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October 14 2015 4 14 /10 /October /2015 09:46

À la télé et sur internet, on nous donne plein de conseils pour se défendre en cas d'attaque au couteau, ou pour défendre quelqu'un qui se fait attaquer.


Ils sont marrant eux.


J'ai bien regardé, et pour moi qui ne sait pas me gratter le nez en même temps que faire un sourire, c'est pas gagné.

Sans parler du fait que je suis aussi souple qu'un mormon.


Donc, si on t'attaque de face, et que le taré a le couteau dans la main droite, ... sa droite ou la mienne ? Sa droite, d'accord, tu dois arrêter son bras droit avec ton bras gauche.
...
Ben oui forcément, sinon tu fais des noeuds.
Donc, de ton bras gauche tu arrêtes le mouvements meurtrier, et de ta main droite, tu le tiens à distance ... en plaquant le plat de la main sous, (sur ?) son menton.
...
En même temps, oui, en même temps ! Tu lui envoies un coup de genou dans l'entre-jambe, et tu le fais tomber, avec, heu, avec l'autre jambe ? Non.
Tu le fais basculer par le menton.


En esperant qu'il soit prognathe.


Enfin, tu te démerdes, tu le mets au sol, tu l'y maintiens avec le genou qui était entre ses jambes, si tu le retrouves, et là, tu le frappes comme un sourd.


Et si c'est une femme, l'entre-jambe, sous la robe, c'est pas évident.
Et si il mesure deux mètres, et toi un mètre cinquante ?


Et si il frappe par derrière ?


Bon, sus aux bombes lacrymo.
Rupture de stock.
Les communes les distribuent gratuitement, mais si y en a plus ...


Reste à espérer que ces enfoirés arrêtent, excités par d'autres qui les incitent à mourir en martyr, à un âge où ils devraient reluquer les filles et emmerder leur cons de parents, encouragés par les journalistes débiles qui pullulent.


Non, décidément faut que je trouve une arme défensive.


Chéri m'en a suggéré une.


Un saucisson.

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Miss caustic
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July 26 2015 1 26 /07 /July /2015 19:09



Ça y est, ils arrivent, les nouveaux, les innocents, les naifs.


Avec leur sourire béat et leurs grandes illusions.


Quoi ? Quand j'ai fait mon alya, il y a bientôt 7 ans, les israéliens pensaient la même chose à mon sujet ?


Sans aucun doute.


Maintenant je comprends mieux les regards mi admiratifs genre, "Wouaw, elle a tout laissé tomber, (comprenez, le top du top) pour venir chez nous", mi condescendants, (Ouais, ouais, on t'a pas attendue pour être les meilleurs).


Et cette question réitérée 100 fois, "Ça te plaît ici ? Vraiment ? Vrrrraiment ?"


Depuis quelques mois, on fait le plein de francophones, belges et français confondus.


Ils viennent avec un tas d'idées que nous avons eues avant eux.


Et que nous avons abandonnées.


Avec lesquelles on s'est planté avant eux.


Convaincus de changer les mentalités.


Arf, arf, arf.


Ils veulent apprendre aux autochtones à jouer à la pétanque.


Mais aussi à te tenir la porte, après qu'ils t'aient quasiment marché dessus.


Qu'ils s'excusent ou te remercient.


Arf, arf, arf.


Leur expliquer qu'en France, ça ne se passe pas du tout comme ça.


Revendiquer des aides.


Des quoi ?


Pardon j'arrête 2 secondes d'écrire, je suis prise d'un fou rire.


Bon.


Ah et puis le chic à la française, ils vont voir ce qu'ils vont voir ...
Ils vont ouvrir des boutiques à la française, des pâtisseries à la française, des brasseries à la française, ....


Oui, parce que les belges, qui importent très bien leurs bières, sont en général contents de ce qu'ils trouvent ici.


Mais si, renseignez-vous.


Je n'ai jamais, jamais, jamais entendu un belge dire qu'il allait ouvrir une brasserie belge, une patisserie belge, (et pourtant, c'est la meilleure au monde , la patisserie belge), ni offrir un déménagement à la belge.


Oui il y a ici des déménageurs à la française ...


