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February 21 2013 5 21 /02 /February /2013 08:52

En dépit de tout pronostic alarmiste, et après quelques heures de conduite à travers le Néguev et le long de la Mer Morte, nous sommes arrivés sans encombre à destination.

 

Pour être franc, je ne suis pas vraiment fan de Jérusalem et je ne pense pas à y retourner de si tôt : je n'ai pas ressenti le véritable choc mystique dans la vieille ville (assez peu biblique dans la pratique, puisque la plupart des monuments ont été construits par divers sultans il y a environ 500 ans)

 

Sans compter que mon enthousiasme biblique personnel était limité au départ, j'ai été plutôt perplexe après m'être égaré dans le quartier ultra-orthodoxe.

 

Je ne me suis pas envolé avec l'âme du prophète sur l'Esplanade des mosquées (c'est surtout un bon endroit pour prendre un coup de soleil), et je suis sorti du Saint-Sépulcre après deux minutes, écœuré de voir des femmes 100 % hystériques baiser et frotter avec un petit chiffon huilé la 'Pierre de l'onction', (encore une invention à dormir debout).

 

Il n'y a guère que le Mur des lamentations que j'ai trouvé un bel endroit, émouvant et très digne, bien que j'aie du mal à comprendre pourquoi les femmes – cinq fois plus nombreuses que les hommes, soit dit en passant – ne puissent prier que dans un tout petit enclos séparé.

 

Mais bon, je suis sans doute féministe.

 

En revanche, ce qui est vraiment étonnant, voire étrange, outre le fait d'avoir mangé deux des quatre meilleures pizzas de ma vie (en matière de pizza, je tiens des statistiques précises), c'est de m'être senti pas dépaysé du tout et presque comme chez moi.

 

Cela devrait valoir dans l'autre sens aussi : comme j'ai très rapidement appris (je suis très bon pour ce genre de choses) à dire 'Shalom' et 'Toda' avec l'inflexion et la nonchalance voulues, on me parlait en hébreu, et on m'a plusieurs fois demandé si j'étais juif, notamment les serveuses, certaines plutôt mignonnes, dans les restaurants. 

 

Même mon nom de famille, avec son orthographe allemande un peu bizarre, (n.b Philippe est alsacien) passait très bien - alors qu'il consterne de façon plus ou moins visible la plupart des gens en France.

 

J'ai d'ailleurs une jolie carte de fidélité d'une boutique de fringues avec mon nom écrit en hébreu, sans que j'ai eu besoin de le répéter plusieurs fois…

 

Pour finir, lorsque nous sommes repartis, au poste de contrôle en descendant vers la Mer Morte, alors que la plupart des gens se faisaient contrôler, j'ai adressé mon plus beau 'Shalom' à une jeune femme en treillis armée d'un pistolet mitrailleur et d'un grand sourire, et nous sommes passés comme une fleur…

 

Tout cela, comme tu l'imagines, m'a donné envie de revenir sans trop tarder.

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February 19 2013 3 19 /02 /February /2013 09:04

Philippe est un garçon que j'ai connu en vacances, il y a 36 ans.

 

Outre ses nombreuses qualités, il écrit divinement.

 

Il pourrait consacrer une page entière aux hémorroïdes, que ce serait délicieusement drôle et poétique.

 

Il m'a beaucoup parlé de son envie de venir en Israël et puis ...

 

Voici un extrait du courriel que j'ai reçu de sa part et que je partage avec vous, et avec sa permission.

 

 

Mon amie de cœur avait repéré une offre de vacances irrésistible en juillet : 15 jours all-inclusive au Hilton en Égypte, dans le Sinaï, pour 990 euros, voyage compris.

 

Je suis 97 % anti voyage organisé (ce qu'un ami à moi appelait 'la transhumance des porcs suants') et anti all-inclusive (c'est à dire pouvoir boire et manger à volonté des choses qu'on n'aurait aucune envie de boire ou de manger en temps normal), mais disons que les 3 % restants l'ont, dans un premier temps, emporté...

 

 

Vérification faite, c'était à Taba, à 10 km à vol d'oiseau d'Eilat. Ce Hilton a d'ailleurs été construit par les Israéliens à l'époque de l'occupation du Sinaï.

 

Il est aussi célèbre pour un attentat dévastateur dont il a fait l'objet en 2004 (ça, je l'ai su par la suite, ce n'est pas sur le site Hilton ‘Where the world gathers' et autres accroches vaseuses).

