creux du Monde, où derrière chaque porte il y a une histoire.

La certitude d'être enfin à ma place.

 

Bien qu'ayant tout recommencé, jusqu'à apprendre à lire et à écrire, (c'est pas gagné d'ailleurs), bien qu'ayant changé de niveau et de mode de vie, de climat, (j'aime pas la canicule), de nourriture, de monnaie, de voisins, de culture, de boulot(s), (hé hé), je ne me lasse pas d'être ici.

 

Nouveaux amis, parmi les premiers voisins mais aussi parmi ceux qui, comme nous, ont sauté le pas, parfois il y a très longtemps.

Après le boulot, la plage, les rendez-vous au café à l'ombre du soleil.

L'énergie incroyable de ce pays, le dynamisme de ses habitants, leur humour, leur curiosité et leur fierté.

 

Tout ça, et encore bien plus, fait que je suis fière et heureuse d'être israélienne.

Depuis 4 ans déjà.

Seulement.

 

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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
Ou le contraire.
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Gai luronne à ses heures.
Imbue d'elle même et menteuse!
Non, ça ce n'est pas vrai!
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