Arf, ...Pardon.


Ceci dit, quand les israéliens entendent "à la française", leurs pupilles se dilatent, leurs babines salivent, et ils ont l'impression soudain d'être au pays de la chouquette, du "croassang", ou de la baguette.


Sans omettre la "pirée", (purée) qu'ils adorent.


Je travaille moi-même dans une boutique dont les vêtements viennent de Paris et c'est l'extase.


De la Belgique, ils connaissent essentiellement Brissel (Bruxelles) et Brouges (Bruges), allez savoir pourquoi.


Bon après, malgré l'amour des israéliens pour ce qui vient de France, faut s'adapter, hein ...


Ensuite, puisque les olims français sont, en général, aussi débrouillards que des éléphants à qui ont demanderait de voler, d'autres olims français, qui ont appris à planer du moins, ont commencé certains jobs d'aides en tout genre, tel qu'accompagner les nouveaux dans leurs démarches administratives.
Ou, pour les moins chanceux, dans les hôpitaux.


Mais également dans le dépannage informatique, ou pour s'occuper des personnes âgées.


Sans oublier les dizaines de boîtes qui travaillent avec la France et qui engagent à tour de bras, avec un salaire, heu, disons, heu, arf ...


Intégration ? Pas vraiment, non.


Mais, à chacun ses choix.


D'autres qui se frottent les mains, ce sont les médecins justement.


Car, bien sûr, rien ne vaut un médecin français, mmmmmh ?


Accouchement à la française, ulcères à la française et régime à la française, donc.

Oups, je sens que je vais me faire des désabonnés parmi les français.

Mais je le jure, je suis de bonne foi.

Foi d'italienne venue de Belgique.

Arf ...









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Miss caustic
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July 25 2015 7 25 /07 /July /2015 11:46

Je reviens de Bruxelles, après avoir marié mon fils .

Eh oui, eh oui ... (sanglots de ... joie).

J'ai été amenée à plusieurs reprises à raconter que je vis en Israel, notament dans les magasins où j'ai fait mes achats.

Partout, les gens m'ont dit que j'avais de la chance de vivre "là-bas", sauf une brave dame qui m'a avoué qu'elle aurait peur, à ma place.

Je peux la comprendre, ce que je lui ai dit, tout en précisant que je ne vis pas aux frontières, ni à Jerusalem.

J'admets avoir été agréablement surprise, même si je n'ai absolument pas oublié les commentaires antisémites innombrables que j'ai entendu quand je vivais à Bruxelles.

Les craintes ont changé de camps.

Les pères ont peur que leur fille se fassent embobiner par un jihadiste.

Ou leur fils par un site internet.

Un ami, un gars que j'admire, tant il est bon et pétri d'humanité, nous en a très clairement fait part, lors d'une soirée.

Ce genre d'homme, aimant la mixité et les échanges d'idées, a peur pour ses filles.

Pas des garcons et du sexe qui va avec, ni de la drogue et des dégâts qui vont avec, ni même de l'alcool et des dérives qui vont avec, mais bien d'un illuminé quelconque et des ennuis qui vont avec.

Tout comme les parents qui craignent que leur fils, ce bon garcon, un peu taciturne, ne décide soudain d'aller tuer de l'infidèle dans le fin fond du trou du cul du monde, pendant que sa soeur sert de récompense à ses potes devenus de valeureux combattants.

Alors, oui, on peut imaginer qu'en Israel, ça craint, mais hônnetement, je préfère vivre ici.

Parce qu'ici, personne ne fait l'autruche.

Chaque citoyen connait le vrai problème.

Celui qui ne date pas d'hier, ce fanatisme inhérent aux primitifs les plus vulnérables, les pauvres, les sans terre, ceux qu'on manipule en leur disant que c'est la faute d'Israel et de l'Amérique...

Ainsi que celui des gourous appelés plus communément "politiques", relayés par des médias dévoués et ignorants.

Et je préfère vivre dans un pays où l'on appelle un chat un chat et un fou furieux un terroriste, plutôt que de me bercer d'illusion sur un changement inéluctable des sociétés européennes.