 

Bref, en avant pour Taba.

 

 

Sur place, un ruban de galets minuscule, un beau récif avec de fort jolis et frétillants poissons, beaucoup de chaises longues avec des matrones ukrainiennes ni jolies ni frétillantes (encore moins après avoir bafré comme des ogresses au buffet), un vieux bédouin à l'air résigné et au regard vacant avec son dromadaire vaguement galeux muni d'un réceptacle à crottin sous la queue (for the picture, effet semi-garanti au retour à Odessa ou à Lugansk, surtout avec le restaurant thématisé 'Taj Mahal' en arrière-plan).

 

Un hôtel de 14 étages, un grand bar (sympa, mais il faut aimer le gin égyptien) et un très grand restaurant (nul, à part les potées végétariennes de lentilles aux épinards, mais sur 15 jours, on s'en lasse un peu). 

 


En prime, aucune excursion possible en Égypte hors du Sinaï (merci les Frères musulmans) et tout déplacement en solo déconseillé dans le Sinaï (sauf à vouloir faire à terme une vidéo larmoyante sur le storyboard d'un bédouin excité).

 


Et à 500 m, une frontière soit-disant fermée, ou « vous pouvez sortir mais plus rentrer à cause du tampon israélien », « on ne peut y aller qu'en voyage organisé », ou encore, « il fallait demander un visa avant de partir ».

 

Autant dire, après 48 h, mes 97 % bouillonnants avaient repris le dessus...

 

Un beau matin, j'ai donc décidé que munis de nos passeports et d'eau minérale (pour le cas où nous serions retenus dans un no man's land incertain par d'impénétrables fonctionnaires en uniforme) nous partirions à l'assaut de cette terrible frontière...

 

35 min et une série de tampons plus tard, nous étions dans le taxi de Charlie (anywhere, anytime, just call me) qui nous a conduit en 10 min, queue de cheval au vent (no need for aircon, it's only 40 °C today), jusqu'au centre d'Eilat.

Nous y sommes retournés quatre fois…

Au point que cela faisait marrer les préposés israéliens qui avaient pris l'habitude de nous voir.

En soi, Eilat, ce n'est pas très beau, mais c'est le paradis des shoppeurs fous, c'est gai, c'est animé, les gens sont gentils, la limonade est bonne et le café aussi (sans oublier l'excellente bière Bazelet brassée sur le plateau du Golan), et en plus, on n'est pas abonné à la potée aux lentilles.

 Après deux incursions à Eilat, j'ai tout simplement décidé que nous irions à Jérusalem par nos propres moyens, j'ai acheté une carte routière, loué une voiture, et en route.

A suivre ...
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December 25 2012 3 25 /12 /December /2012 13:36

 

L'israélien, je l'ai déjà dit, est partageur.

 

Bien avant l'invention des réseaux dits sociaux, l'israélien se mêlait de tout, savait tout, et te prenait à parti pour que tu ailles dans son sens.

 

ll aime te faire part d' une bonne adresse, t'aider quand tu n'as rien demandé, ou te recommander le cousin d'une amie du voisin de sa tante.

 

Tout ça dans une ambiance gueularde et jubilatoire.

 

Mais ce qu'il est incapable de faire, c'est de faire court.

 

Il va mettre 1/2 heure à te raconter un truc qu'il aurait pu dire en 5 minutes, concluant sa diatribe par un "Bekitsour", littéralement "En bref ..."

 

Tu parles !

 

Ainsi quand la gérante de l'immeuble fut assaillie à son retour d'une semaine de congé à Eilat, par une foule tonitruante de bonne femme, rejointe ensuite par leur mari, je compris qu'on allait enfin résoudre le problème puant des égouts de notre immeuble.

 

Les propriétaires du premier étage, soit 4 familles, ont ainsi préféré vivre en apnée une semaine, plutôt que de résoudre le nauséabond désagrément, attendant de se jeter sur la pauvre femme à qui cette tâche incombe.

 

Entre nous, des égouts qui puent, tu patauges dans la merde, la peste menace, ...

Pourquoi faut-il une heure et demi de palabres, montre en main, à 21h30 en beuglant, pour conclure qu'il faut agir, et vite ?

 

Et frapper à toutes les portes à 23 heures pour collecter l'argent qui va payer l'égoutier le lendemain matin, en urgence évidement ?

