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Je me suis demandé...

...ce qui m'a pris de commencer un blog maintenant !
Je veux dire en plein merdier .
Et est-ce décent d'ironiser pendant que nos soldats défendent notre droit à vivre et que des gazaouis qui n'ont rien demandé d'autre non plus que de vivre, soient les otages de fous furieux ?

Mais l'une des nombreuses lois de l'intégration, selon moi, c'est de regarder comment les autochtones vivent et réagissent en situation...de guerre en l'occurence.

Les israéliens, bien qu'à fond concernés par la "matsav", la situation...
Je fais une parenthèse ici concernant ce mot très utilisé en toutes circonstance pour résumer une situation, justement.
"A matsav", ça peut être la crise, la guerre ou n'importe quoi d'autre qui sous-entend que ce n'est pas la joie.
Les israéliens donc, bien que pendus à leur radio ou à la télévision, chez eux , dans la rue ou dans le bus, continuent leur quotidien, non pas comme si de rien n'était, mais au contraire conscients de ce que la vie vaut la peine d'être vécue.

Alors je m'intègre en pensant que chaque minute compte.

"Ié tov", "ça va aller" disent-ils.

Bon, s'ils le disent.

Hier je suis sortie de ma ville silencieuse pour aller à Tel Aviv.

Cette ville est tellement le contraire de Modi'in.
Sale, bruyante, polluée, extraordinairement animée, avec des kilomètres de boutiques, de galeries d'art, de musées et de talents, de restaurant et de bar, cette ville ne dort jamais.
Nous nous sommes donc remplis les narines de pots d'échappement, les oreilles de bruit et les yeux de lumières.

Nous somme rentrés par le train de minuit quatre, ayant raté celui de onze heures quatre, de deux minutes.
Je sais, c'est très bête.

A mi-chemin, la voie ferrée surplombe l'autoroute et le train, à ce moment, ralenti.
Logique.
Sauf qu'hier, il s'est arrêté net en plein milieu du pont.
Je trouve ça étrange mais personne (deux égarés comme moi, du moins dans mon compartiment) ne semble s'émouvoir, alors je fais semblant de rien.
Mais je regarde dehors et je me demande ce qui se passerait si je tombais (avec le train) sur l'autouroute.
Resterais-je accrochée aux porte-manteaux (dont personne ne se sert jamais) ?
Qui a eu l'idée saugrenue de mettre des porte-manteaux ?
Parce que si, par miracle, je réchappe de la chute de train de plusieurs dizaine de mètres (kilomètres?), et que je me blesse à cause de ce foutu crochet...
En plus ils auraient pu les faire plus arrondis !

Est-ce que la dame qui me sourit l'air de dire "ié tov", fait semblant aussi ?
Je l'imite bravement.

Le train redémarre en hoquetant et s'arrête quelques mètres plus loin.
Merde.
Pas de message des employés qui arpentent d'habitude les wagons, alors je me remets à gamberger.
Décidément ces crochets...
Et si je me planque sous le siège, ça augmente mes chances qu'on me reconnaisse à l'autopsie ?
On dit que le ridicule n'a jamais tué personne, mais je me résous à attendre, calculant que je n'en ai que pour deux secondes pour me jeter sous le siège. Une pour me lancer et une pour rouler.
Mais je ne suis pas vraiment sportive, et si je me cogne la tête ?
Ce serait la meilleur !
Ah, le train se remet en branle et je remarque très vite que nous sommes dans une ville que je ne situe pas du tout dans mon trajet habituel.
Lod.
Qu'est-ce qu'on fabrique à Lod ?
C'est à une demi-heure de Modi'in !
Voilà, je sais, c'est un détournement !
Au moment où tout s'éclaire dans ma tête, un employé fini de nous compter.
19.
19 crétins qui vont à Modi'in.
Non ça ne vaut pas le coup pour un détournement.
Enfin, on nous annonce...de ne surtout pas sortir à la gare de Lod.
C'est pas que j'en avais spécialement envie de toute façon.

Personne n'a lair de s'inquiéter, ni même de souffler, ni rien.
Chacun vaque à ses occupations. Dormir pour la plupart puisqu'il est déjà minuit cinquante.
Le train redémarre dans l'autre sens et s'arrête quelques mètres plus loin.
On nous demande de tous aller dans le wagon de tête.
C'est que avec toutes ces allées et venues, on ne sait plus où est la tête.
On nous précise donc : le nord.
Ah, je ne suis pas la seule qui n'a pas de boussole sur elle d'où le petit ballet nord-sud qui s'ensuit, et enfin nous nous retrouvons dans le wagon de tête.
On nous annonce que des taxis vont nous amener à destination, c'est à dire à la gare de Modi'in.
Les portes s'ouvrent et on nous fait descendre...sur la voie.
Là un vieux monsieur roupète en demandant pourquoi on ne nous pas fait descendre à la gare mais c'est presque pour la forme.
Nous rejoignons les taxis qui nous attendent et nous demandons naivement au chauffeur s'il va nous ramener à la maison !
Tu parles !
Le gars est payé pour nous déposer à la gare.
Modi'in à deux heures du mat, c'est presque Modi'in à l'heure de pointe .
Ah ah ah, j'exagère un peu évidement et je tiens à préciser que les Modi'inois (nien, nistes ?) adorent leur ville.
Eux.
Voilà, on n'a jamais compris ce qui s'est passé et même si nous sommes dans les journaux, lire en hébreu c'est pas encore le top pour moi.
Ceci dit, c'est la deuxième fois que je suis confrontée à un "problème" avec le train et je salue l'efficacité de la compagnie pour ce qui est de réagir dans des délais plus qu'acceptables.

Voilà l'intégration c'est aussi pratiquer la "savlanout" !!!!! (patience !)

Ce matin j'ai donc brossé mon oulpan (hé hé), vu que mon réveil n'a pas sonné !
Je me suis bien gardée de le régler et demain je raconterai à la mora (la prof), mes péripéties, et combien "ani mitnatselet" (jm'excuse) d'avoir raté le cours.

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M
<br /> Amusant! L'histoire, et aussi, la façon dont tu la racontes !<br /> <br /> <br />
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C
Ben dis donc, nerveusement, tu es un roc.<br /> Moi je me serais écroulée.<br /> Je t'admire.
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