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Miss caustic
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February 28 2015 7 28 /02 /February /2015 12:04

Les événements qui s'accélèrent partout dans le monde contre les juifs, pas seulement les juifs d'ailleurs (mais je veux parler ici de l'alya des juifs), je disais donc, ces événements et les réactions qui en découlent sont assez effarantes.

D'abord, les juifs tombent des nues.

"Tu as vu ce qui se passe en Europe ? " me dit-on.

Moi, "Ben quoi ? Ah "ça" ...On traitait déjà mes enfants de "sale juifs" il y a 15 ans à l'école."

Ah bon ? Pas mes enfants ...

"Non, toi tes enfants, ils étaient à l'école juive."

Au boulot, je me souviens d'une collègue italienne, qui m'avait assuré que tous les juifs sont radins, et ça c'était il y a 27 ans.

Je lui avais rétorqué que tous les arabes sont des terroristes, et elle n'avait pas aimé ma réflexion, elle qui était mariée à un marocain.

Je te salue Rosetta.

Même l'émotion suscitée par le massacre perpétué par Merah n'a pas duré.

"Nous sommes belges, français, zoulous, et nous sommes ici chez nous !"

Oui tu es chez toi, si tu enlèves la kippa, que tu caches ton étoile autour du cou, que des gardes armés protègent l'école de tes enfants.

(En Belgique c'est le cas depuis toujours.)

Tu es chez toi, sauf quand on t'accuses de tuer des palestiniens, des enfants en plus .

C'est vrai que tu as tué Jésus, alors ...

Quoi, le rabbin ? J'ai tué un rabbin ? Nan ?

Moi je suis contente d'être partie.

Je ne suis pas partie parce que j'avais peur.

Je suis partie parce que j'avais la nausée.

La nausée d'entendre que tout est la faute d'Israël, des juifs, des incroyants, des femmes qui ne sont plus au foyer, des juifs, des divorces, des partouzards, des minis jupes, d'Israël, de la gauche, de la droite, des juifs, des homos, hétéros, bobos, d'Israël.

Je suis partie, parce que je n'avais plus envie de donner quoique ce soit à la Belgique.

Ceci dit, je n'encourage personne à faire son alya, pas même mes enfants.

Parce qu'il faut voir tout ce qui est réjouissant dans ce pays.

Ce pays chaleureux et multicolore.

Il faut l'aimer ce pays, sa chaleur étouffante en été, les pluies diluviennes et trop rares en hiver.

Il faut s'habituer aux bestioles dégoûtantes, aux gens qui hurlent dans leur téléphone, (non ça non, je ne m'habitue pas, je leur dit de la fermer), aux arbres fleuris toute l'année, aux odeurs de lavande, de romarin et de fleurs d'oranger.

Il faut apprécier la curiosité bienfaisante des inconnus, (Tu es mariée ? C'est pas grave.)

Il faut mesurer leur envie de partager, les bons plans, les bonnes adresses, les coordonnées de célibataires qui cherchent un conjoint, ...

Il faut savourer les 10000 saveurs de ce pays.

Il faut ressentir cette impression de faire partie d'une aventure pleine de futur.

Il faut comprendre la solidarité dans les moments pénibles, les gestes gratuits d'amitié, les vrais coups de main, la sollicitude et la joie de vivre de ceux, proches et moins proches, qui t'entourent.

Il faut avoir envie de venir.

Et être heureux d'y rester.

https://www.youtube.com/watch?v=7DkYGEAeumg

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Miss caustic
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August 12 2014 3 12 /08 /August /2014 09:01

Durant cette guerre qui est loin d être terminée, ce qui aura été le plus terrible, c'est la perte de chaque soldat.


En Israel, il n y a pas de combattants de métier.
Ce sont les jeunes, après l'école, à 18 ans, qui font leur service militaire.

Deux ou trois ans de leur vie à servir leur pays, comme leurs parents avant.

Enfin, sauf les quelques soi-disant objecteurs sans conscience qui laisse "ça aux autres...

Avant d être des soldats, ce sont des fils et des filles, des copains, des cousines, des enfants d amis ...