 

Parce que.

 

Inscrivez-vous à la newsletter, à droite, en haut, oui là, ça vous évitera de vous demander quand j'ai pondu un nouveau billet !


Hier soir, après avoir attendu 1/2 heure le bus qui était en retard pour rentrer de Tel Aviv où je travaille, à Kfar Saba, le chauffeur s'est arrangé pour renverser, 3 stations plus loin, un motard.

 

Mon coeur s'est arrêter de battre quand j'ai vu, juste sous ma fenêtre, un très jeune gars glisser sous sa moto.

 

Je n'ai pas encore compris comment le bus n'a pas chaviré sur lui, tous les passagers voulant voir ce qui se passait, ils ont eu la bonne idée de se précipiter de son côté.

 

Je ne sais pas qui du gars à moto ou du chauffeur était fautif, vu que c'est un concours du plus chauffard, mais un type à terre, sous sa moto, ça choque.

 

Heureusement, le gars s'est relevé et le chauffeur est descendu, mal à l'aise, plus parce que conscient des 40 paires d' yeux rivées sur lui, que parce que lui et ses coreligionnaires sont des assassins en puissance, infoutus d'arriver à l'heure avec ça, qui vous donnent envie de gerber tellement ils roulent mal, et pour qui sourire est du domaine de l'impossible.

 

Merde.

 

Bekitsour.

 

On est au milieu du trafic, et les deux se mettent à caqueter.

 

Il y a toujours en pareille circonstance, au moins un individu qui vient voir si tout va bien.

 

Ce que fait un passager, prêt à défendre la victime et ses intérêts.

 

A chaque fois que j'ai assisté à un accident ou un différend, Robin des Bois surgit.

 

L'acrobate malgré lui est plus préoccupé par les griffes faites à sa bécane, qu'au fait qu'il a mal à la jambe.

 

Et ça papote, ça papote.

 

Les passagers et moi-même, rassurés qu'il n'y ait pas de mort, appelons nos proches pour expliquer que nous aurons encore plus de retard parce que le bus a renversé un type à moto, et que oui, oui, ç a l'air d'aller, et que non, nous sommes toujours sur place parce qu'ils discutent dehors.

De quoi, personne ne sait, mais nous espérons arriver à destination avant l'aube.

 

Non on n'a pas appelé d'ambulance. Oui ils auraient du, mais non, pas de flic, pas d'ambulance.

Bien sûr qu'on te tient au courant.

 

Le chauffeur réapparaît après certainement un quart d'heure, pour nous demander encore cinq minutes de patience, parce qu'il va donner ses coordonnées à l'accidenté.

 

Mais de quoi ont-ils causé pendant tout ce temps ?

 

Les gens murmurent, " Ouais, ouais, c'est ça, donnes tout ce qu'il faut, qu'on y aille déjà! "

 

Les 5 minutes se prolongent et je décide de remettre mes écouteurs, et de dormir.

 

 

 bebe-blase.jpg

 

 

 

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July 30 2012 2 30 /07 /July /2012 08:18

 

 

... c'est la religion.

 

Alors dire que tout fout le camp à cause de la religion ... c'est inutile..

Et un peu con.

 

J'ai découvert ici les degrés sans fin de croyances en tous genres, entre superstitions (c'est dingue ce que c'est lié), déguisements à toutes les sauces, innovations créatives et inepties incommensurables.

 

En diaspora, les choses sont un peu plus simples.

Il y a les non pratiquants, les pratiquants et les très pratiquants.

 

En Israël, il y a les laïcs et fiers de l'être.

Ils mangent du porc et des crevettes, ne font pas les fêtes, portent des vêtements réduits à leur plus simple expression, font la bringue à shabbat, et détestent les religieux.

(Enfin, tout ça "be kitsour", en très résumé !)

 

Il y a ceux qui mangent cachère, mais seulement à la maison.

Ceux qui mangent cachère partout, mais ne respectent pas le shabbat.

Ceux qui mangent cachère, respectent le shabbat, mais mangent quand même chez toi, même si ce n'est pas cachère.

Ceux qui font tout ce qu'il faut pour Lui plaire, mais s'habillent comme tout le monde, c'est à dire un minimum.

Celles qui font tout ce qu'il faut pour Lui plaire, portent des manches courtes, et des jupes courtes, et se couvrent la tête et celles qui font tout comme il faut, qui portent des manches et des jupes longues mais ne se couvrent pas la tête.

 

Ceux qui te font la bise, ceux qui ne te font pas la bise, mais te serrent la main, ceux qui ne te touchent pas, bien qu'ils t'aiment beaucoup (il se reconnaîtra celui-là), ceux qui te regardent de haut, ceux qui te parlent en regardant ailleurs, ceux qui ne te parlent pas, ne te voient pas, et pour qui tu n'es pas juif, et il y a ceux qui renient la partie de la famille non ou moins pratiquante, qu'ils soient parents ou grand-parents, frères ou soeurs.(Ceux-là c'est la secte des trous du cul.)

 

Il y a ceux qui font tout comme il faut, sauf que l'abstinence, à la longue ça les saoule, surtout après 25 ans.

 

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Il y a ceux qui prient pour toi, parce que tu ne le fais pas, ceux qui te pardonnent, alors que tu ne le demandes pas, ceux qui t'apprennent plein de choses fascinantes sur ta propre Histoire, ceux qui ne veulent pas en entendre parler mais embrassent 100 fois par jour la mezzouza, ceux qui ont le courage de leurs choix, et puis il y a ceux qui, au cours de leur vie, se rapprochent et s'éloignent de Lui au gré des rencontres ou des peines.

 

Ceux qui font tous les jeûnes, ceux qui en font certains et ceux qui ne le font jamais.

 

Ceux qui En ont peur et ceux qui Le narguent.

Ceux qui n'Y croient pas mais L'implorent.

Ceux qui L'ont découvert et te regardent avec compassion, parce que toi tu ne vois toujours pas.

 

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Mais ce que vous verrez le plus souvent, ce sont des familles où chacun s'accommode avec Dieu, et des photos de familles où chacun porte la longueur de manches qui lui plaît, se couvre où non la tête, est marié ou vit en concubinage.

 

Ou mieux, enfin je me comprends, des couples dont l'un est pratiquant et pas l'autre.

Et il y en a bien plus qu'on ne le croit.

 

La religion, c'est personnel, et surtout c'est ce qu'on en fait qui compte.

Dire qu'il faudrait un monde sans religion, c'est affirmer qu'un cerisier sans cerises serait toujours un cerisier.

 

C'est con.

 

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November 4 2011 6 04 /11 /November /2011 20:24

 

Rendons à la Belgique ce qui est lui est dû.

Elle est à la pointe en ce qui concerne la médecine et personnellement, j'avais mes habitudes depuis des années, une confiance immense dans les spécialistes à qui j'avais à faire et qui me connaissaient par coeur.

 

Aussi, arrivée ici, j'ai mis un temps fou à choisir, même un médecin de famille.

 

Je vous ferai grâce des habitudes à prendre quant aux démarches à suivre pour tel ou tel praticien, ainsi que tous les changements auxquels il faut s'habituer.

 

Je n'ai jamais chercher à n'avoir à faire qu'à des médecins francophones, et la plupart des rares toubibs que j'ai contacter, je les ai choisi par hasard.

 

plaque_souslacroup.jpg

 

Il y a des centres avec des médecins à tous les étages.

Des couloirs avec des portes sur lesquelles sont inscrits des noms, Dr Machin, et des spécialités.

Suffit de frapper, d'entrer et de prendre rendez-vous.

 

Après, c'est le contact qui compte, et l'expérience que l'on peut avoir engrangée pendant nos longues années de visites de routine.

 

De toute façon, on vous rétorquera toujours qu' "Ici, c'est comme ça"!

 

Pour me rassurer, je regarde autour de moi le nombre incalculable de centenaires qui circulent dans les rues, et bêtement, ça me rassure.

 

Nous avons été plutôt contents dans l'ensemble, même si, parfois, le contact n'est pas top.

 

radiologie.gif

 

C'est ainsi qu'il y a deux jours je me suis retrouvée dans un centre de radiologie dentaire, au look d'avant Prestroïka, entre les mains d' Uri, un russe, né lui aussi bien avant, qui m'a enfourné brutalement et 14 fois, des plaquettes dans la bouche. (Encore heureux que c'était dans la bouche !)

 

Quand je l'ai dit à ma dentiste, elle m'a dit que tous les patients se plaignent ...

 

Mon généraliste, quant à lui, m'a suggéré quelques prises de sang, à faire car "Madame vous avez 50 ans ", ( ouais et alors ?)