Ce sont ces jeunes que je vois tous les jours dans mon bus, pendus à leur téléphone, écoutant leur musique, se réjouissant de rentrer à la maison, à la fin de la semaine, parfois après une vingtaine de jours.
Ce ne sont pas des mercenaires, des types payés pour faire la guerre.

Ils se battent parce qu'ils n'ont pas le choix.

Ni l'envie.


Là bas, à Gaza, ce qui aura été le plus effrayant, c est le manque de préoccupation de ceux qui prétendent faire la guerre en leur nom, de leur propre population, et de leurs enfants.

Cette exhibition des corps, cette mise en scène répugnante et systématique du malheur,
ces menaces constantes et cette volonté de nous tuer tous.
De constater à quel point les gazaouis sont otages de ceux pour qui ils ont voté ad vitam.

Ce qui aura été le plus nauséabond, c'est le comportement des dirigeants occidentaux, les putes du monde musulman, les avides de faire du business envers et contre toute morale.

D'assister aux défilés haineux et antisémites dans le pays des droits de l'homme, mais pas de l'homme juif, qu'est la France.

Apprendre le refus de servir un juif dans un commerce, ou pire de le soigner en Belgique


Ce qui aura été le plus édifiant, cest l'attitude puante des sans couilles qui passent leur temps à donner des conseils et à faire la morale, déterminant qui a tort et qui a des excuses.

Ce qui aura été le plus honteux c"est le traitement de la presse qui appelle "terroristes" les terroristes, et "combattants", les terroristes du hamas .


Ce qui aura été le plus important, c est de savourer chaque seconde que je vis ici, fière d' être cette nouvelle israélienne, bientôt 6 ans quand même, et de sentir et ressentir l' immense solidarité qui nous uni, et de réaliser encore et encore qu il n y a rien qui ressemble à Israel.

Ni de loin, ni de près.

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Miss caustic
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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 15:14

Entre-temps, la guerre a commencé.

Nous nous sommes donc retrouvé dans les parking, les cuisines des restaurants, les immeubles.

Dans les escaliers de notre immeuble aussi, évidement.

C'est toujours la même chose.

Sirènes.

Boum. Boum. Boum.

"Bouim" disent les israéliens.

Chez le cardiologue, Chéri se protège dans les escaliers avec tous les cardiaques réunis.

Chez le médecin de famille, il a commencé la consultation dans la pièce sécurisée.

On entend des "Bouim" même quand il n'y en a pas.

Un camion dont on ferme la porte violemment, une casserole qui tombe, ...

A Tel Aviv, j'ai les clés du magasin dans la poche.

Sirènes. Je ferme. J'emmène les clients dans l'immeuble où se trouve la pièce sécurisée.

Boum. Boum. Boum.

Ce qui est fou, c'est que tout le monde laisse tout sur place.

On quitte le resto, le supermarché, et puis on revient pour payer.

La première séance de chimio de Chéri s'est faite en deux fois.

Premier jour immunothérapie. Deuxième jour, chimio.

Nous arrivons tôt, à Tel Aviv.

Nous avons changé d’hôpital et de médecin.

Il garde son "trol" pour le moment.

Dans la salle, des fauteuils alignés, et déjà des habitués.

Chéri est attendu.

On lui explique tout ce qu'on va lui faire.

Il dit "oui" à tout, en me regardant un peu perdu.

Une infirmière au doux nom d'Alefina, Ala pour les intime, le pique doucement.

Des malades arrivent au compte goutte.

Certains viennent depuis longtemps.

Je papote avec une jolie femme à côté de Chéri et je lui dis qu'il est très inquiet de perdre ses cheveux.

Elle le regarde tout sourire et lui dit qu'un homme séduisant, reste séduisant, même sans cheveux !

Je peux pas le laisser seul deux minutes celui-là !

Il y a une dizaine de fauteuils dans la pièce et deux fois plus de visiteurs.

Si les malades sont la plupart du temps calme, voire carrément à la masse, les accompagnants sont bruyants.

Les téléphones sonnent.

Et comme si ça ne suffisait pas, on met le haut-parleur.

"Tu es où ?"

"Je suis avec papa. Liora est là aussi."

"Ah bon ? Liora est là aussi ? Elle ne travaille pas ?"

"Non, elle a pris congé."

"Comment va papa? "

...

Ils viennent à deux ou à trois, créant une chaîne de soutien.

Le malade s'en passerait sûrement, et nous encore plus.

Et, comme partout ailleurs, ils commencent par lui demander comment il va, pour continuer sur leur propre mauvaise expérience de toute une vie de bobos.

Il y en a une qui raconte pour tout l'étage, qu'elle, quand elle a été soignée à l'hopital de Beersheva, même le pq elle a du l'apporter, tu te rends compte ?

Des bénévoles arrivent avec un chariot rempli de jolis sandwichs et des boissons.

Elles ont 230 ans à elles trois.

Pleines de bonne volonté bien qu'un peu surannées, elles demandent à chacun s'il est malade.

Car, bien que les accompagnants aient faim, ces sandwichs sont destinés aux malades.

L'une des trois grâces va demander quatre fois à mon voisin s'il est malade, de quoi lui porter la scoumoune, et quatre fois il répondra non.

Elle lui rétorquera à chaque fois alors, que les malades passent d'abord.

A ma gauche, un couple dans la soixantaine.

Elle demande au monsieur s'il est malade et il dit oui avec un grand sourire.

Tu veux du thé ou du café ?

Du café dit-il.

En même temps que sa femme dit du thé.

Tu ne peux pas boire du café, tu le sais.

Elle explique à la bénévole qu'il ne peut pas boire de café et que ce sera un thé.

La bénévole regarde Pépère et lui repose la question magique.

Café ou thé ?

Et Papy de répondre, l’œil amusé, café!

Le pépé s'amuse comme un fou, et moi aussi !

Le lendemain, chimio.

D'autres malades, et Chéri.

Bonjour, bonjour et bonjour.

Défilé de familles, amis et voisins.

Chacun veut apporter son aide au malade.

Ils arrivent avec des courses, "Tu as froid ? ", "Tu as soif ? ", "Tu veux un coussin ? "

Chéri s'est endormi et je descends prendre l'air.

Les bancs fumeurs sont en face des bancs non fumeurs.

Ça suffit pour que certain mélangent leur droite et leur gauche.

Je m'éloigne et suis agressée par une folle qui règle ses comptes de famille au téléphone.

Je suis certaine que même à la morgue, ils sont encore en ligne.

Je remonte et je suis à peine arrivée qu'on entend les sirènes.

Tous dans la pièce sécurisée avec les cathéters, les chaises roulantes, ...

Tous sauf Chéri. Il a interdiction de bouger.

Alors "son"infirmière, comme il l'appelle, Ala, reste près de lui.

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Miss caustic
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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 14:16

Petits conseils, si quelqu'un vous annonce qu'il a un problème à la rate.

Ne dites pas que l'on vit très bien sans.

L'intention est bonne, mais on vit aussi sans dents ou sans jambes.

Bien, c'est à voir.

Et quand on vous annonce un cancer, la réaction la plus appropriée c'est "Ô merde !"

La variante "Oi oi oi", est valable aussi.

"Rate", se dit "Trol", en hébreu.

Peu de gens savent où c'est et encore moins, à quoi ça sert.

Vive la toile donc.

Tout le monde cherche.

Les manifestations et appels d'amis fusent.

Les amis pratiquants prient pour Chéri.

Chéri ne réalise pas vraiment ce qui se passe et a l'impression d'avoir un pied dans la tombe.

Ses collègues ont proposé de lui faire de bons petits plats, lui qui n'a plus d'appétit.

Chéri qui n'a plus d'appétit, c'est comme un bateau qui vole.

Bizarre !

Il maigrit à vue d'oeil.

Suivront une ponction de la moelle, et une biopsie de la rate.

Pas drôle.

Comme partout, il y a les habitués.

Une dame accompagnant son mari chez l'hématologue nous prévient que l’attente est très longue.

(Trois heures en effet.)

Chaque patient qui sort appelle le suivant.

Parfois il y a des "couacs".

"Rosenthal?

Une dame se lève.

"Tu es Rosenthal?"

"Non, moi c'est Rosenberg."

"Ah, c'est bon aussi, entre!"