 

J'arrive à un endroit où il y a la file et j'attends mon tour, après avoir pris un ticket, alors qu'aucun écran n'indique de numéros qui défilent, et j'arrive devant l'infirmière à qui je demande de prendre ma tension, "Car", Je lui dis, "Il y a deux semaines, elle était basse."

Elle s'exécute et m'annonce affolée que maintenant elle est beaucoup trop haute.

Du coup, moi qui était cool, je me mets à flipper et je zappe un peu la suite.

 

Je ressors avec un sentiment étrange, mais je ne sais pas pourquoi, et surtout, je me précipite chez le médecin de famille juste à côté, pour qu'il vérifie à nouveau ma tension.

 

Pas du tout, ma tension est très bonne !

 

Dans le bus, mon doute devient plus grand.

Pourquoi m'a-t-elle piquée dans l'épaule et pas dans la veine ?

 

Le lendemain soir, chez des amis, je pose la question.

Pourquoi prend-t-on le sang dans l'épaule ?

 

...

 

Gloussements.

 

Fou rire générale.

 

J'ai été vaccinée contre la grippe à mon insu !

 

Oui bon, ça va hein !

 

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September 3 2011 7 03 /09 /September /2011 12:30

J'ai eu les coordonnées de l'adorable Miri par un ancien collègue, et c'est ainsi qu'elle est venue me chercher à la maison pour mon cours de conduite.

 

Qui se résume à perdre la plupart des habitudes accumulées ces trente dernières années.

 

SURTOUT les deux mains sur le volant !

J'ai du être manchote dans une autre vie, parce que je ne conduis qu'avec une main, ...et bien, "Non, oï va voï", me dit Miri, " Tou né pé pas !!! "( En français.)

 

50 kms/h en ville, sauf si c'est écrit 60.

 

Forcément.

 

"Quoique tou fasses, régarde bien dans lé rétroviseur à goch, à droite, en haut, en bas..."

 

Comme Miri parle français avec un accent très sexy, d'ailleurs Miri est très sexy aussi, tous les français se refilent son numéro.

 

Je me retrouve donc dans la voiture avec M., un dentiste fraîchement arrivé et charmant, qui pratiquait son métier à Paris depuis 28 ans et qui va devoir repasser une équivalence au mois de mai.

Il a la trouille et moi je le trouve incroyable d'humilité ce bonhomme.

 

Il y a aussi, V. la parisienne spitante et dynamique qui a tout de suite trouvé du boulot grâce à son anglais.

M., une sud-africaine qui parle rugby avec L., un toulousain qui nous a fait rire aux larmes.

 

קיבוץ גלויות Kibbutz Galouyot,  le melting pot israélien, une des choses qui me plaisent tant ici.

 

Tous viennent d'arriver, et tous ont cette attitude si typique du ole tellement hadash (nouveau) et tellement enthousiaste, avec une petite pointe d'appréhension...

Tous ont des enfants, parfois des ados, pour lesquels ce n'est pas facile de tout quitter.

 

La rentrée des classes, comprendre qu'ici tout est différent, sans que ce soit forcément mieux ou moins bien.

 

Différent.

 

Moi je m'emploie toujours à dire aux nouveaux, de ne surtout pas écouter les ronchons et les losers, qui sont pléthore ici, mais de n' entendre que les gens positifs et heureux d'avoir sauté le pas.

Comme moi.

Il y a 3 ans, exactement le 1er septembre 2008.

 

Nous partons pour Hertzelya, entassés dans la voiture, pour passer le test.

Notre grande grande chance, c'est que nous ne devons pas le passer à Jérusalem ou à Tel Aviv.

Ne le passerons dans un quartier résidentiel de Hertzelya donc, ou pas un chat ne circule et encore moins un des innombrables tarés dotés de 4 roues qui sillonnent les routes israéliennes.

 

Nous ne saurons rien ce jour là, car depuis que des instructeurs se sont fait agressés par des recalés, la nouvelle est annoncée au téléphone par la prof de conduite, le lendemain.

 

Nous avons réussi tous les quatre, youpie !

 

 

 

 

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August 28 2011 1 28 /08 /August /2011 17:36

Il faut aller au ministère des transports avec le papier rempli par le docteur (!) et l'opticien agrée (!).