Après une multitude d'examens qui seront inutiles pour définir le type de lymphome, en réunion extraordinaire, les médecins décident d'enlever la rate.

Enfin, c'est à Chéri de décider.

Les petits rigolos que voilà.

Mon ex, mais toujours docteur, avait fortement conseillé à Chéri de garder tous ses organes, dans la mesure du possible.

Chéri gardera son "troll'!

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Miss caustic
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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 13:49

La journée, la nuit aussi, mais plus en journée, l’hôpital est incroyablement bruyant.

C'est inimaginable.

D'autant que cela ne semble déranger personne, à part Chéri et moi-même.

Au fond du couloir, un gars joue de la guitare en chantant à tue-tête pour un malade.

On en profite tous et tant pis si on en a pas envie.

Les infirmières s'interpellent d'une chambre à l'autre.

"Rivka, tu lui as changé son baxter à David ?"

"Oui, il y a une heure."

"Et Moshe, il a mangé ? "

"Non, il ne veut pas, il a mal au ventre, et ne va pas bien à selles."

Tooooop l'intimité dis-donc ...

Donc, mieux vaut ne pas avoir de furoncle mal placé, parce que tout le monde risque de le savoir.

Il y a des gens qui réussissent à dormir. C'est un miracle. Ou ce sont les calmants.

Côte à côte, dans les chambres à quatre lits, donc, des gens dans tous leurs états.

Du pire au simple mal de ventre.

Ailleurs, une dame se lamente et rend dingue sa voisine.

Avec la régularité d'un métronome, elle fait "aie aie aie aie", puis "aaaaaie, aaaaaie, aaaaaie, j'ai mal, j'ai mal".

A côté la dame lui dit de la fermer, qu'elle n'est pas seule à souffrir, et que personne ne gueule à part elle.

"Aie aie aie, j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal".

"Infirmière, infirmière, infirmièèèèèère, j'ai maaaaal !"

"Tout le monde s'en fout que je souffre !"

"Aaaaaaie, aaaaaaaaaie."

La voisine veut changer de chambre.

Une infirmière arrive, alertée par les visiteurs.

"Oui, qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai donné un anti-douleur, je ne peux pas t'en donner plus. Tu déranges tout le monde, calme- toi, tu vas bientôt manger."

Ce qui a le don de la faire taire aussi sec.

Nous, entre temps, on peut partir.

Heureusement que j'ai un ex-mari.

C'est le meilleur ... des radiologues.

C'est lui qui va, le premier dire à Chéri ce qu'il a.

Appeler "Un chat, un chat".

"Un cancer, un cancer."

Un lymphome, pour être précis.

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July 27 2014 1 27 /07 /July /2014 13:42

Chéri a commencé les douleurs en mars .

Certainement des calculs rénaux.

Les calculs rénaux, c'est la première chose à laquelle pensent les médecins.

Prises de sang.

Oui, probablement des calculs rénaux.

Ça ne passe pas et Chéri est flagada.


Médecin, radio, prises de sang.
Mmmmmmh, il y a quelque chose.
Scanner. Prises de sang.

Il y a une tache sur la rate.

...

Urgences, après une nuit entière à marcher dans l'appartement en gémissant de douleur.


Meir est l'hôpital qui dessert toute la région.
Véritable ruche, depuis peu hôpital universitaire, et, exemple parfait de l'apartheid israélien, puisque médecins, patients, personnel hospitalier, vendeurs dans les boutiques du rez de chaussée, sont tous israéliens.

Juifs, musulmans, chrétiens.

La garde des urgences est efficace.

Auscultation par un médecin, prise de sang et électrocardiogramme.

Entre 1/4 d'heure et une demi heure d'attente max.

Puis salle des urgences.

Chéri va être admis en médecine interne, et examiné par un docteur arabe, vous comprendrez que je précise, qui va l'examiner tout en lui posant des questions dans un anglais parfait.

Encore des prises de sang à faire pour le lendemain.

Chéri va y passer la nuit.

Avec lui, un autre monsieur occupe la chambre de 4 lits.

Il est là depuis quelques jours et la famille se relaie auprès de lui.

Sa femme a apporté de la cuisine maison, des journaux, des écouteurs pour la télé et un petit coussin pour sa chaise.
Elle est là toute la journée.