Cela donne l'occasion de visiter la belle ville de Holon.

(Humour humour, Holon, LA ville pour devenir dépressif, pire que Modiin, c'est dire....)

 

Nous cherchons pendant 3/4 d'heure le moyen d'accéder à cette ville paradisiaque, en bus, train, roulotte, sans que cela ne nous prenne une demi-journée.

Une demi-journée pour y aller.

Je ne parle pas de revenir.

 

Nous louons une voiture.

Je dis nous, parce que mon amie de Tel Aviv vient avec nous, et Chéri vient aussi, par amour, parce qu'il a congé et parce que lui, il a eut l'intelligence de le passer ce foutu permis, il y a belle lurette, alors que moi, j'ai attendu la dernière minute pour le faire.

 

J'explique.

Quand on fait son alyah, on peut conduire pendant un an avec le permis d'origine.

Ensuite, en fonction de son statut, et là ça se complique, on a un an et jusqu'à trois ans pour le repasser et obtenir le permis israélien.

Quoique, parfois c'est quatre ans, pour une raison inconnue et que je n'ai pas envie d'approfondir.

Moi, le 1er septembre, ça fera trois ans que j'ai eu l'excellente idée de venir vivre ici.

Et bien sûr, j'ai attendu maintenant pour m'affoler avec ce nom didjou de permis.

 

Nous partons de bonne heure, et arrivons au ministère des transports.

Première file pour obtenir un ticket.

Arrivés au bonhomme dans sa cage, "Ah non le ticket, on le prend au guichet même, le 8."

 

LE plus grand des progrès effectués ici, est la pose de distributeurs de tickets.

 

Car le sport national, c'est de te marcher dessus pour te dépasser, l'air de rien, comme si tu n'existais pas.

Et si tu dis qu'il y a une file, ils ont cet air contrit et innocent du nouveau né.

Puis te regarde genre, bon ben maintenant j'ai dépassé, et toi, si tu n'es pas moi, tu dis "D'accord"!

Moi je dis "Retournes d'où tu viens, c'est mon tour, voyou, amateur de mes deux, moi Jane, toi rien du tout, dégages !"

Tout ça sans ouvrir la bouche, juste avec mon regard assassin, hé hé ...!

 

Nous attendons donc et sommes appelées quasi en même temps, mon amie et moi.

 

Chance, je tombe sur le spécialiste du coin, interrompu toutes les deux secondes par ses collègues, ainsi qu'au téléphone, afin qu'il explique ce qu'il faut faire dans les cas plus ou moins compliqués qui les occupent.

 

En deux minutes c'est fini.

Mon amie, elle, apprend qu'elle doit fournir un papier avec toutes ses entrées et sorties du pays depuis le début.

Début de quoi ?

Elle est "katin hozer", littéralement, "mineur qui revient".

(Prononcez "katine", j'entends déjà les ricanements.)

Comme Chéri.

 

Et ça fait marrer tout le monde parce qu'à 50 ans bien sonné, être "katin"ça fait un peu attardé.

Et ça ne fait pas marrer les "katin" en question, parce que c'est surtout source d' emm.....

 

La veinarde qui est venue avec nous en voiture...

Nous l'emmenons au ministère de l'intérieur de Holon, pour qu'elle obtienne ce papier et, ensuite, retour au ministère.

 

On lui a dit qu'elle ne doit pas faire la file une deuxième fois,décidément, quelle veinarde.

Décidément.

 

 

 

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August 12 2011 6 12 /08 /August /2011 11:22

 

Une amie qui vit en Belgique et qui s'intéresse aussi à d'autres choses que celles qui la concernent directement, comportement suffisament rare que pour être apprécié, me demandait mon avis sur les manifs des israéliens.

 

israel-tentes

 

Lorsque, par le biais de fb, un mouvement encouragea les consommateurs à cesser d'acheter du cottage cheese, vu son prix scandaleux (7shekkels-1,40 euro, cours du jour), les israéliens ont suivi comme un seul homme.

 

Et j'ai trouvé ça d'autant plus génial, que 1) ce n'est pas habituel ici, culturellement de manifester son mécontentement, autrement qu'en râlant, et que 2) cette denrée périssable allait finir à la poubelle.

 

Les distributeurs diminuèrent aussi sec le fromage.

 

Les loyers sont faramineux, et souvent, les logements sont à la limite de l'insalubrité.

Les israéliens sont les champions de la colocation, mais même en partageant, la proportion entre la qualité et le prix, reste scandaleuse.

 

Seulement voilà.

Je n'entends pas rouspéter, parce qu'à Tel Aviv, le café est plus cher, ainsi que les restos bondés et inaccessibles sans réservation.

Et, bien que les couches soient effectivement hors prix, les parents gâtent pourri leurs enfants, à qui ils ne refusent rien, laissent tourner leur moteur pendant qu'il parlent au téléphone dans leur voiture, mettent la clim à fond et achetant tout ce qui leur fait envie, sans regarder les prix.

 

Les salaires sont souvent bas, et je sais de quoi je parle, mais les israéliens possèdent, pour beaucoup, une ou deux voitures, avec lesquels ils vont au magasin du coin, parce que dehors, il fait trop chaud.

 

Ils ont tous un ou plusieurs ordinateurs, un ou plusieurs téléphones auxquels ils sont pendus jusque dans les toilettes.

Ils ont des notes astronomiques de téléphone d'ailleurs, mais ils ne l'en utilisent que plus.

Vous n'avez jamais vu autant de IMachin au mètre carré.

Ils sont des consommateurs jamais rassasiés, qui ne savent pas ce que c'est l'économie, et encore moins l'écologie.

 

Les magasins restent grands ouverts avec la clim au maximum, et dans les bureaux ou le bus, on doit mettre des pulls en plein mois d'août.

 

Il y a bien des choses ici qu'il faut améliorer d'un point de vue social, mais on a le choix en Israël, de prendre le bus ou d'acheter un vélo.

 

On a le choix de faire ses courses dans un nombre incalculable de chaînes de supermarchés qui se conccurencent à grand renfort de promos, on a le choix de ne pas louer un taudis au prix fort, si on daigne quitter Tel Aviv, ce que font plein de gens qui choisissent la banlieue verte et riante, telle que Kfar Saba.

 

Mon loyer pour 75m2 est trois fois moins cher qu'à Tel Aviv, et je suis à 20 minutes de tout en voiture.

Je n'ai pas de voiture, mais je m'en fiche.

Quand il le faut, j'en loue une.

 

Et si je veux aller à la plage, au musée, voir mes amis, boire un café exhorbitant, j'ai le bus climatiser et avec wifi, qui m'y amène tous les quart d'heure.

 

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June 27 2011 2 27 /06 /June /2011 13:05

 

A mes lecteurs amis des bêtes, quelles qu'elles soient, ce billet n'est pas pour vous !!!!!

 

 

Avec l'arrivée de l'été, viennent tout un tas de réjouissances telles que les fruits juteux, les moments à la plage et les cafés aux terrasses bondées.

 

C'est aussi le temps de suer à grosses gouttes, à peine sorti de la douche et du chaud-froid imposé par la clim mise au max dans les bus et les magasins et les 36 degrés ambiants.

 

Mais surtout c'est le grand retour des ....djoukims.

Les cafards, de toutes tailles, volants et/ou rampants.

 

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Si vous tendez l'oreille, vous entendrez les cris d'orfraie poussés dans les chaumières, et je ne suis pas en reste, à la vue de ces immondes bestioles.

 

Au début j'avais honte.

 

D'autant que Chéri, tel le preux chevalier qu'il est, s'essayait à la chasse, muni de l'aspirateur, après que diverses tentatives d'écraser les bestioles, l'eussent convaincues qu'un tour final dans le tube empoussiéré valait mieux que le bruit répugnant de carapace brisée que faisait la bête sous ses talons.

Si elle n'avait pas filé sous un meuble, la garce.

Ce qui augmentait mon angoisse de la savoir vivante et prête à surgir au pire moment.

Moi, sans protection d'aucune sorte, dans la salle de bain par exemple.

 

Ô mon héros, qui m'engueulait après chaque hurlement, lui-même pas rassuré...

 

Je ne pouvait plus rentrer chez moi sans appréhensions, car le chat parti, les cafards dansent et je traquais, angoissée, toute manifestation au sol.

 

J'ai même été réveillée la nuit, plusieurs fois, par leurs pattes griffues cliquetant sur le carrelage.

 

cafard-02

 

Et puis j'ai eu la grande satisfaction de constater que les natives de ce pays qui est à présent le mien, n'étaient pas plus vaccinée par la vue de ces .... monstres (si si),  que moi.