Il y a un éthiopien qui se fait appeler Shalom, ( les éthiopiens ont des noms souvent imprononçables et se rebaptisent eux-même Shalom ou Israel), dont le rôle est de materner les patients.

Ceux-ci l'adorent et ses collègues le surnomment Shalomito.

Je lui demande s'il travaille de nuit et il me répond, "Jamais, parce que la nuit on ne me voit pas !"

Je reste avec Chéri jusqu'à 21 heures.

Il est vanné et j'espère qu'il va bien dormir.

A deux heures du matin, un très vieux monsieur est introduit dans la chambre, avec derrière le médecin, toute une smala bruyante et stressée.

Le médecin parle au patient qui est ailleurs, et tout le monde pose des questions en même temps.

En criant.

Chéri est bien involontairement tenu au courant de l’état du centenaire, forcément.

Ils sortent enfin et Chéri espère se rendormir quand revient sa fille ou petite fille qui commence à expliquer à papy où se trouve le bouton d'alarme et surtout les lumières.

Et c'est le 14 juillet dans la chambre.

Ça, ça allume ça.

Là tu éteins. Tu allumes. Tu éteins. Tu allumes.
Tu as compris?

Papy est à l'ouest mais pour Chéri, le système électrique de la chambre n'a plus de secret.

Le lendemain matin il est réveillé à l'aube par une infirmière, et abandonne l'idée de se reposer.

Prises de sang dans le lit, petit déjeuner, va et vient des familles, des amis, des voisins.

Boucan et embouteillage dans les chambres.

J'arrive et Chéri m'accueille comme le messie.

Nouveau médecin qui fait un examen complet et demande si nous acceptons qu'elle continue à suivre Chéri.

On s'en doutait déjà, mais ça sent mauvais.

Le problème, c'est bien la tache sur la rate, mais c'est tout ce que nous saurons aujourd'hui

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March 25 2014 3 25 /03 /March /2014 13:58

Nos voisins, les ppp (pauvres petits palestiniens), ont envoyés des sms à certains israéliens, y compris des membres du gouvernement, les menaçant, je cite, d'être le prochain Gilad Shalit, ou encore de mourir si ils ne quittent pas "leur" pays.

Ces ppp (pauvres pathétiques personnes), si peu au fait de nos mœurs auraient du savoir que nous ne lisons pas nos sms, bien que littéralement greffés à nos portables.

Nous nous arrêtons en général au destinataire, et imaginons la suite au gré de nos envies.

Ainsi, si l"une des dizaines de boutiques à qui un israélien a forcément laissé son numéro de portable, attiré par le baratin de la vendeuse, (moi par exemple) qui promet une tonne de promotions et autres avantages virtuels, je disais donc, si l'une de ces boutiques envoie un message, la cliente se rue dans le dit commerce en demandant "c'est quoi la promo ?"

Et quand tu lui répond qu'il n'y en a pas, elle rétorque sûre d'elle "mais j'ai reçu un message !"

Message qui disait en l’occurrence que le printemps est arrivé.

Nous recevons des messages à tout bout de champs.

Du rappel que tu as rendez-vous chez le médecin, à l'annonce que tu es le prochain dans la file.

Sans oublié que ta lettre recommandée est bien arrivée à destination et réceptionnée, oui madame.

Souvent, il suffit de lire le titre pour connaître la suite.

Donc, les ppp (pandémonium peu palpitant), avec leurs sms à la con, se sont ridiculisés une fois de plus.

« Ceci est un avertissement aux sionistes. Nos roquettes Al-Qassam vous attendent. Si vous aimez la vie, quittez notre pays. »

Ah mais c'est parce que nous aimons la vie que nous comptons bien rester chez nous, en Israël.

Quant à votre pays, heu, c'est où déjà ?

Petit conseil entre ennemis. Si tu veux vraiment faire flipper un israélien, envoie-lui un sms disant que la bonne affaire, c'était hier.

Et qu'il l'a donc loupée.

SMS, mode d'emploi.
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  • Miss caustic
  • Je suis quelqu'un d'inintéressant qui raconte des choses intéressantes.
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