 

Je finis par acheter un produit qui devait les anéantir pour 6 mois, sur les conseils avisés d'une autre dégoûtée.

 

Et ça marche, même si ils n'ont pas la décence de se cacher pour mourir, mais bien au contraire de sortir au grand jour afin que je les retrouve sur le dos, raidis par le poison.

 

Je sais, c'est cruel, mais il y va de ma survie et de mon sommeil.

Oui j'insiste, car certains d'entre eux sont grand comme ma main.

 

cafard

 

 

Mais non, je n'exagère pas.

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May 28 2011 7 28 /05 /May /2011 22:21

 

Outre la politique des ces dernières semaines, et l'incroyable discours de Bibi, qui a rendu fier chaque israélien, oui oui, même ceux de gauche, ah ah ah, et outre les vomissures habituelles de la presse étrangère, j'ai vécu moi-même une petite révolution.

 

Une "petite", j'ai dit.

 

En effet, "Dead Fish", Liora de son prénom, la gérante au regard morne, a été virée.

 

Il y a une semaine, la Générale est venue juste après la fin de "mon service", annoncer à cette cruche que c'en était fini de son inactivité.

Je n'ai pas vu la scène, mais mes collègues m'ont raconté qu'elle l'a super mal pris, (on se demande pourquoi) et qu'elle ne s'y attendait pas non plus.

Et là je ne me demande pas pourquoi, connaissant la vitesse à laquelle son cerveau enregistre et analyse une information.

 

Junior Fritz Jacquet

 

Elle est partie sur le champs, laissant Sunshine sans voix, Maîtresse Avital, à qui on avait demandé quelques jours avant de la remplacer, pas vraiment surprise, et la petite nouvelle, insensible à ce départ théâtral.

 

Elle a dit "Les filles, je m'en vais", et la nouvelle a rétorqué, "C'est ça, au revoir".

 

Ah, monde cruel ...

 

Sunshine est devenue encore plus acariâtre une fois qu'elle a su que sa pire ennemie, enfin, dans son imaginaire parano et frustré, sa pire ennemie donc, allait devenir sa gérante.

 

junior 2

 

"Moi aussi je pourrais être gérante, a-t-elle dit."

Je lui ai dit que c'est vrai, elle pourrait l'être, sans vendeuse et sans cliente.

 

Elle descend de sa carriole, je l'ai déjà dit. Ce qui signifie qu'elle traite les gens comme elle devait traiter ses cochons dans la ferme ukrainienne où elle est née.

 

Elle a dit un jour à une cliente qui demandait de bien vouloir s'il vous plaît commander un jeans dans un autre magasin, que peut-être la cliente voulait aussi qu'on la torche, après qu'elle ait été aux chiottes.

 

Joignant le geste à la parole.

 

junior 1

 

D'ailleurs elle n'a pas vraiment dépassé la période pipi-caca que nous traversons tous dans l'enfance, puisqu'elle sort régulièrement à des clientes qui ne veulent pas dépenser leurs sous chez nous, "Mais tu dépenses au super pour de la nourriture qui, après que tu l'auras mangée, finira quand même aux toilettes ! "

 

Cette femme est le comble du raffinement.

 

Pourquoi ils la gardent ? Je ne sais pas.

 

J'ai commencé un séminaire après le boulot, car je voudrais ouvrir ma p'tite entreprise.

(Je vous reparlerai de cette expérience formidable mais épuisante, d'où mon absence du blog.)

 

Le dernier séminaire parlait du service à la clientèle et du fait que le client est roi.

 

On a vu une petit film dans lequel un self-made man américain explique que le client nous fait vivre, nous paye notre maison et nos vacances, et qu'il mérite tous les égards, donc.

 

Bon c'est pas que j'ai beaucoup de vacances et pour ce qui est de la maison ...

( Soupir.)

 

Il a expliqué à une de ses employées qui était de mauvais poil, "Penses de chaque client que tu l'aimes, tu vas voir que ça marche !"

 

Vendredi j'ai dû travailler avec Sunshine, qui a essayé de me piquer mes meilleures clientes comme toujours.

Mais j'ai montré les dents.

 

Et je n'ai pas arrêté de lui envoyer des messages moi aussi.

"Je te hais et tu l'as dans le ...!"

 

masque Junior Fritz Jaquet

 

 

Les masques sont de Junior Fritz Jacquet.

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